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Violences et maltraitance sur patiente à l’hôpital Beclere à Clamart

Sauvegarde en cours...
Pétition : Violences et maltraitance sur patiente à l’hôpital Beclere à Clamart

Auteur : Dalila de Oliveira

Destinataire(s) : Ensemble des citoyens , Olivier Véran, Ministre des Solidarités et de la Santé

Ma mère est admise aux urgences le vendredi 20 décembre 2019. Elle est consciente mais s’essouffle vite, elle fait de l'insuffisance respiratoire (séquelle d'une tuberculose dans son enfance). Elle est admise en réanimation (le service de surveillance continue étant fermé); elle est parfaitement consciente et fait même de l'humour puisque dès qu'elle est assise, elle reprend des forces n'étant pas à l'effort.


J'ai été témoin d'actes de maltraitance sur ma mère par l'équipe soignante :


Le 31 décembre 2019 au soir, j'étais dans la chambre d’hôpital avec ma mère et le médecin  accompagnée d'un interne et de l'infirmier qui rentrent dans la chambre et me menacent d'appeler la sécurité si je ne sors pas parce qu'ils vont lui poser de nouveau un cathéter (le premier n'a pas été fonctionnel et avait été retiré).

Elle s'était confiée à moi et à d'autres personnes qui lui ont rendu visite qu'elle avait énormément souffert lors de la pose du premier cathéter. Ce soir du 31 décembre 2019, elle me regarde les yeux remplis d'effroi quand elle comprend de quel "soin" il s'agit... Un regard terrorisé comme jamais auparavant et elle crie: "Non, non !!! ils vont me tuer".
Elle implore le Dr  en lui prenant la main. L'équipe m'a forcée de quitter la chambre et je l'ai fait...  Ce sont des médecins, que pouvais-je faire d'autre ?


Aujourd'hui, je sais qu'ils n'ont pas respecté le Code de déontologie médicale et l'article R 4127-36 du Code de la Santé Publique : "Le consentement de la personne examinée ou soignée doit être recherché dans tous les cas. Lorsque le malade, en état d'exprimer sa volonté refuse les investigations ou le traitement proposés, le médecin doit respecter ce refus après avoir informé le malade de ses conséquences."


Non seulement l'équipe médicale n'a pas eu le consentement de la patiente, ma mère, mais pire encore : cet acte a été à l'origine de souffrances atroces pour elle, bien au-delà de celles des gazs, du sang récurrents et au-delà de ce qu'elle était en mesure de supporter, à ce moment-là (au bout de presque 15 jours d'hospitalisation).

Ce soir-là, je suis restée très longtemps en salle d'attente des familles pendant la pose du cathéter. Finalement, le médecin vient me chercher en salle d'attente des familles et déclare "Tout s'est très bien passé". A mon retour dans la chambre, ma mère gémissait de douleurs et ne pouvait plus parler. Habituellement et malgré le masque VNI, elle me parlait ! Nous sommes le 31 décembre 2019, elle décédera le 3 janvier 2020. La pose de ce second cathéter n'est pas plus fonctionnel que le premier et lui sera retiré dès le lendemain. Elle s'était pourtant opposée à cette pose de catheter!


L'article R 4127-38 du Code de la Santé publique dispose : "Le médecin doit accompagner le mourant jusqu'à ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d'une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage. Il n'a pas le droit de provoquer délibérément la mort"


Il y avait un précédent puisque plusieurs jours auparavant, le chef de service avait posé une sonde urinaire à ma mère sans son consentement. Il m'a demandé de quitter la chambre sur un ton particulièrement sec et sans me dire ce qu'ils allaient lui faire (il était accompagné d'une interne). Car il savait qu’il n'aurait pas le consentement de la patiente et que sa fille (moi-même) porterait la voix de ma mère. Ce sujet avait déjà été abordé au tout début de l'hospitalisation. Ma mère a vécu la pose de la sonde urinaire comme une agression sexuelle. Par suite, elle n'a cessé de demander à ce qu'elle lui soit retirée du fait de la gêne et affliction que lui causait cette sonde urinaire. Les médecins n'ont jamais autorisé le retrait de la sonde parce que, de toute évidence, le confort des équipes soignantes prévaut sur le confort du patient. En effet, les infirmiers se déplacent moins souvent pour les urines au chevet des malades qui ont une sonde urinaire. Elle n'a été retirée qu'à son décès par moi-même, sa fille. La relation "soignante" a été trahie dans son principe. Ma mère et moi-même sous sommes senties trahies.


