Se connecter
Logo MesOpinions.com
Accueil Pétitions Sondages Victoires Nous soutenir Lancer une pétition
Pétition

SALAFISATION ACCRUE DANS LES QUARTIERS POPULAIRES DU CENTRE VAL DE LOIRE

Pétition : SALAFISATION ACCRUE DANS LES QUARTIERS POPULAIRES DU CENTRE VAL DE LOIRE Pétition

SALAFISATION ACCRUE DANS LES QUARTIERS POPULAIRES DU CENTRE VAL DE LOIRE

1 signature
Auteur :
Auteur(s) :
Sarah TATOUYE
Destinataire(s) :
CITOYENNES ET CITOYENS DE FRANCE ET D'OUTRE-MERS
La pétition
« DE DAECH, IL RESTE UNE SALAFISATION ACCRUE DES QUARTIERS POPULAIRES »

Il faut relier l’histoire tumultueuse des quatre dernières décennies au Moyen-Orient et en Méditerranée en livrant des clés pour comprendre le présent, notamment le devenir du djihadisme. Le début du « chaos » dès 1973 et jusqu’en 1979 ? Considérer l’année 1979 comme charnière est très courant. Elle commence par le retour de l’ayatollah Khomeini à Téhéran, se poursuit avec la paix entre Israël et l’Égypte, la prise de la Grande Mosquée de la Mecque et celle d’otages à l’ambassade américaine en Iran. En décembre intervient finalement l’invasion de l’Afghanistan par l’armée soviétique, évènement qui déclenchera le djihad. C’est donc en 1979 que les lignes d’affrontements s’installent. Mais pour comprendre, il faut revenir en 1973, année de la guerre d’octobre, dite « du Kippour » ou du « ramadan ». C’est elle qui a changé le « logiciel » politique de la région. Jusqu’alors, le religieux se tenait à l’écart, en arrière-plan, dans des pays caractérisés par leurs nationalismes, qu’ils soient alignés sur l’URSS ou sur les États Unis. Comment la guerre d’octobre a-t-elle entraîné ce basculement vers une islamisation du politique ?
Cette guerre a deux caractéristiques. D’abord, elle a lieu à l’intersection de deux scansions religieuses importantes du calendrier. Le Kippour, choisi par les adversaires d’Israël pour bénéficier d’un effet de surprise, parce que le pays est en veilleuse. Mais aussi le Ramadan, pendant lequel on doit jeûner du lever au coucher du soleil, ce qui empêche tout combat, à cette exception près : le djihad, s’il est proclamé par les oulémas (docteurs de la loi musulmane), l’emporte sur toutes les autres obligations religieuses, dont le jeûne. Ce contexte procure une légitimité religieuse à la guerre d’octobre. Autre caractéristique de cette guerre : les pays arabes exportateurs de pétrole décident d’augmenter les prix du baril, mettent en place un embargo sur les livraisons des états aidant Israël puis opèrent une diminution progressive de leurs exportations. Leur décision fait ainsi quadrupler les cours du pétrole, ce dont les pays exportateurs tirent un profit énorme. Pour eux, qui n’avaient pas ce poids auparavant, le pétrole devient une véritable arme politique. Grâce à leur fortune, ils vont pouvoir diffuser une vision très rigoriste du religieux, leur permettant de triompher face aux états nationalistes, au sein même du monde sunnite. En quoi consiste cette vision de l’Islam et comment se manifeste-t-elle dans le champ politique ? C’est le salafisme, une vision de l’Islam dite « fondamentaliste » car elle repose sur des fondements décontextualisés du religieux, dont Daech sera l’aboutissement ultime. Cette vision va se répandre hors du socle de la péninsule arabique et atteindre très profondément l’Égypte, aller jusqu’en Algérie, au Maroc, en Tunisie…L’imposition du religieux dans le politique va donner le ton et le vocabulaire d’ensemble. En 1979, la Révolution Islamique, chiite et tiers-mondiste utilisera également le vocabulaire du religieux, notamment contre l’impérialisme des États Unis, le « Grand Satan ». Cela engendre la même année le combat pour le leadership sur le
