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Pétition

Manifeste pour Marseille : réinventer une ville des proximités

Manifeste pour Marseille : réinventer une ville des proximités Pétition
23 signatures
Auteur :
Auteur(s) :
Entreprendre la Transition
Destinataire(s) :
Citoyen.ne.s
La pétition

Depuis de nombreuses années, les politiques mises en œuvre ont toutes visé à inscrire Marseille dans la nouvelle dynamique de progrès qui accompagnait la globalisation. Se voulant une métropole sud européenne, l’idée était d’attirer des activités innovantes, des talents, des investisseurs, des touristes venus du monde entier et de favoriser l’éclosion de start-up par la création d’écosystèmes dédiés. Si ce modèle (innovation, tourisme, centres commerciaux, quartiers d’affaires) a peu ou prou compensé les emplois perdus dans l’économie ancienne (le port, l’industrie, le commerce), plusieurs indicateurs et études révèlent la situation de grande pauvreté d’une partie importante des habitants et un affaiblissement majeur de sa base industrielle. Par ailleurs, cette vision de Marseille ville phare dans la concurrence globalisée l’a conduite à tourner le dos à son identité populaire et son histoire d’une ville aux 111 villages. Plus grave, cette politique très centralisée a imposé l’idée que les Marseillais n’avaient pas leur mot à dire quant au projet de développement de leur ville. Elle les a transformés en simples consommateurs – voire spectateurs – de la transformation de leur territoire. Les fractures sociales et spatiales se sont aggravées et Marseille est peut-être devenue l’exemple même de ce monde à deux vitesses qui semble être le marqueur d’un système économique qui s’avère incapable, de par sa nature même, d’assurer un développement équilibré de nos territoires.


S’inscrivant à rebours de cette course folle au progrès technologique supposée être capable de répondre à l’ensemble des défis auxquels nous sommes confrontés, nous proposons une forme de développement qui interroge nos besoins réels afin de les satisfaire de la façon la plus simple, la plus proche, la plus sobre possible, de façon à dépasser les déséquilibres auxquels Marseille est confrontée en étant appropriable par le plus grand nombre. Une vision du futur qui permettra d’inventer une nouvelle façon de faire la ville, de se déplacer, d’accéder aux biens et services dont nous avons besoin, de produire et de s’engager pour tendre vers plus de simplicité et permettre à chacun de se sentir de nouveau partie prenante de son environnement. 


Cette proposition part du constat que les défis environnementaux, sociaux et anthropologiques auxquels nous sommes confrontés se situent d’abord dans les villes. Si celles-ci occupent moins de 2% de la surface de la terre, elles représentent 78% de la consommation énergétique mondiale et 60% des émissions de gaz à effet de serre (Source: ONU-Habitat). A défaut de se reposer sur la régulation de flux toujours plus rapides et volumineux par la seule technologie, nous soutenons un urbanisme qui, plutôt qu’augmenter la vitesse, privilégiera la réduction de la distance. Cet urbanisme des proximités permettra de rompre avec la vision économique d’un espace neutre et inactif et ouvrira la voie à un processus d’autonomisation des habitants qui forme la condition première du changement. Riches et complexes, ces proximités formeront de nouvelles ressources productives et cognitives au service de la créativité de leurs usagers et, plus largement, des habitants. Cette forme urbaine sera un cadre favorable à l’évolution de nos modes de vie, de nos pratiques liées à nos déplacements, à la gestion de nos déchets, à nos consommations quotidiennes et à des modes de production novateurs adaptés aux besoins élémentaires des Marseillais (énergie, biens et services de première nécessité, habitat, etc.) tout en réduisant fortement les flux par la diminution des distances d’un côté et par le principe de circularité de l’autre. 