L'épisode le plus douloureux (pour ma mère parce qu'elle l’a vécu dans sa chair et pour moi parce que j'ai dû abandonner ma mère à une équipe soignante qui faisait fi du consentement de ma mère) restera sans conteste la pose du cathéter le 31 décembre 2019. Depuis le 27 décembre, je m'étais vue restreindre mes horaires de visite par le chef de service, aux pauses de midi (de 12h à 14h) et du soir (de 19h à 21h) - au motif que j'étais trop présente au chevet de ma mère. Il convient ici de préciser que le service de réanimation est ouvert aux visites 24h sur 24.


Le 27 décembre peu avant 22h00, la cadre de santé de garde rentre dans la chambre et me demande de sortir. Je lui explique que ma mère souhaite que je reste cette nuit-là et que c'est important pour son moral. La cadre de santé finit par quitter la chambre la larme à l'œil. Mais peu de temps après arrive l'infirmière qui, bien plus virulente, se met à hurler et en faisant de grands gestes me montre la porte et m'ordonne de quitter la chambre dans les 2 mn, sans quoi elle appellera la sécurité ! Dans l'intérêt de ma mère, je m'exécute sans faire d'esclandre mais c'est un moment déchirant pour ma mère et moi-même. Je posais trop de questions à tout le monde : aux infirmiers, aux médecins, aux aides-soignants... Mais parce que personne de l'équipe ne communiquait sur l'état de santé de ma mère !

Or "le médecin doit à la personne qu'il examine, qu'il soigne une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu'il lui propose. Tout au long de la maladie, il tient compte de la personnalité du patient dans ses explications et veille à leur compréhension. Un pronostic fatal ne doit être révélé qu'avec circonspection, mais les proches doivent en être prévenus." article R 4127-35 du Code de la Santé Publique


Le 27 décembre 2019, l'équipe médicale n’envisageait pas que ma mère soit mourante. Autrement, c'est une monstruosité de priver une mère de voir sa fille et une fille de voir sa mère et d'échanger pour ce qui s'est avéré être les derniers jours et heures d'une vie.


Je dénonce donc plusieurs manquements et fautes graves de la part de l'équipe médicale représentée par le Chef de Service :


1) Le droit au consentement a été bafoué et de la maltraitance en a découlé


2) Le droit à l'information a été bafoué


3) Le respect des dernières volontés d'une mourante qui voulait voir sa fille plus présente à ses côtés (messages vocaux laissés sur mon portable) n’a pas été pris en compte.


Plusieurs personnes (en dehors de la famille dont j'étais la seule représentante) ont visité ma mère à l'hôpital et sont disposées à témoigner que ma mère est restée vive et drôle jusqu'au 31 décembre 2019. Elles témoignent également d’autres faits par rapport au comportement de l’équipe soignante.


Le 1er janvier, ma mère est encore présente mais affaiblie (du fait de la pose du catheter puis de son retrait) et à partir du 2 janvier elle a des difficultés à ouvrir ses yeux et n 'est plus vraiment présente. Elle crie à travers son masque "sede" ce qui signifie "soif" en portugais. J'appelle à la sonnette un infirmier qui ne vient pas ... Je finis par retirer le masque pour lui donner à boire et je remarque que sa bouche est complètement asséchée et qu'elle a des morceaux blancs de peaux mortes ressemblant plus à du crépi tant c 'est sec... En effet, le masque VNI avait la particularité d'assécher la bouche et la gorge. Aucun infirmier n'était donc venu faire le nécessaire pour éviter cela ?


Elle est décédée le 3 janvier 2020. Elle suffoquait sous le masque VNI... L'une des pires mort qui soit !


Encore une fois, il y a manquement au Code de la Santé Publique en son article R 4127-37-4 du Code de la santé Publique "Le médecin accompagne la personne selon les principes et dans les conditions énoncés à l'article R 4127-38. Il veille également à ce que l'entourage du patient soit informé de la situation et reçoive le soutien nécessaire".


 Elle n'était pas mourante puisque jusqu'au 31 décembre, elle était présente et très vive et drôle, égale à elle-même. Si elle avait été mourante, le personnel médical avait une obligation d'information et surtout une obligation morale et humaine de lever la restriction d'horaires à sa fille.

Ceci est un appel au secours pour me faire entendre ! Aidez-moi ! 

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