On ne confie pas la défense des victimes à ceux qui les ont faites trembler.
Nous, citoyennes et citoyens attachés à la protection des droits fondamentaux, refusons que la défense des droits en France soit confiée à une personnalité dont le parcours et certaines prises de position interrogent profondément la place accordée aux victimes, et en particulier aux victimes de violences sexuelles et aux enfants.
La possible nomination de Éric Dupond-Moretti au poste de Défenseur des droits constituerait un signal extrêmement préoccupant pour toutes celles et ceux qui se battent pour la reconnaissance des violences et la protection des victimes.
Le témoignage grave d’une députée victime
Dans un documentaire du média d’investigation Off Investigation, relayé notamment par le journal Libération, la députée MoDem Sandrine Josso affirme avoir été « terrorisée » par Éric Dupond-Moretti après avoir porté plainte en 2023 contre l’ancien sénateur Joël Guerriau pour soumission chimique.
Éric Dupond-Moretti conteste ces accusations.
Mais ce témoignage soulève une question fondamentale : comment envisager de confier la défense des droits des citoyens à une personnalité dont le comportement est décrit ainsi par une victime présumée de violences ?
Le traumatisme du procès d’Outreau et la parole des enfants
L’affaire d’Outreau demeure l’un des drames judiciaires les plus marquants de notre histoire.
Des enfants y ont dénoncé des violences sexuelles graves et plusieurs ont été reconnus victimes par la justice.
Durant les audiences, leur parole a été mise à l’épreuve dans des conditions d’une extrême violence, confrontée à des contre-interrogatoires particulièrement durs.
Dans les récits d’audience, un épisode est resté gravé dans les mémoires : un enfant, soumis à une pression intense lors de son audition, aurait perdu le contrôle de lui-même et uriné sous l’effet de la détresse, illustrant la brutalité que peut représenter une confrontation judiciaire pour un mineur.
Ces scènes ont profondément marqué l’opinion publique et ont contribué à ouvrir un débat essentiel : comment protéger réellement la parole des enfants dans la justice ?
Des propos controversés lors des débats sur l’inceste
Lors des débats parlementaires de 2021 sur la loi visant à mieux protéger les mineurs des violences sexuelles et de l’inceste, Éric Dupond-Moretti a suscité une vive polémique.
Pour défendre la position du gouvernement sur le seuil d’âge pénal, il a évoqué les « amours adolescentes », estimant qu’il fallait éviter de criminaliser certaines relations entre jeunes proches en âge.
Au cours de ces échanges, il a également évoqué la possibilité théorique de relations consenties entre un jeune majeur et un membre plus éloigné de sa famille, mentionnant notamment le cas d’une relation entre une tante et son neveu, qu’il avait qualifiée de « cas d’inceste heureux ».
Ces propos ont suscité une indignation immédiate de nombreuses associations et de parlementaires engagés dans la lutte contre l’inceste, pour qui l’expression même d’« inceste heureux » constitue une négation de la réalité des violences incestueuses et de l’emprise familiale.
Un épisode judiciaire inédit pour un garde des Sceaux
Lorsqu’il était ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti a été jugé par la Cour de justice de la République pour prise illégale d’intérêts.
En novembre 2023, il a été condamné en première instance à un an de prison avec sursis, avant d’être relaxé en appel.Même si cette relaxe est juridiquement définitive, le fait qu’un garde des Sceaux ait été jugé dans une telle affaire constitue un épisode inédit dans l’histoire de la République, qui interroge l’exemplarité attendue pour exercer des fonctions de protection des droits fondamentaux.
Assez de l’impunité des puissants
Depuis trop longtemps, notre société donne le sentiment que :
se retrouvent ensuite promus aux plus hautes responsabilités publiques.
Ce système doit cesser.
Le Défenseur des droits doit être irréprochable
Le Défenseur des droits protège notamment :
Cette fonction exige une confiance totale des victimes et des personnes les plus vulnérables.
Aujourd’hui, cette confiance est profondément fragilisée.
Nous demandons
Nous demandons au Président de la République et au Parlement :
Parce que la protection des victimes et des enfants exige une exemplarité totale.
Les victimes ont besoin d’un défenseur.
Pas d’un symbole de défiance.
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