Les scientifiques ont mis en évidence les liens directs, chez les adultes comme chez les enfants, entre les perturbateurs endocriniens et le développement de cancers et de maladies neurodégénératives ; il y a un lien direct entre l’exposition des femmes enceintes aux perturbateurs endocriniens, avant et pendant la grossesse et la survenue de cancers pédiatriques, de malformations et de troubles du neurodéveloppement de l’enfant (1-3).
Les troubles du spectre autistique et de l’hyperactivité chez l’enfant et l’adolescent se sont multipliés par cent en 30 ans et l’environnement en est un facteur important (4).
Il y a également un impact direct sur la fertilité masculine (réduction de 50 % en 25 ans du nombre des spermatozoïdes) (5).
Comme il est actuellement difficile d’agir de manière globale, rapide et efficace sur la présence des perturbateurs endocriniens, il est indispensable de réduire dès maintenant leurs impacts sur la santé en agissant sur l’alimentation et sur les autres voies de contamination (cutanée et respiratoire).
Il faut aussi pouvoir agir sur la réduction de l’exposition des mères et des enfants.
Au vu des risques avérés que représentent les perturbateurs endocriniens, dont les pesticides et autres substances toxiques, la prévention s’impose comme la seule voie raisonnable. Elle passe par une meilleure information des femmes et des hommes en âge d’avoir des enfants, en particulier sur les risques d’exposition (alcool, tabac, médicaments, pesticides, etc.) lors de la période préconceptionnelle et pendant les 1000 premiers jours de l’enfant (6).
Les études démontrent que les consommateurs de produits biologiques développent moins de pathologies chroniques et la teneur en pesticides dans leur organisme en est réduite (7).
Ces données démontrent qu’agir par le biais de l’alimentation (produits alimentaires, qualité de l’eau) correspond probablement à la mesure la plus efficace.
Sources :
From the first hour of life: making the case for improved infant and young child feeding everywhere. New York: United Nations Children’s Fund (UNICEF); 2016. // 2. Root-Bernstein R. Principles of Evolutionary Medicine. Jama-J Am Med Assoc - JAMA-J AM MED ASSN. 5 mai 2010;303:1757‐1757. // 3. Baldi I. Données des expertises collectives de l’INSERM sur le lien entre pesticides et santé. Arch Mal Prof Environ. 1 mai 2024;85(2):102005. // 4. Ongono J. Expositions environnementales aux pesticides, à la pollution atmosphérique et trouble du spectre de l’autisme chez l’enfant. Université Paris-Saclay; 2021 // 5. Nicolle-Mir L. Impact de l’exposition aux pesticides organophosphorés et pyréthrinoïdes sur la fertilité dans la Shanghai Birth Cohort. Environ Risques Santé. 2019;18(2):119‐20. // 6. 1000 Premiers Jours [Internet]. [cité 21 mai 2025]. Pourquoi 1000 jours ? Disponible sur: https://www.1000-premiers-jours.fr/fr/les-1000-premiers-jours // 7. Baudry J, Debrauwer L, Durand G, Limon G, Delcambre A, Vidal R, et al. Urinary pesticide concentrations in French adults with low and high organic food consumption: results from the general population-based NutriNet-Santé. J Expo Sci Environ Epidemiol. avr 2019;29(3):366‐78.
On a pu lire dans le Monde « qu’une alimentation favorable à la santé n’est pas répartie de façon égalitaire. Les familles modestes consomment près de deux fois moins de fruits et légumes que les plus aisées, souvent conduites à se tourner vers des aliments ultra-transformés, comme le révèle le rapport « Pour une alimentation saine et durable » (France Stratégie, 2021) ».
Les collectivités locales ont mis en place des Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) qui favorisent un environnement alimentaire protecteur. Cela suppose une sensibilisation des acteurs locaux (élus, professionnels de santé, travailleurs sociaux, institutions et associations) et un accompagnement des familles dans l’accès à une alimentation de qualité, notamment via des outils concrets...
Les ordonnances vertes en sont un bel exemple.
Les élus locaux peuvent agir pour protéger la santé des femmes enceintes et des enfants à naître, en déployant une alimentation de qualité accessible à celles et ceux qui en ont le plus besoin.
Ils disposent déjà de leviers puissants dans la déclinaison des plans alimentaires territoriaux et des contrats locaux de santé :
Achats publics alimentaires
Soutien à l’agriculture bio et locale
Programmes de santé périnatale
Sensibilisation à la santé environnementale
Subventions aux associations promouvant ces principes
Les ordonnances vertes peuvent ainsi devenir un outil de prévention à haut rendement sanitaire et social, duplicable, mesurable et porteur de transformations. Le principe est une délivrance sur prescription médicale de paniers hebdomadaires de fruits et légumes bio et locaux, avec exigence en contrepartie de participation à des ateliers de sensibilisation à la présence et aux dangers des perturbateurs endocriniens et à la façon de s’en protéger. Animés par des professionnels (infirmières, sages-femmes, diététiciennes ou éco-conseillers), ces ateliers permettent aussi d’apprendre dans la convivialité les différents usages des légumes et autres produits sains.
Plusieurs collectivités, villes, communautés de communes d’Alsace et d’autres régions de France les ont expérimentées avec succès pour un budget accessible (420 € par grossesse à Strasbourg par exemple) et ouvert au cofinancement (ARS, CPAM, collectivités).
Les évaluations faites montrent que les femmes qui en bénéficient :
Modifient durablement leurs habitudes alimentaires
Déclarent une amélioration de leur santé physique et mentale
Il apparaît également que les co-parents s’impliquent, renforçant l’impact familial et que ces comportements sont maintenus après la naissance dans 90 % des cas.
Ces ordonnances vertes ne sont pas un luxe ou une utopie mais un outil simple, concret, efficace, plébiscité par les familles comme par les professionnels de santé et de très nombreux agriculteurs. C’est aussi un bel outil, accessible et porteur d’avenir dont les élus peuvent se saisir pour prévenir l’exposition des enfants à naître, soutenir les familles, garantir une alimentation saine, valoriser les soignants engagés.
Pour avoir plus d’informations ou poser vos questions, un contact : [email protected]
Vous êtes sûr ? Votre mobilisation est importante pour que les pétitions atteignent la victoire !
Sachez que vous pouvez vous désinscrire dès que vous le souhaitez.