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Pour une alternative « durable » au Service National Universel

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Pétition : Pour une alternative « durable » au Service National Universel
Par Myriam ALDERTON

Pétition adressée à Emmanuel Macron, président de la République

A Monsieur le président de la République,


Mercredi 4 juillet 2018 M. Édouard PHILIPPE, Premier ministre et M. Nicolas HULOT, Ministre de la Transition écologique et solidaire, ont annoncé la création d’un Comité interministériel de la Biodiversité et pas moins de 90 mesures en faveur de l’environnement. (1 et 2) Il est regrettable de constater que l’éducation n’arrive qu’à la 75ème position dans l’énoncé de ces mesures, alors qu’elle devrait être à la 1ère. On nous annonce qu’un partenariat sera établi dès la rentrée 2018 entre le ministère de l’Éducation nationale et le ministère de la Transition écologique et solidaire mais on déchante aussi vite, en découvrant les « mesurettes » annoncées : séjours nature  au collège; kit pédagogique biodiversité pour le primaire; pour les lycées, un appel à projets pour le congrès mondial de la nature… des « plans mercredi » pour le périscolaire… Enfin, on apprend que le futur service national universel s’intègrera dans un réseau d’éco volontaires pour la biodiversité… (?!)


L’article 1er de notre Charte de l’environnement qui a valeur constitutionnelle proclame : «Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé» (3) Ce droit n’est plus garanti aux jeunes générations, il se heurte à de trop nombreux obstacles qui ont permis le développement de la pollution de notre planète, à un degré jamais égalé. Le résultat est que les dommages subis vont plus vite que les progrès réalisés. C’est pourquoi, nous demandons à ce que le financement du Service National Universel (4) soit intégré au sein des Etablissements scolaires, à l’éducation à l'environnement ainsi qu’à la formation continue réclamée par bon nombre d’enseignants, dans le cadre d'une laïcité renouvelée. (5 et 6) 


L’éducation à l’environnement pour un développement durable (l’E.D.D.)  fait partie de La LOI n° 2013-595 du 8 juillet 2013 (7) mais cette loi ne va pas assez loin, un tel dispositif réclame des moyens financiers importants sensibiliser les jeunes ne suffit plus, il faut promouvoir un projet  éducatif volontariste et ambitieux de l’école maternelle, jusqu’aux Universités qui garantisse sur l’ensemble du territoire :


… Qu’aucun enfant ne sorte de l’école primaire sans avoir acquis les fondamentaux des gestes éco citoyens (dont certains relèvent du civisme le plus élémentaire.)


… Que les professeurs des écoles et les autres enseignants bénéficient d’une formation continue en matière de protection de l’environnement, pour pouvoir l’enseigner. (8) 


… Que dans chaque secteur de formation professionnelle, une branche de formation alternative éco-responsable soit proposée aux jeunes, du simple apprentissage jusqu’aux enseignements supérieurs. (9) 


… L’appui d’un texte règlementaire, qui   autorise  des possibilités de recours, si les jeunes se trouvent dans l’impossibilité d’accéder à une filière de formation éco-responsable, faute de places disponibles, voire de  filière existante.


… Des programmes ambitieux de recherches scientifiques basés sur  des méthodes de substitution à l’expérimentation animale (10)  


… Une heure citoyenne hebdomadaire pour la planète et la laïcité dans tous les Etablissements scolaires qui s’intègrerait au sein du cursus scolaire.


Ces heures citoyennes pourraient être ponctuées par des temps forts de rassemblement au sein des établissements, ouverts aux parents, à la presse, à des dates clefs comme celles de la Journée de la laïcité du 9 décembre et de la Journée mondiale de l'environnement le 05 juin.


A ces journées pourraient être invités des personnes ressources, des personnalités, des associations avec lesquelles les élèves auraient tissé des liens au cours de l’année. Cela permettrait au niveau départemental, régional et national, une large information sur ce qui se fait et ce qui pourrait se faire, d’ouvrir un véritable dialogue solidaire et intergénérationnel, de faire passer des messages, tisser des liens, en deux mots : de défendre toutes les valeurs qui sont convoquées dans le service national universel.


