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Pétition

Tribune : opposition ou inquisition ?

Tribune : opposition ou inquisition ? Pétition
242 signatures
Auteur :
Auteur(s) :
Marie Bourel, Clara Mothes et Valentin Mollette
Destinataire(s) :
Sciences Po Lille
La pétition

« L’atmosphère est lourde. Les phrases, les situations qui semblaient autrefois anodines deviennent des crimes. Nous sommes tous coupables, et les inquisiteurs nous guettent ». (Délivrez-nous du bien, Natacha Polony et Jean-Michel Quatrepointtnt)



Nous nous adressons aujourd’hui à l’ensemble des étudiants de Sciences Po Lille afin de dénoncer ouvertement les abus d’une pensée dont nous pensons qu’elle constitue une dérive anxiogène. Une tendance systématique à condamner et à fustiger s’est installée dans la vie étudiante au nom de principes louables, mais maladroitement défendus. Nous agissons quotidiennement pour les droits de la femme et il est tout à fait légitime de mener ce combat dans l’enceinte de notre école. Cependant, nous rejetons les vecteurs d’informations utilisés et les moyens entrepris pour mener ce combat. Il nous semble que ces sujets, pourtant fondamentaux, sont instrumentalisés par certains étudiants et ainsi réduits à de simples injonctions moralisatrices alors que le féminisme mérite, à notre sens, d’être traité avec une plus grande honnêteté intellectuelle. Cette version d’un féminisme essentialiste consistant à présenter tout étudiant comme violeur potentiel et toute femme comme victime ne fait en aucun cas appel au sens de la nuance nécessaire lorsque l’on prétend défendre de telles causes. Il est désolant d’avoir recours à une si maigre réflexion et de faire usage de tels raccourcis pour traiter d’actes aussi graves que le viol.


Aucune association ne peut prétendre avoir la légitimité « suprême » d’imposer des modes de pensées et des comportements aux étudiants ainsi qu’à l’administration. Pourtant, l’année dernière, une partie minime des étudiants avait empêché la venue de Jean Lassalle alors que d’autres auraient voulu, à bon droit, entendre un homme politique (au moins par curiosité ou intérêt pour la politique). Ce type d’événements est de plus en plus fréquent au sein de l’IEP. Un groupe d’étudiants semble se sentir capable et légitime de se substituer aux juges et d’instituer sa propre loi bien qu’il n’en ait ni la compétence ni la légitimité.


Nous avons pu observer une idéologisation progressive du Bureau des étudiants qui est, selon nous, contraire à sa fonction initiale d’intégration. Ils exercent un contrôle de ce qui peut ou non se dire, et portent une attention draconienne à ce qu’ils considèrent comme débordements. C’est une belle ironie que de défendre l’ouverture d’esprit par la censure. Les dogmes et diktats utilisés par certains, ainsi que ce refus du débat s’apparente à ceux d’une nouvelle religion en ce qu’ils œuvrent à la création d’un Homme nouveau, libéré de ses passions. Ils ont beau prétendre représenter l’ouverture d’esprit, ils sont parvenus à devenir l’incarnation même de l’intolérance. Ils ont même réussi à dégoûter certains et certaines du féminisme par l’image vindicative qu’ils ont pu en véhiculer, desservant ainsi leur lutte initiale.


Cette semaine, quelqu’un a trouvé judicieux et intelligent de créer une page Facebook servant à dénoncer des comportements ou paroles rapportés au sein de l’école. Cette initiative démontre le manque de profondeur de la démarche inquisitrice entreprise par certains. La dérive que constitue la justice barbare ajoutée à toutes les problématiques relatives aux réseaux sociaux, frôle la limite de la délation, interdite par l’article 226-10 du Code Pénal. Ce travers, dont on comprend qu’il est le symptôme des obsessions contemporaines, peut vite déborder du strict cadre des querelles intestines et avoir des conséquences graves sur la réputation même de l’école et du diplôme, ce que nous déplorons.


Tout cela n’est pour nous que le résultat d’une récupération politique, à des fins personnelles et militantes, d’un débat qui nous appartient à tous et qui ne devrait en rien être accaparé par une minorité bien pensante qui préfère l’inquisition à la dialectique. Nous sommes aujourd’hui contraints de vivre au rythme d’une pensée, minoritaire, mais bruyante, qui ne reflète en rien la diversité d’opinions et l’ouverture d’esprit qui habitent une école telle que la nôtre. Si l’impertinence a elle aussi, à Sciences Po, le droit de Cité, nous craignons que le manque de pertinence de ces nouveaux tribunaux ne gangrène la rue Auguste Angellier. Pour toutes ces raisons, nous demandons avant toute chose, la suppression de la page « Paye ton spl » et nous appelons les étudiants à signer cette tribune s’ils s’y retrouvent. À l’image de ce que nous venons de dénoncer, nous nous sommes vus refuser la publication de cette tribune par la Manufacture sous prétexte qu’il fallait prévenir l’association « BCBG ».

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25 commentaires
Le 04/10/2018 à 13:27:28
Yes
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Elisa - Le 04/10/2018 à 12:31:52
Parce que la bien-pensance de certaines personnes qui s'estiment plus légitimes que d'autres ça va deux minutes
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Julien - Le 04/10/2018 à 11:57:17
Il est inacceptable que des minorités s’accaparent le débat en privant les étudiants d’évènements organisés au sein de l’école. Il est tout aussi inacceptable que ces minorités s’érigent en policiers de la pensée. Dénonçons ces dérives
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