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Pétition

Pourquoi les gilets jaunes se trompent et sont dangereux

Pourquoi les gilets jaunes se trompent et sont dangereux Pétition
129 signatures
Auteur :
Auteur(s) :
Emilio Balturi
Destinataire(s) :
Gilets jaunes et à leurs sympathisants
La pétition

Samedi 8 décembre 2018


Les Républiques sont mortelles !


La France vient d’être le théâtre d’un événement politique grave dont nous mesurerons bientôt les conséquences probablement irréversibles. Un mécontentement populaire vient de mettre en échec l’application d’une politique sanctionnée démocratiquement un an et demi plus tôt. Que s’est-il passé ? Les difficultés économiques ne se sont pas brutalement accrues en quelques mois. La France ne fait face à aucune crise financière grave comme ce fut le cas en Grèce, à aucun accès migratoire aigu comme récemment en Italie, à aucune corruption de ses gouvernants comme au Brésil. Dans tous ces pays, la colère du peuple s’est exprimée par les urnes, en faisant des choix qui valent ce qu’ils valent, mais qui ont tous eu le mérite de s’être décidés démocratiquement.


En France, la crise déclenchée par le refus de la taxe carbone a pris le chemin de la violence de rue que rien ne semble plus pouvoir arrêter. La disproportion entre les revendications des gilets jaunes, centrés autour de la question du pouvoir d’achat, et la forme brutale de cette contestation doit donner à réfléchir. Elle atteste que la colère exprimée n’est pas à chercher dans les conditions matérielles de la vie des français mais bien plutôt, dans la manière dont ils la pensent.


Sur le plan social, la situation française s’est certes progressivement dégradée, ses dernières années, fragilisant des couches grandissantes de la population, en raison d’une stagnation du pouvoir d’achat et de la hausse de prélèvements fiscaux. C’est précisément cet inquiétant tableau clinique qui a dicté à E. Macron son programme de réformes en 2017. Un de ses choix était de redynamiser l’économie française, entre autres, en sollicitant des capitaux étrangers par une fiscalité pour eux moins pénalisante qu’elle ne l’était devenue sous le quinquennat précèdent. Mais là fut la faute originelle du président qui, dès son investiture ou presque, devenait déjà dans les esprits de beaucoup et dans la rhétorique des oppositions, le président des riches. Ce qui met les gilets jaunes dehors n’est rien d’autre qu’une opinion : ils jugent que la politique d’Emmanuel Macron n’est pas égalitaire. C’est une passion égalitariste qui est en train d’avoir raison de nos institutions démocratiques et de notre héritage républicain. C’est elle qui, en interrompant brutalement l’action gouvernementale, nous empêchera à jamais de savoir si cette politique était fondée ou non, si elle était aussi inégalitaire, dans ses effets, que ses détracteurs le prétendaient.


Guidé par les idées des Lumières, le peuple français est un des premiers à s’être engagé sur la voie de la République. Il est aujourd’hui également le premier à en sortir. La démocratie peut se confisquer. La France des gilets jaunes fait le choix de s’en détourner. Ces prétendus « citoyens » sont si éloignés du modèle de 1789, ils ne le comprennent tellement plus qu’ils croient lui être encore fidèles au moment même où ils le trahissent. L’égalité fut bien, en effet, une valeur de la Révolution, mais tout autant que la liberté. Pour les gilets jaunes, l’inégalité résumant toute forme d’injustice, combattre tout ce qui y ressemble dispense de passer par le consentement de tous. Pour eux, la question de savoir comment accroître la richesse du pays, afin que l’État trouve les ressources de ses réformes, de sa politique sociale et de ses services publics, devient hors propos, quasi inaudible, presque indécente. Quant à la loi, sa légitimité n’est plus à chercher du côté du respect de la liberté de chacun, mais de l’égale condition de tous. Le devoir d’égalité sociale devient la source unique de toute obligation. Égalisez d’abord, j’obéirai ensuite ! En substituant l’égalité sociale à l’égalité des droits, le gilet jaune est le fossoyeur de l’idée révolutionnaire que, pour que la loi ne soit pas la tyrannie de quelques-uns, elle doit tirer son autorité du consentement général.