Ces proximités seront les lieux d’expérimentation de nouvelles formes économiques qui ancreront leur développement sur des réponses redonnant une place centrale au temps (marchand et non marchand), à la créativité humaine, aux capacités relationnelles et à des technologies proportionnées et soutenables. Cette économie encapacitante participera à la relocalisation d’activités qui, articulée avec des filières locales compétitives de réemploi et de valorisation des déchets, créera une économie circulaire en prise directe avec la satisfaction des besoins des habitants (réparation, réemploi, réutilisation et, à défaut, recyclage). Cette nouvelle économie urbaine comblera le fossé entre lien social, réalité industrielle et urgence écologique. Par le développement des principes collaboratifs et de conception open-source, une éco-industrie locale verra le jour qui permettra aux entreprises artisanales et aux PMI marseillaises de disposer de solutions proches pour concevoir et développer des outils simples, robustes et surtout réparables. Cette réappropriation de la fonction de réparation et de production sera un moteur de création de lien social, de montée en compétences, d’autonomie et d’un renforcement de leur performance économique.


Cette programmation urbaine novatrice favorisera l’émergence de pôles transitionnels partout sur le territoire marseillais. Ils formeront les cœurs économiques de cet urbanisme des proximités. Ces pôles concentreront et irrigueront mutuellement des activités et acteurs convaincus par les principes d’une économie technologiquement proportionnée, collaborative et circulaire. Ils seront voulus comme des lieux de créativité au service de l’intelligence collective de leurs usagers au sens le plus large. Leurs partenaires formeront une communauté de pratiques coopératives et leur gouvernance pourra être construite collectivement. Vu comme un construit social, un lieu d’engagement, de participation civique, sociale et économique, ces pôles transitionnels accueilleront une diversité d’acteurs aux compétences variées dans un environnement encourageant les interactions sociales, c'est ainsi qu'une économie d'acteurs capables verra le jour. 


Cette démarche est systémique car elle se base sur une triple transformation : urbaine, économique, sociale. Elle est ancrée dans la proximité pour recréer du lien social et faciliter la coopération entre producteurs, consommateurs, habitants et puissance publique. Cette transformation profonde de notre modèle économique et urbain vise à répondre à la complexité d’un monde qui nous échappe et à contrebalancer la dépendance globale par la créativité locale. Au vu de l’ampleur de sa rupture avec le récit d’une accélération technocapitaliste sans fin, cette proposition ne pourra se faire sans la participation massive des premiers concernés : les marseillais. C’est pourquoi toutes les méthodes de conception de cette ville fabricante devront privilégier l’intelligence collective et la participation. Dans cette perspective, et en s’inscrivant dans les mouvements de réappropriation des techniques et des savoir-faire, cette approche mettra en lumière cette richesse insoupçonnée qu’est notre temps vu comme un revenu. Il se retrouvera dans des activités marchandes et non marchandes, ouvrira la perspective d’une nouvelle approche de la notion de richesse pour que Marseille devienne enfin une ville où la lutte contre les inégalités redevient un objectif réaliste.


Ainsi, cette Marseille fabricante ouvre la perspective d’une ville qui retrouve ce qui a toujours fait sa spécificité et celle de ses habitants : son inventivité, sa diversité et la coexistence de solutions formelles et informelles pour réinventer l’engagement civique. Le mouvement est déjà enclenché, Marseille bouillonne d’initiatives, de nouvelles voies sont explorées chaque jour par des acteurs engagés. Ces petites graines prospèrent dans cette perma-économie humaine pour offrir ainsi à cette ville aux mille visages un avenir qui réancrera ses habitants au long fil de son histoire !


Les premiers signataires :


David Ben-Haïm – Ingénieur, co-fondateur et directeur d’ICI Marseille
Jonathan Cacchia – Architecte, président de Thalassanté
Valérie Decot – Architecte, fondatrice de Raedificare
Benjamin Denjean – Ingénieur, directeur de Le Paysan Urbain
Renaud Vignes – Économiste, chercheur
Éric Woloch – Sciences politiques, fondateur de Rezonanz


Contact et informations :
entreprendrelatransition@gmail.com

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1 commentaires
Ludovic - Le 03/05/2022 à 13:02:06
Nécessaire et utile pour les territoires
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