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Pétition

Cosigner la lettre ouverte au Président de la République

Cosigner la lettre ouverte au Président de la République Pétition
8.104 signatures
Auteur :
Auteur(s) :
Yves Lechevallier
Destinataire(s) :
Monsieur le Président de la République
La pétition

Monsieur le Président,


Petit maire d’une petite commune rurale (770 habitants) je me permets de vous écrire directement, car plus il y a d’intermédiaires et plus on s’éloigne de la réalité du terrain pour approcher les réalités de la politique politicienne.


Vous avez dit récemment être peiné de ne pas avoir rétabli un dialogue avec les Français, pour continuer en confirmant que vous les entendez bien, mais que pour autant vous ne changerez rien et surtout pas de cap. Ne trouvez-vous pas ce mode de « dialogue » incohérent ?


Ne trouvez-vous pas incohérent de taxer d’abord, de tenter d’expliquer ensuite et finalement de bricoler.


Prenons un exemple parmi d’autres: la hausse de la taxe sur les carburants. D’abord vous vous inscrivez dans une continuité, ne l’oubliez pas. Vous héritez une politique automobile de vos prédécesseurs qui nous ont vendu le moteur diésel comme moins polluant, plus économique, etc.. En fait c’est surtout un type de moteur qui réussissait à nos fabricants. Sans transition il est maintenant accusé de tous les maux. Où est la cohérence ? Pour justifier la hausse des taxes sur le carburant, vous cachez cette nécessité budgétaire derrière un cache-misère écologique, alors que dans les faits votre gouvernance prouve que l’écologie n’est pas le premier de vos soucis, raison de la démission de Monsieur HULOT directement amenée par vos démissions devant les lobbys alimentaires et chimiques. Dernièrement une partie du budget du ministère de l’Écologie est retourné au budget général lequel encaisse déjà la plus grosse part des taxes sur le carburant. Cherchez la cohérence.


Cette opposition entre vos paroles,  pas seulement sur l’écologie, et vos actes, les Français l’ont intégrée ; donc la confiance est perdue.


Vous demandez des efforts aux Français d’en bas et accordez des facilités aux quelques-uns d’en haut. Sérieusement, vous y croyez encore au ruissellement ? Vous souhaitez une France qui marcherait d’un pas derrière vous et vous la divisez, abandonnant les plus faibles aux profits de ceux qui ont eu l’opportunisme de devenir, selon vous,  les premiers de cordée, les intouchables.


Et ne parlez pas de compétence pour ces grands financiers. Pour beaucoup moins cher il y a des tas de Français compétents capables de faire leur travail. Il y a des Français capables de faire  des choses magnifiques en y incluant le bien commun. Osez considérer tout le monde en vous appuyant sur le peuple, en le prenant à témoin. Vous avez su le faire pour la SNCF. Osez le faire pour des personnes autrement privilégiées !


De moins en moins de sociétés possèdent un pourcentage chaque jour plus important des richesses mondiales. La mondialisation (!) me direz-vous. Donc avec cette belle économie libérale que vous appliquez de main de maître vous préparez votre avenir de super banquier. En effet, en concentrant les richesses dans quelques mains, les politiques ne seront plus que les porte-paroles des multinationales, ce que vous avez déjà commencé à faire et donc, pour exercer le vrai pouvoir, Jupiter ne pourra que retourner aux finances.


En conscience, si tout le monde se cache derrière l’inévitaaaaaable mondialisation, si tout le monde démissionne, l’humain n’aura plus d’autre idéal que d’être un consommateur formaté. Triste. Pensez-vous compatible de mener une politique libérale mondialisée, et une politique écologique ambitieuse ? Plus que jamais il faut faire des choix. Arbitrer clairement et avoir présent à l’esprit que la France est une moyenne puissance et ne peut maintenir un train de vie de grande puissance. La grande puissance pourrait être l’Europe, mais veut-elle en prendre le chemin ? Il faut abandonner le prestige pour financer le bonheur.