Les enseignants en se formant au long cours pourraient acquérir un véritable savoir-faire qui serait enrichi chaque année d’une  évaluation concrète, vivante et actualisée grâce aux missions des jeunes auprès de partenaires extérieurs.


Le Service National Universel doit favoriser l’éducation et la libre association, il ne peut s’épanouir dans la simple injonction, une telle approche est totalement dépassée.


Le danger de l’obligation est  dans le processus de normalisation qu’il engendre, au détriment d’une émancipation de la pensée. Laisser ce choix d’engagement aux jeunes, ce n’est pas faire de la citoyenneté une option, c’est mettre en place au sein de nos établissements scolaires, des moyens et des méthodes éducatives qui favorisent la réappropriation par les jeunes eux-mêmes, d’une certaine capacité de réflexion, d’initiative et d’innovation collective et ce dès le plus jeune âge.


L’historien Patrick Weil dans un article au Monde disait (11)  : «La laïcité, c’est d’abord la liberté de conscience» :


Nos Etablissements scolaires en ont besoin, L’avenir de notre planète et de notre laïcité aussi.


«Le pire ennemi que les jeunes ont à combattre aujourd’hui, c’est la pollution de leur planète, celle où ils vont élever leurs enfants, les adultes leur doivent  une  protection.»



  • Discours d'Edouard Philippe, Premier ministre, au Comité interministériel de la Biodiversité - Gouvernement.fr

  • Plan biodiversité - ecologie-solidaire.gouv.fr

  • Loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1 mars 2005 relative à la Charte de l'environnement

  • assemblee-nationale.fr

  • Les enseignants et la laïcité - ifop.com

  • Pourquoi et comment éduquer au développement durable ? - dumas.cnrs.fr

  • LOI n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d'orientation et de programmation pour la refondation de l'école de la République

  • Loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1 mars 2005 relative à la Charte de l'environnement : Article 8 «L’éducation et la formation à l’environnement doivent contribuer à l’exercice des droits et devoirs définis par la présente Charte.»

  • Filière alternative ne veut pas dire «spécialisation», il ne s’agit pas de proposer aux jeunes une filière conventionnelle, puis une spécialisation car les étudiants modestes, qui auraient besoin de travailler rapidement, n’auraient pas les moyens de poursuivre jusqu’à la spécialisation. Il s’agit de créer des référentiels de nouveaux métiers et de formations (du C.A.P aux études supérieures), respectueux de l’environnement, qui actualisent les valeurs sociales et environnementales, dans le but de  normaliser de nouvelles pratiques professionnelles : l'agriculture biologique bien sûr, mais aussi bien d’autres métiers tels que la coiffure (filière de formation artisan coiffeur végétal), l'esthétique (filière d’enseignement des soins cosmétiques naturels) - ces professions étant très exposées à des agents cancérogènes - l’entretien (filière d’enseignement sur l’utilisation de produits respectueux de l’environnement et des employés qui les utilisent), la boulangerie et pâtisserie bio, le bâtiment (construction de maisons écologiques…), le commerce (la vente directe, les circuits courts de distribution, les marchés bio, Internet, les AMAP,  la commercialisation : vendeur conseil en produits biologiques  …) recherche scientifique basée sur les alternatives à l'expérimentation animales...

  • Loi constitutionnelle n° 2005-205 du 1 mars 2005 relative à la Charte de l'environnement : Article 9 «La recherche et l’innovation doivent apporter leur concours à la préservation et à la mise en valeur de l’environnement.» et Directive 2010/63/UE du Parlement Européen et du Conseil relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, Considérant 10 : «Cependant, la présente directive représente une étape importante vers la réalisation de l’objectif final, que constitue le remplacement total des procédures appliquées à des animaux vivants à des fins scientifiques et éducatives, dès que ce sera possible sur un plan scientifique.»

  • LE MONDE 05.2018 Patrick Weil : « La laïcité, c’est d’abord la liberté de conscience »

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