discours religieux entre saoudiens et iraniens. Comment l’antagonisme entre sunnites et chiites peut-il évoluer ? On peut l’envisager comme le conflit entre catholiques et protestants. Il a atteint son zénith lorsqu’il était un enjeu majeur de pouvoir politique, au XVIe siècle en France par exemple. Mais auparavant, un arrangement prévalait. Dans le monde musulman, il y a eu plusieurs périodes, récentes, où le religieux n’était pas aux commandes et où ce conflit était totalement mineur. En Irak, les mariages entre sunnites et chiites étaient courants, chacun se disant baasiste (membre du parti « socialiste de la résurrection arabe »), ou socialiste et non chiite ou sunnite…En Syrie, au Liban aussi…L’antagonisme ne devient vraiment pertinent qu’avec la Révolution Iranienne qui, tout en se voulant panislamique, véhicule un discours chiite. L’affaiblissement actuel de l’Arabie Saoudite, avec « l’affaire Khashoggi » pourrait-il atténuer cette rivalité ? Tout se cristallise au Levant. Les russes veulent une solution politique en Syrie afin de
parvenir à un compromis, ne faisant plus de l’antagonisme entre sunnites et chiites un élément déterminant. La raison ? Si le régime se maintient en soumettant les sunnites, cela contraindra Moscou à rester en Syrie. Or, Vladimir Poutine ne veut pas d’un enlisement qui aboutirait à la chute de la Russie, comme l’enlisement de l’armée soviétique en Afghanistan a conduit à la chute de l’URSS. C’est le sens du sommet d’Istanbul (le 27 octobre 2018) où Emmanuel Macron, Angela Merkel, Vladimir Poutine et Recep Erdogan ont essayé d’envisager la reconstruction du pays. L’Iran a été marginalisé, bien que la Russie ait toujours besoin de lui comme supplétif sur le terrain. L’Arabie Saoudite également, le président turc l’ayant diabolisée en s’appuyant sur « l’affaire Khashoggi » (journaliste saoudien assassiné à Istanbul). Un an après la chute de Raqqa, la « capitale » de Daech au Levant, l’idéologie djihadiste est-elle toujours attractive ? L’opérationnalité de Daech a été très affectée car tout était coordonné à partir de Raqqa. En revanche, l’idéologie reste présente et vivace. Pour l’instant, le discours dominant considère qu’Allah a puni les combattants faillibles car ils n’ont pas été d’assez bons musulmans, mais que leurs erreurs, qu’ils doivent identifier, ne remettent pas en cause le dogme idéologique. Quant à la capacité d’irradier en violence individuelle, il y a eu des attaques au couteau cette année 2018, dont la pire à Tarbes, mais rien de comparable à 2015 et 2016 cependant. Il reste en revanche une sorte de « salafisation » accrue entretenue au sein des mosquées, dans les quartiers populaires. Quelles formes prend cette « salafisation accrue » ? Il ne s’agit pas de formes de violence qu’on a déjà connues, d’un djihadisme pur et dur, mais d’une évolution qui, par les ruptures culturelles qu’elle engendre, est lourde de tensions futures. Elle se traduit dans une sorte de mouvance islamo-gauchiste constituée au nom de « l’intersectionnalité des luttes », où se mélangent une grammaire gauchiste ainsi qu’un vocabulaire islamiste potentiellement porteurs de disruption de l’ordre social. Face à cette mouvance s’opère une radicalisation d’extrême droite, facteur de fragmentation de la société. En l’absence de sursaut et avec la rétraction actuelle de la base d’Emmanuel Macron, il faut craindre qu’il y ait une attirance pour ces deux pôles aux élections européennes…Ce qui a été le cas en l’occurrence vus les résultats (le Rassemblement National ayant acquis la tête des élus). C’est une menace et, d’une certaine manière, un retour de manivelle de l’épisode de violences djihadistes, qui se dilue dans d’autres formes d’expression.
1 signature
Signez avec votre email
Veuillez sélectionner une option
Merci pour votre mobilisation
Vous avez déjà signé cette pétition
Aidez l'auteur à atteindre la victoire :
Je signe avec un autre email
Ajouter un commentaire
Partagez la pétition avec vos amis :
- Pétitions -

Les pétitions soutenues par d'autres utilisateurs