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Suite à l’agression sexuelle dans TPMP, mobilisons-nous !

Sauvegarde en cours...
Pétition : Suite à l’agression sexuelle dans TPMP, mobilisons-nous !

Auteur : FéminiCités

Destinataire(s) : CSA, de Laurence Rossignol et de C8

Le 13 octobre, lors de l’émission « Touche Pas à Mon Poste », animée par Cyril Hanouna et regardée par des milliers de téléspectateurs, Soraya Rifi, choisie pour incarner Kim Kardashian dans un “sketch” assez malvenu sur son agression, après avoir refusé d'embrasser le chroniqueur Jean-Michel Maire à plusieurs reprises a été sexuellement agressée par celui-ci. Il l'a embrassée sur la poitrine, passant outre son consentement, sous les rires et applaudissements de la salle, avant de se montrer très insistant avec une autre femme qui refusait également de l’embrasser et qu’il s’est permis de qualifier de “coincée”.


Le refus de consentir à embrasser cet homme n’a aucune valeur pour les chroniqueurs de cette émission parce qu’ils considèrent que le corps de ces femmes leur appartient. Cyril Hanouna insistait d’ailleurs pour que Soraya Rifi accepte d’embrasser Jean-Michel Maire en guise de “remerciement”.
Refuser d’embrasser une personne est considéré par eux comme « être coincée », car lorsqu’ils ne contrôlent pas le corps d’une femme, celle-ci est, à leurs yeux, soit une traînée, soit trop prude. L’agression sexuelle d’une femme qui subit la combinaison de deux oppressions (sexisme et racisme) est alors présentée comme une blague, parce qu’ils considèrent que son corps appartient à cet homme cisgenre (dont le genre correspond à l’assignation de naissance) blanc en position de domination sociale.


Le 17 octobre, face aux nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et aux signalements massifs de la séquence auprès du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, Cyril Hanouna a consacré 20 minutes de son émission à des explications concernant cette agression sexuelle.
Cette séquence, loin de prendre la mesure de la gravité de l’acte, adopte au contraire toutes les manifestations de la culture du viol (l’idée que le corps des femmes est à la disposition des hommes, que leur consentement n’est pas important) et du victim blaming (le fait de culpabiliser la victime en dédouanant l’agresseur).


Les autres chroniqueur.se.s ont plaint Jean-Michel Maire pour les réactions dont il a fait l’objet sur les réseaux sociaux et dans certains médias, mais à aucun moment ils/elles n’ont plaint Soraya Rifi.
Au contraire, ils/elles ont trouvé au chroniqueur des circonstances atténuantes (il était fatigué, il est “lourdingue”...), comme c’est toujours le cas dès qu’on parle d’agression sexuelle ou de viol. Ils/elles ont coupé de nombreuses fois la parole à la victime et pris la parole à sa place en expliquant qu’elle “[n’avait] pas été choquée” ou que “La jeune femme était pas outrée, elle était pas au bord du collapse, tout allait très bien”.


Pire encore, quand Soraya Rifi affirme « Le fait que le chroniqueur m’embrasse le sein sans mon accord parce que c’est vrai que j’ai dit “non”, et j’ai répété, j’ai dit “non”, et moi je pense personnellement que quand une femme dit “non” il est important de respecter son choix », Jean-Luc Lemoine répond "Faut savoir que dans cette équipe, souvent un non est un oui”. Nous sommes là en plein cœur de la culture du viol, en plein cœur de la bataille pour le respect de notre non-consentement, contre l’idée que chez une femme, “non” peut signifier “oui” ou “peut-être”.


Enfin, ces chroniqueur.se.s (ainsi que 75% du public de l’émission interrogé) ne semblent pas avoir la même définition de l’agression sexuelle que nous, ni que celle du Code Pénal («Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise », article 222-22).
Oui, contrairement à ce qui a été affirmé dans l’émission, Soraya Rifi aurait pu, si elle l’avait souhaité, porter plainte (bien que son choix de ne pas le faire doive être respecté et soit tout à fait compréhensible, d’autant plus au vu de la pression qu’elle subit). Oui, ce à quoi nous avons assisté était bien une agression sexuelle.  


Ce type de propos est condamnable dans tous les contextes, ils le sont d’autant plus lorsqu’ils ont lieu dans le cadre d’une émission de télévision très regardée.


Ce qui s’est passé dans cette émission participe à la culture du viol. Cela répand l'idée que quand nous disons non, il est acceptable d'insister, de nous toucher, de nous embrasser.
L'idée que notre consentement n'a pas de valeur. De cela découle le fait que des hommes se sentent autorisés à nous agresser, à nous violer.
La réponse des chroniqueur.se.s à la déclaration de Soraya Rifi, qui exprime publiquement pendant l’émission sa gêne et identifie clairement le préjudice subi, contribue également à envoyer un message nauséabond.
En culpabilisant Soraya Rifi, en lui expliquant que le fait qu’elle ait pu même penser à porter plainte est “choquant”, ils.elles contribuent à enfermer dans le silence les survivant.e.s de viol et les victimes d’agression sexuelle qui sont déjà très nombreux.ses à ne pas porter plainte, ne s’en sentant pas le droit et/ou craignant les réactions.

Par conséquent, nous affirmons par cette pétition notre soutien à Soraya Rifi et à toutes les victimes de viol et d’agression sexuelle. Nous demandons également :


- Au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel de prendre rapidement des sanctions à la mesure de la gravité des faits, à la fois en ce qui concerne l’agression en tant que telle et sur les propos tenus par la suite, à l’encontre du diffuseur (C8, détenue par Vincent Bolloré), de l’émission, de Jean-Michel Maire et de Cyril Hanouna qui a toléré et encouragé ces actions;


- Au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et au gouvernement de lancer une enquête sur les propos oppressifs à la télévision, qui sont encore légion, comme on a pu également le voir entre autres avec les interventions de Lamine Lezghad au Grand Journal ;


- À l’émission “Touche pas à mon poste” de se séparer de Jean-Michel Maire, qui ne saurait rester à l’antenne après y avoir commis un acte pénalement répréhensible et profondément sexiste ;


- À Cyril Hanouna et l’ensemble des chroniqueur.se.s de l’émission présent.e.s sur le plateau le 13 et le 17 octobre de présenter publiquement leurs excuses à Soraya Rifi pour leurs propos minimisant son agression et niant son ressenti ;


- À Cyril Hanouna et l’ensemble des chroniqueur.se.s de l’émission de suivre une formation dispensée par une association ou un collectif féministe luttant contre la culture du viol, afin de comprendre en quoi leurs propos sont problématiques et quelles conséquences ils peuvent avoir.

Source de l'image : C8 / Via replay.c8.fr, via Buzzfeed

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