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Vis ma vie d’aide-soignante : écoutez-nous !!!

Sauvegarde en cours...
Pétition : Vis ma vie d’aide-soignante : écoutez-nous !!!
Auteur : Nadia Kerlan

Destinataire(s) : Madame Buzin Agnès

Lettre ouverte à Madame Buzin,

Vis ma vie d’aide-soignante.

Tous les matins je me lève, et je sais que je vais affronter une dure journée.
Ma journée seras ponctuée aussi bien de moments joyeux, de fous rires avec mes collègues, que des moments douloureux.
Chaque matin, je ne sais pas ce qu’il m’attend.
Chaque matin, c’est un nouveau livre, un nouveau chapitre de la vie qui s’ouvre à moi...

Mais journées sont parfois très longues et rythmées par le bruit incessant des scores et des respirateurs.
Ces petits bips, qui quelques fois restent dans ta mémoire et que j’entends encore le soir quand je m’endors.

Et quand j’arrive à mon travail, j’enfile ma blouse blanche et mes baskets, fini les Crocs les jambes sont souvent malmenées et les pieds douloureux d’avoir trop marché, trop couru tout au long de la journée. Alors, les baskets ça reste nécessaire.

Une fois que j’ai enfilé ma blouse blanche je prends le temps de faire une petite pause café parce que je sais que ensuite je ne pourrais peut-être pas avoir le temps de me poser.

Ma journée débute souvent par de grosses toilettes, on pourrait croire que je suis une privilégiée, mais voyez-vous ses patients là sont ce que l’on appelle dans notre jargon des patients lourds.

Souvent intubés, ventilés, avec des défaillances importantes qu’il faut suppléer avec des machines.

Et là on rentre dans la technicité de l’hôpital où chacun a son rôle, ou chacun ses compétences, Mais où le binôme infirmier aide-soignant est important.

Ma journée sera rythmée par des pansements lourds, des arrêts cardiaques, des entrées compliquées, des scanners, des I.R.M et des sorties soit par la grande porte, soit par la porte dérobée ou tout derrière est effacé.

Cette lettre n’est pas une plainte, cette lettre est juste celle d’une aide-soignante, qui veut juste vous faire comprendre les difficultés rencontrées au cœur de l’hôpital, au cœur du soin. Souvent, le soir lorsque je rentre j’emporte avec moi fatigue, douleur qu’elle soit physique ou morale. On est jamais préparé à la mort, et la mort est partout au sein de l’hôpital, des EHPAD, partout la mort rôde, il peut hanter mes nuits, et pourrir mes journées.

Mais ma vie d’aide-soignante, c’est la vie de milliers d’aide-soignante, de milliers d’infirmières, qui tous les jours œuvrent pour le bien des malades, des personnes âgées.

Ma vie d’aide-soignante, c’est aussi celle, de cette autre aide-soignante qui travaille dans un service de gériatrie.et, qui doit effectuer 15 toilettes, voir plus sur des personnes n’ayant plus aucunes autonomies.
Elles doivent porter, manipuler, avec souvent peu de matériel ce qui leurs permettraient de ne pas se casser le dos, de ne pas se blesser. Car un corps malade, un corps vieillissant , est un corps lourd. C’est un corps qui a besoin de l’aide de tout ce personnel soignant.

Nous devons repenser les soins, nous devons repenser l’hôpital en y mettant de l’humanité, de la chaleur et du réconfort.

Nous devons penser à l’avenir, et à cette prise en charge qui devient compliquée , qui devient maltraitante par manque de personnel et de matériel. Notre métier, ma vie d’aide-soignante je l’ai choisie , je l’ai voulue , et c’est une vie que j’aime. Bien sûr que cela est difficile bien souvent à l’hôpital, mais il y a des moments de bonheur, surtout dans les maternités ,la naissance d’un enfant est la plus belle chose au monde.

Nous devenons adultes, et nous vieillissons. Et la population est de plus en plus vieillissante on ne meurt plus à 60 ans, mais à 90. Alors il faut réfléchir à une autre approche des soins, à une autre approche de la prise en charge de ces personnes âgées, à la prise en charge de nos malades . Ma vie d’aide-soignante se passe aussi au milieu des pleurs des familles, ces familles que je dois prendre en charge comme le patient.

Ces familles que je dois rassurer avec mes mots, avec des mots simples.dans la douleur ou dans la joie, car en plus des patients ,de ce patient proche ,auquel je vais devoir administrer des soins, je vais devoir également prendre du temps pour parler aux familles. Mais ce temps ,nous ne l’avons plus, et pourtant ce temps d’échange est important.nous y apprenons tellement de choses, d’histoires de vie, il est aussi important que le soin. Cette lettre, Madame est Un cri du cœur, un cri pour une reconnaissance, pour une prise de conscience de la souffrance de toutes les aides-soignantes, infirmières, tout le personnel paramédical confondu qu’il soit ash ,agent administratif ....etc....et j’en passe tout ce personnel qui œuvre pour le bien des malades, tout ce personnel doit être reconnu, doit être aidé, et ne doit pas continuer à devoir soigner, en considérant le malade comme objet de soin, mais comme une personne.

Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas et ce n’est surtout en aucun cas de leur faute.
C’est en mettant en place des conditions de travail optimales que les soignants pourront retrouver leurs places au sein de l’institution.les soignants ne sont pas des numéros sur des fiches de payes, ce sont des humains qui travaillent avec des humains.
Leurs salaires n’est peut être pas non plus à la hauteur du travail qu’ils effectuent et de la tâche considérable qui les incombe.

L’histoire de la santé, l’histoire du soin, l’histoire de l’hôpital est l’histoire de chacun d’entre nous.
C’est l’histoire d’une loi santé qui vise à la fin du soin public.
Quand, nous voyons nos collègues qui sont en grève depuis des mois, et l’indifférence des pouvoirs publics , il y a de quoi se poser des questions et craindre pour l’avenir, pour notre avenir et surtout celui de l’hôpital public avec un grand P.

Ma vie d’aide soignante, Madame ,vous pouvez venir la partager, vous ne vous ennuierez pas.
Surtout n’oubliez pas de chausser vos baskets, car vous verrez qu’elles vous seront très utiles.
Ma vie d’aide-soignante, c’est ma vie, oui il est vrai que que parfois c’est difficile, qu’il m’arrive de pleurer, mais pour rien au monde Madame je la changerai.
Alors, ouvrez les vannes de la discussion, allez chercher les solutions non pas au fin fond d’un tiroir au sein d’un ministère , mais plutôt au sein même de ceux qui sont au cœur de tout, les soignants.

N.K



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