Le Maire que je suis est consterné par la lettre que vous venez d’envoyer. Après un appel à la solidarité avec le gouvernement,  commence les demi-mensonges par une présentation habile du recto en oubliant le verso ; puis des babillages pour faire du bruit sans rien dire ; et enfin une commisération malsaine.


« Préserver vos moyens financiers », écrivez-vous. Maintien de la dotation globale de fonctionnement. Pour le maire d’une commune rurale comme la mienne, vous vous rendez compte que vous poussez le bouchon un peu loin et discrètement vous glissez que la dotation est équivalente au niveau national. Quid du fait qu’un rural compte pour moitié d’un urbain dans le calcul de la Dotation Globale de Fonctionnement ? En ce qui me concerne, elle a continué à baisser. Quid du fait que votre gouvernement a supprimé des subventions accordées par vos prédécesseurs alors que les communes bénéficiaires avaient déjà engagé des frais. TEPCV par exemple ! Comment avoir confiance dans la parole de l’état ?


Liberté de manœuvre retrouvée écrivez-vous en prenant pour exemple les rythmes scolaires. Soyez franc ! La réforme du rythme scolaire a été un échec total qui sur le terrain a coûté un maximum aux collectivités territoriales. Vous nous avez simplement permis de faire marche arrière pour éviter, en le faisant vous-même d’avouer un échec.


Pour clore le chapitre des finances, vous ne mentionnez nulle part les obligations de plus en plus nombreuses et parfois absurdes que nous devons mettre en œuvre. Vous demandez plus avec les mêmes moyens ou moins de moyens. Astucieusement l’état qui n’a pas l’obligation d’avoir son budget en équilibre transfère aux collectivités territoriales de nombreuses charges sachant qu’elles, elles n’ont pas le droit d’avoir un budget déficitaire. Conséquence, elles lèvent l’impôt à la place de l’état qui a beau jeu de faire valoir que lui ne les augmente pas. Astucieux, mais lâche. Le delta est tout profit pour vous, et pourtant le déficit de l’État augmente !


 


Ainsi, le transport scolaire entièrement financé maintenant par les départements sans contrepartie équivalente d’où une sérieuse augmentation du coût pour la Seine et Marne.


Même chose pour le Revenu de Solidarité Active. Faut-il faire la liste des dettes que l’Etat a contractées auprès des départements en ne compensant pas comme promis « à l’euro près » pour reprendre une de vos expressions favorites…


Au niveau des Communautés de communes ou d’agglomérations, elles viennent de se voir imposer l’obligation de l’élaboration d’un Plan Climat Air Energie Territorial (PCAET). En soit une bonne chose, mais à elles de se débrouiller pour le financer. Même chose pour la nouvelle compétence obligatoire Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des inondations (GEMAPI). Mais là il est précisé qu’on pourra lever une taxe, une de plus, jusqu’à 40 euros par habitant.


Au niveau de ma petite commune, obligation de mener des travaux pour les personnes à mobilité réduite et autres handicaps. Ainsi pour accéder à l’étage de mon foyer annexe (Établissement Recevant des Personnes) un monte personne aux normes et habillé pour satisfaire aux exigences de l’Architecte des Bâtiments de France est chiffré dans un avant-projet sommaire toujours en dessous de la réalité, à 110 000 euros ! Pour une rénovation de bâtiment, obligation que les logements à l’étage non desservi par un ascenseur soit aux normes PNR avec les frais afférents. Je ne parle pas du labyrinthe administratif pour mener à bien ces travaux. Obligation de faire un périmètre de protection du point de captation de l’eau. Obligation de sectoriser le réseau d’eau. Obligation de télésurveillance. Suppression des possibilités de stockage des boues de la station d’épuration (coût du transport 15.000 euros annuel). Obligation de dématérialisation des documents qui se traduit par une énorme perte de temps au niveau du secrétariat, une grosse dépense pour l’acquisition des logiciels agréés, puis des logiciels de sécurisation. Nouvelle plateforme pour les transmissions des documents d’urbanisme, etc., etc.