Que l’égalitarisme ôte toute autorité aux lois, les gilets jaunes nous en convainquent depuis quelques semaines. Laisserons-nous longtemps brûler les voitures, agresser les journalistes, attaquer les forces de l’ordre et les bâtiments publics en y voyant une sympathique démarche revendicatrice perturbée par quelques casseurs ? Combien de concessions le gouvernement devra-t-il encore faire pour que l’on comprenne qu’aucune d’elles ne calmera un mouvement inorganisé dont le seul moteur est un idéal niveleur et mortifère, incompatible avec l’organisation sociale elle-même ? Que les forces politiques qui comptent naïvement tirer parti de la crise des gilets jaunes en les soutenant complaisamment ne se méprennent pas : quel peuple ayant renversé un président régulièrement élu acceptera d’obéir à un autre ? Si, après avoir anéanti la politique du gouvernement, les gilets jaunes parvenaient à pousser Emmanuel Macron vers la sortie, ne croyons pas que la crise trouvera son terme. Si, comme on peut le craindre, Marine Le Pen succède au Président actuel, comment pourra-t-elle gouverner quand les gilets jaunes de gauche bloqueront le pays ? L’impasse sera le même si J.L. Mélenchon est élu. Les gilets jaunes font entrer la France, et avec elle, probablement l’Europe tout entière, dans une nouvelle ère, post-démocratique, où ne joueront que des rapports de forces, au prix d’une fragilisation de la sécurité et de la liberté de tous.


Quand le ressort de l’obéissance républicaine se brise, écrit Rousseau dans le Contrat social, on ne peut le réparer. Les Républiques sont mortelles. Si les mœurs ne soutiennent plus l’édifice républicain, sur quoi pourra-t-on en effet s’appuyer pour le rebâtir ? Nos écoles ont échoué à transmettre cet héritage politique, aussi précieux que fragile, cette conviction que seule la loi libère. Sans doute la thèse largement répandue chez les éducateurs que l’École n’est qu’un lieu de dupes où ne font que se transmettre les inégalités sociales n’a pas aidé l’institution à se donner les moyens de faire passer les valeurs émancipatrices de la citoyenneté. Si les lycéens et étudiants sont si prompts à se retrouver dans la rue et peut-être, demain, à rejoindre les gilets jaunes, c’est bien que le malaise est profond et que ses causes sont bien plus intellectuelles et morales, que sociales.


Le mal est là, il est fait et il vient de loin. L’avenir fera probablement comprendre qu’Emmanuel Macron n’avait pas les moyens à lui seul, avec quelques-uns, de faire barrage à cette funeste passion égalitariste. En s’y opposant de toutes ses forces, il ne pouvait qu’être balayé par elle. Résistons quand même, par le dialogue, par tous les moyens raisonnables et pacifiques, témoignons qu’il existe une éthique républicaine et que l’engagement citoyen peut être autre chose que l’affirmation violente de ses convictions politiques.

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29 commentaires
Le 10/12/2018 à 09:16:50
Depuis 40 c'est le désordre avec L'UMPS. Les gens en avaient assez et déjà en Mai ça grognait avec les taxes et les augmentations, la taxe d'habitation et foncière à payer en Octobre et Novembre n'ont rien arrangé et je pense que le prélèvement à la source en Janvier risque d'aggraver la situation. Pour info : Macron ne vas pas signer le pacte de Marrakech, il va envoyer son secrétaire d'état Jean Baptiste Lemoyne. Surprenant, les médias n'en parlent pas.
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Anne - Le 15/12/2018 à 19:05:53
mouvement qui va créer des milliers de licenciements
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Michel - Le 10/12/2018 à 13:54:50
Excellente analyse. Je crains que peu d'entre-nous la lisent entièrement mais ce qui compte avant-tout à l'instant où nous sommes c'est de donner toute occasion à la majorité aujourd'hui réduite au silence par cette actualité de violence et de confiscation de la parole de s'exprimer et de montrer que nous sommes infiniment plus nombreux à refuser l'incohérence de ce mouvement gilets jaunes. Ces gens ont cessé de se comporter en citoyens, ils doivent être contenus. C'est à chacun d'entre nous, citoyens français responsables de toutes conditions sociales, de nous faire entendre par tout moyen pacifique ( discussions, messages aux médias, aux mairies, aux syndicats, réunions, organisation de manifestations...) Ne laissons pas le Président de la République et les élus seuls face à ce péril pour la démocratie.
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