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Pétition : Les élèves de Grec Moderne doivent pouvoir continuer à étudier leur langue au CNED de Rennes

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Les élèves de Grec Moderne doivent pouvoir continuer à étudier leur langue au CNED de Rennes

Auteur : Isabelle Tambrun-Kamaroudis, professeure agrégée de Lettres Modernes, professeure de grec moderne au CNED

Mise à jour

À l'attention : Madame la Ministre de l'Education Nationale

Madame la Ministre,

Il y a un an, la Direction Générale du CNED et la direction du Centre de Rennes ont décidé de ne plus permettre aux élèves, lycéens et adultes inscrits à la carte, de poursuivre l'apprentissage du Grec Moderne en classe de Seconde, puis de fermer totalement l'étude de cette langue sous deux ans, en abandonnant progressivement l'inscription, l'envoi des cours, le suivi pédagogique et la correction des devoirs en classe de Première, puis en Terminale générale et technologique.

Ces cours de LV3, un enseignement particulièrement efficace dispensé sur les 3 années du lycée général et technologique, sont édités depuis plus de 15 ans et les élèves inscrits habitent les cinq continents. Bilingues inscrits dans les Ecoles Françaises de Thessalonique, d'Athènes, de Chypre, francophones anciennement résidents en Grèce et à Chypre, enfants de la diaspora grecque et chypriote, adultes en formation continue ou personnelle : traducteurs-interprètes, professeurs de Lettres Classiques, linguistes, des commerciaux et des conseillers en communication, professions indépendantes curieux... Certains de ces adultes passent les certifications B2 et même C1 du Cadre Européen des Langues à la suite du cours de terminale et, surtout, s'investissent dans la propagation du grec et de la civilisation grecque (danse, musique, organisation de conférences...) dans leur région.

Le Grec Moderne est une des langues officielles de l'Union Européenne depuis 1981.
A ce titre il est enseigné à L'ESIT de Paris et à l'ISIT où sont formés des traducteurs interprètes.

C'est sans doute à ce titre aussi qu'il figure aux concours de l'ENS Ulm et Lyon comme langues A et B avec un programme littéraire pour les épreuves orales. Il demeure bien sûr sur la liste officielle des langues LV1, 2 et 3 des baccalauréats généraux et LV1 et 2 pour le baccalauréat technologique. Il a figuré dans la liste des langues vivantes du CAPES de Lettres Modernes pendant une vingtaine d'années, jusqu'à ce que les épreuves de langues soient récemment abandonnées au concours externe.

Il est enseigné comme langue d'option en licence 1, 2 et 3 (au moins) dans la quasi-totalité des universités des sciences humaines de France métropolitaine (une vingtaine d'étudiants chinois et vietnamiens étaient inscrits l'année dernière au cours de grec à l'université de Tours en plus des étudiants français), et en Master et études doctorales à Paris IV et à l'INALCO, à Lyon, à Strasbourg et à Montpellier.

Il existe actuellement une quinzaine de mastères II Franco-Helléniques en co-tutelle entre une dizaine d'universités françaises et grecques dans des domaines littéraires, pédagogiques (dont deux sur le plurilinguisme et l'éveil aux langues), scientifiques et économiques, avec obligation des étudiants de passer un semestre en France et en Grèce.

Enfin, des centaines d'étudiants de toutes disciplines vont et viennent chaque année entre la France et la Grèce dans le cadre des échanges Erasmus.

L'apprentissage du grec en France a le vent en poupe : regain du grec ancien grands débutants dans les classes prépa lié au manque d'enseignement du latin et du grec au lycée, grec biblique dans les universités de théologie et autres écoles cathédrale et "studium de philosophie", grec moderne dans les universités et dans les écoles associatives et privées. Beaucoup d'hellénistes apprennent aujourd'hui le grec moderne pour remonter vers le grec ancien.

Le grec est parlé par plus de 25 millions de locuteurs à travers le monde, soit 14 millions en Grèce et à un million à Chypre, et le reste chez les Grecs de la diaspora ancienne (de la Russie à la Géorgie, dans les pays balkaniques (où il redevient en ce moment la lingua franca qu'il était au XVIIème-XIXème s.), en Turquie et en Egypte) et de la diaspora économique et politique depuis la fin du XIXème s. : USA, Australie (avec plus d'un million d'hellénophones), Afrique du Sud, Royaume-Uni (avec une importante communauté de Chypriotes), Allemagne, Belgique, France. Le linguiste Louis-Jean Calvet place le grec moderne en 18ème position dans sa classification des langues actuelles, selon des critères culturels, démographiques, économiques et géopolitiques.

Il existe environ 30 000 expatriés français en Grèce et à Chypre actuellement, dont beaucoup d'adultes pourraient profiter des cours du CNED.

Certains élèves lycéens, saisis par la crise économique qui touche très gravement les familles grecques, chypriotes, franco-grecques et franco-chypriotes depuis 2009, sont de retour en France (en particulier depuis 3 ans) et intègrent l'enseignement français de France après avoir fréquenté les écoles françaises d'Athènes, de Thessalonique et de Nicosie et l'enseignement grec ou chypriote. Les cours de grec du CNED sont pour eux une façon de rester en contact psychologique et linguistique avec leur pays de coeur et de mettre en valeur leurs compétences linguistiques. Ils ne disposent d'aucun autre moyen d'apprentissage que le CNED. Et chacun sait que cultiver le bilinguisme aide à apprendre d'autres langues, et à développer des stratégies d'apprentissage dans de nombreux domaines scientifiques et littéraires.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons, Madame La Ministre, d'empêcher que cet enseignement soit fermé, et que les élèves puissent de nouveau s'inscrire au CNED en Grec Moderne LV3 dès la classe de Seconde.