A Fréjus, dans le quartier du Mas, une petite rue porte le nom du poète provençal Frédéric Mistral. Vous ne la connaissez sans doute pas et vous ne vous en portez pas plus mal – car ce n’est qu’une petite rue dans un petit quartier. Pourtant ce sont les allées vertes et tranquilles de ce type qui donnent à la ville son cachet.
Pour nous, un groupe de voisins, Fréjus se démarque avantageusement de tant d’autres agglomérations par son caractère aéré, verdoyant, accueillant pour les piétons en balade comme pour les cigales, écureuils, hérissons, oiseaux multicolores et autres espèces d'une mini-faune aussi précieuse que menacée. A l’heure où les voix de tous bords rivalisent d’ardeur écologique, où il semble évident d’accueillir la nature jusqu’au cœur de nos villes, la protection de nos quartiers pavillonnaires devrait s’imposer comme une évidence. Ils sont précieux même pour ceux qui ne les habitent pas. Ils sont la signature et le poumon du Fréjus que nous aimons.
Pourtant, au cours de l’année 2025, deux permis de construire ont été acceptés coup sur coup dans la rue Frédéric Mistral. Sur les vastes terrains, en remplacement de villas individuelles arborées, devraient s’élever des bâtiments R+3 rassemblant, en mode compact, des logements montant jusqu’à des terrasses de toit qui ont tout oublié de la toiture en pente pourtant dominante dans le quartier. Nous pensons que ces constructions sont surdimensionnées.
Évidemment, cette action ponctuelle a vocation à s’ouvrir une mobilisation plus large. Ce n’est pas seulement la rue Frédéric Mistral qu’il s’agit de protéger, mais l’ensemble des quartiers pavillonnaires où la tuile romane se niche encore dans les pins. Bien que menacés (25 jardins supprimés en trois ans), ces quartiers sont encore nombreux. Ils se cachent derrière la ligne des immeubles du bord de mer à Fréjus Plage, sur la rive occidentale du Canal, autour du Boulevard de la mer et jusqu’au flanc de Villeneuve. Qu’ils doivent se moderniser va de soi ; mais sans tomber dans une densification qui les amputerait de leur âme, en cassant la respiration des allées, le rythme des végétaux et des toitures provençales.
Notons que les mêmes menaces de bétonisation pèsent sur les ensembles d’habitation collective. Comme dans le cas des espaces pavillonnaires, le respect de la nature a longtemps marqué l’identité de Fréjus ; et dans les deux cas, la vigilance est de mise, car une course mal encadrée aux m² peut être irrémédiablement destructrice de l'environnement.
Les immeubles construits à l’ancienne respiraient dans la verdure. C’est le cas des « Pins d’Azur», par exemple, sur Hippolyte Fabre, ou de la « Croix du Sud », sur la Place de la Porte d’Hermès. Ici, un permis de construire va conduire à supprimer les magnifiques eucalyptus et pins qui embellissaient la place en abritant un parking utile à tous. Irréparable.
Le long de l’avenue du 8 Mai 1945, les résidences des « Aiguières » ou de l’« Argentière » se protégeaient du bruit derrière des talus verdoyants intelligemment pensés ; un nouveau bâtiment vient d’interrompre l’harmonie, plongeant sur la circulation à la verticale, sans aucun espace de protection. Est-il opportun de laisser l’urbanisme du jour confronter les futurs résidents à des nuisances évidentes - bruit, pollution - tout en dégradant une avenue dont l’esthétique ennoblissait la ville ?
Mais le souci de l’harmonie n’est plus un goût très cultivé. Sur le Quai de la Marine, à côté du « Nautilus », va s’élever le dernier maillon de la chaîne des bâtiments de Port Fréjus I : un blockhaus aux petites fenêtres plongeant sur le canal. Pourquoi ne pas avoir respecté la règle du toit de tuiles qui est le signe du quartier ? Saugrenu, déplacé.
Non, décidément, la défense du Fréjus qui nous est cher ne pourra s’arrêter à la frontière de la rue Frédéric Mistral.
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