Aujourd’hui en France, la loi interdit d’héberger quelqu’un dans un local non destiné à l’habitation même gratuitement, même temporairement, même pour le protéger d’un danger immédiat. Caves, cagibis, garages, cabanons de jardin : tout est strictement prohibé, même lorsqu’il s’agit d’un geste solidaire et non d’une exploitation.
Pourtant, dormir dans la rue est souvent bien plus dangereux que dormir dans un petit espace fermé, sec et sécurisé. Les femmes sans abri, en particulier, sont exposées à des violences extrêmes : agressions, vols, harcèlement, viols, destructions d’affaires, exposition au froid.
J’ai récemment été en contact avec une internaute menacée d’expulsion à la fin de la trêve hivernale. Si j’avais eu le droit de l’aider, je l’aurais fait immédiatement :
j’aurais installé un fauteuil‑lit dans mon cagibi de palier,
je lui aurais proposé ma cave pour entreposer ses affaires en sécurité,
elle aurait pu se doucher à Emmaüs, situé dans ma ville,
et elle aurait pu bénéficier chaque jour d’un repas chaud cuisiné dans une association locale située à proximité de chez moi.
Autrement dit :
➡️ elle aurait été en sécurité,
➡️ elle aurait eu accès à l’hygiène,
➡️ elle aurait mangé correctement,
➡️ et elle aurait pu souffler le temps de retrouver une solution stable.
Mais la loi me l’interdit strictement. Non pas parce que j’aurais tiré un profit je n’aurais rien demandé mais parce que ces espaces ne sont pas officiellement “habitables”.
Résultat : ➡️ je n’ai pas le droit de protéger quelqu’un, ➡️ mais la rue, elle, a le droit de la mettre en danger.
Cette contradiction est moralement insoutenable.
Beaucoup de sans‑abris refusent les centres d’hébergement pour des raisons réelles et légitimes :
vols fréquents dans les dortoirs collectifs,
violences entre résidents,
absence d’intimité,
séparation forcée des couples,
interdiction des chiens, alors que pour beaucoup, leur animal est leur seul lien affectif et leur seule protection.
Un chien peut être la seule famille qu’il leur reste. Pourtant, la majorité des structures d’urgence refusent les animaux, laissant les personnes devant un choix impossible : ➡️ dormir dehors avec leur compagnon, ou ➡️ entrer seules dans un lieu où elles ne se sentent ni en sécurité ni respectées.
Nous demandons aux pouvoirs publics :
c’est gratuit,
c’est volontaire,
c’est temporaire,
c’est plus sûr que la rue,
et que la personne hébergée l’accepte librement.
Parce qu’aujourd’hui, la loi protège un principe abstrait l’interdiction d’habiter un local impropre mais elle ne protège pas les personnes qui n’ont nulle part où aller.
Parce qu’il est inhumain de laisser quelqu’un dormir dehors alors qu’un citoyen est prêt à lui offrir un abri sûr, même modeste.
Parce que la solidarité ne devrait jamais être un délit.
Parce que la dignité humaine doit primer.
Pour que plus personne ne soit plus dans la rue et en danger. Pour que la compassion ne soit plus considérée comme une infraction. Pour que la société reconnaisse enfin que la survie passe avant la conformité administrative.
Vous êtes sûr ? Votre mobilisation est importante pour que les pétitions atteignent la victoire !
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