Perte de notre trésorerie cantonale, perte du service de proximité pour les cartes d’identité et les passeports. Ruine de notre Hôpital de proximité doucement étouffé en criant haut et fort qu’il n’est pas question de le fermer. Après la santé physique, la santé de l’esprit avec des diminutions de subvention aux associations locales qui participent activement à la vie du territoire. Et enfin réduction du pouvoir du Maire au profit des communautés de communes ou d’agglo par transferts obligatoires des compétences. La liste n’est pas exhaustive. Elle reflète le poids grandissant que les Maires des petites communes ont sur les épaules. Il est temps pour eux de défendre avant tout les habitants et d’essayer de leur rendre supportables les conséquences d’un Etat imprévoyant et incapable de maîtriser une administration folle les deux, État et administration, avançant dans le brouillard. À terme nous mourrons sans doute, mais nous nous réservons le droit de le faire en criant.


Tout cela se traduit par un déficit démocratique. Avec les EPCI le dialogue avec le terrain se distend dangereusement et risque d’être coupé. Soyons pratiques : mettez 20 à 30 maires autour d’une table pour discuter des décisions à prendre, c’est possible. Vous souhaitez des regroupements, si possible, d’au moins 300 000 habitants. En milieu rural le nombre de communes à regrouper est tel qu’il est impossible de dialoguer autour d’une table. Résultat : les décisions viennent d’en haut prises par quelques personnes avec prise de pouvoir des fonctionnaires qui gèrent l’administratif. La réduction du nombre de députés va dans le même sens. Des élus qui ne pourront plus être au contact d’un territoire trop étendu. Ne parlez pas d’économie, pour en faire, diminuez plutôt le coût de l’administration qui gère la chambre des députés comme celle du sénat et revoyez à la baisse les émoluments et avantages des élus. C’est valable pour vous et toute votre administration. Qui plus est vous découvrirez auprès du peuple la vertu de l’exemple. Et puis je le pense vraiment, quittez le train de vie d’une grande puissance pour adopter celui d’une moyenne. Encouragez les initiatives citoyennes et appuyez-vous sur elles pour rééquilibrer la distribution des ressources.


Enfin Monsieur le Président il serait temps que vous innoviez, vous héritez d’un lourd passif : prévoyez.  Gouverner c’est prévoir tout le monde le sait, plus personne depuis plusieurs décennies ne le fait. Ne pas confondre réforme et agitation. Prévoir c’est préparer le futur, montrer une voie, ne pas surprendre, mais convaincre. Prévoir et expliquer c’est susciter l’enthousiasme, mobiliser les énergies d’un peuple râleur, mais généreux. Pensez à l’avenir, relancez, augmentez les recherches fondamentales. Notre avenir est dans les techniques de pointes. Quelles recherches fondamentales d’état au service de la transition énergétique du remplacement du nucléaire, au moins du nucléaire de fusion ? Pourquoi après l’avoir encouragé, abandonner l’hydrolien ? etc., etc.


Enfin, en espérant que vous arriviez (?) à reprendre la main sur une administration hors sol, une suggestion : Créez des postes de médiateurs des réglementations, et des obligations. Ceux-ci auraient le grand pouvoir d’adapter rapidement au terrain lesdites réglementations et obligations. En attestant qu’en fonction de ce qu’ils ont constaté sur le terrain il convient d’adapter telle réglementation ou telle obligation. En en donnant force à cette attestation vous ferez gagner à tout le monde du temps et de l’argent de façon considérable.


Avec tout le respect que je vous dois et conscient de l’énorme poids de la charge que vous assumez, je vous souhaite d’avoir encore l’énergie de vous réveiller et trouver des perspectives enthousiasmantes qui éclaireront des objectifs clairement définis au service de tous. Alors en retour vous regagnerez la confiance et verrez ce dont sont toujours capables les Français.


Très respectueusement,


 


Yves Lechevallier


Maire de Villiers-sous-Grez

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1.502 commentaires
Pierrette - Le 10/12/2018 à 17:31:40
ras le bol de payer pour les nantis !
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Patrice - Le 15/12/2018 à 15:45:28
redonner le lien à notre république en perdition
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Christian - Le 11/12/2018 à 07:34:17
Je me reconnais tout à fait dans cette lettre.
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