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Non, une victime n’est pas « laxiste » et ne le sera jamais – même un(e) enseignant(e) ! –

Sauvegarde en cours...
Pétition : Non, une victime n’est pas « laxiste » et ne le sera jamais  – même un(e) enseignant(e) ! –
Par Le professeur inconnu parmi 800 000 autres

Pétition adressée à Parents, Ministère Education Nationale

Non, une victime n’est pas « laxiste » et ne le sera jamais – même un(e) enseignant(e)! –

Je suis l’un(e) des 800 000 professeurs de l’Education nationale.

Est-ce que j’écris cet appel seulement pour moi-même ?

J’ai d’abord vu la vidéo où une collègue a été prise en otage par un élève visiblement armé.

Ensuite, j’ai lu un article en ligne du journal Le Parisien.

Son titre : « Stupeur générale à Créteil, après la vidéo d’une enseignante braquée en plein cours » (20 octobre 2018). Une collègue du lycée « Edouard-Branly » de Créteil est menacé par un de ses élèves. Il pointe vers sa tête un pistolet.

Qu’il soit en plastique ou en métal, qu’importe, l’objectif est de terrifier qui est visé(e) et d’imposer, par la violence, sa suprématie.

Cette violence à la Quentin Tarantino a provoqué le mouvement #pasdevague. Des milliers de professeurs confrontés, dans le cadre de leur métier, à la violence verbale et physique témoignent. Ces dizaines de milliers de tweets témoignent de l’absence de soutien de la part de certains chefs d’établissements et de certains d’inspecteurs.

Néanmoins, ces derniers sont-ils les seuls à minimiser, à expliquer, à dénigrer notre souffrances, nos efforts, nos luttes, nos espoirs quotidiens en classe ?

Il n’y a pas que la télévision, la radio, Internet, les réseaux sociaux qui ont parlé de ce pistolet et de cet adolescent de 16 ans surprenant son enseignante qui ne le voit pas venir avec son flingue. Les politiques s’y mettent. Et des parents aussi.

Voici ce que certains ont dit à Denis Courtine et Laure Parny, journalistes au Parisien. D’abord cela commence bien – oui, les professeurs sont soutenus : « C’est inacceptable que l’on puisse faire entrer une arme, factice ou pas, dans un établissement scolaire », réagissent quant à eux des parents d’élèves du lycée, membres du collectif « Unis pour la réussite scolaire ».

Doit-on se scandaliser de la suite ? Ils ajoutent toutefois en insistant : « Nous condamnons le laxisme dont fait visiblement preuve l’enseignante dans cette classe ». Oui, je ne comprends pas ces propos. Je ne comprends pas ces dénigrements (quel autre mot ?) répétés sur différents médias : CNews, France Bleue, Le Parisien…

Ma collègue a-t-elle créé, comme le condamne le collectif Unis pour la réussite scolaire, les conditions professionnelles de son drame humain ? Oui, je refuse de penser cela ! Comme je refuse et suis scandalisé quand j’entends à propos d’un viol : « Elle l’a bien cherché, elle a un comportement aguicheur, elle ne s’est pas défendue » !

La vidéo montre une arme pointée en direction de la tête d’une collègue, sidérée et conservant son sang-froid (cardiaque, témoigne un parent d’élève sur la page Facebook d’Assoc Parents). Cette vidéo me rappelle les exercices de confinements vécus dans les établissements scolaires aux USA pour tenter d’échapper aux tueries de masse dans les écoles. Ces exercices troublent et font prendre conscience que, oui, un jour, il se peut qu’un(e) élève (ou un(e) adulte, pourquoi pas une mère, une mère ?) me tire dessus, là-bas ou en France.

Chers collectifs de parents, n’est-il pas déconcertant de lire « Nous condamnons le laxisme dont fait visiblement preuve l’enseignante dans cette classe » ?

N’est-il pas sidérant de lire, dans un autre journal : « Je ne sais pas si on peut parler de laxisme mais quand j'ai vu cette scène, je me suis dit que c'était du théâtre. Les enfants étaient en délire, en train de s'amuser, la prof regardait les élèves, presque amusée. Je me suis dit pourquoi personne ne réagit. Je dirai qu'il n'y a pas eu de cadre dans cette classe » ?

Une fois encore, et à l’heure de #pasdevague, la parole des élèves primerait-elle sur celui de leur professeur : « mais moi j'ai aussi entendu les élèves. Ils m'ont dit que c'était tous les jours comme ça avec cette enseignante » ? (Pour les parents d'élèves de Créteil : « Il n'y a pas eu de cadre dans cette classe », article du lundi 22 octobre 2018, France Bleu Paris et France Bleu)

Décrédibiliser l’enseignant(e) et ses conditions de vie professionnelle, sa réalité ? Encore et encore.

Ce que je me suis dit en voyant la vidéo : avec une balle dans le barillet, c’était sans doute la cervelle de cette femme (ou la mienne) qui aurait pu gicler sur l’écran de l’ordinateur sur lequel elle travaillait. C’était, avec une bille, un de ses yeux (ou un des miens) qui aurait pu être crevé.

A la vue d’un canon – quel qu’il soit, factice, vrai –, son cerveau lui commanda, je n’en doute pas, de survivre. Le mien ou celui des 800 000 professeurs de l’Education nationale auraient sans doute fait de même.

Quels professeurs n’espèrent pas accueillir, dans de bonnes conditions, avec des relations pédagogiques détendues, sereines, des enfants, des adolescents éduqués par leur famille (le fameux « savoir-être » appris auprès des parents) ?

Chers collectifs de parents, que devez-vous faire et nous dire pour nous soutenir quand #pasdevague montre l’étendu des drames humains (tant du côté des équipes pédagogiques que des élèves qui veulent travailler dans le calme et la sérénité pour leur réussite) ?

Chers collectifs de parents, travaillons ensemble et sans démagogie !

L’un(e) des 800 000 professeur(e)s de France.

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