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Pétition

Appel de la dispora camerounaise contre le projet "Grand Eweng" visant à la destruction irréversible du patrimoine environnemental, historique et culturel du peuple Bassa'a-Mpôô-Bati du Cameroun

Pétition : Appel de la dispora camerounaise contre le projet Pétition

Appel de la dispora camerounaise contre le projet "Grand Eweng" visant à la destruction irréversible du patrimoine environnemental, historique et culturel du peuple Bassa'a-Mpôô-Bati du Cameroun

467 signatures
Auteur
Auteur(s) :
NDAP BIKOKO BASSAA MPOO BATI
Destinataire(s) :
Premier Ministre du Cameroun, Chef du Gouvernement de la République du Cameroun
La pétition
Le 29 mai 2018, par décret numéro 2018/4175 vous avez décidé de l’incorporation aux domaines privés des Communes de Ngog-Mapubi et de Dibang, d'une portion de forêt de 14 107 hectares dénommée "Forêt Communale de Ngog-Mapubi et Dibang".

Cette incorporation vise à la construction d’un barrage dit « Grand EWENG » par la compagnie HYDROMINE Cameroon Ltd., émanation camerounaise de la société de droit américain HYDROMINE lnc.

Opposition des Mbombog En date du 3 Août 2018, les Mbombog, initiés et gardiens des traditions ancestrales au sein du peuple Basaa – Mpôô – Bati, Membres de la Confrérie « Mbog Nkoda Ntoñ , se sont retrouvés dans le cadre d’une réunion de crise portant sur le Projet Grand EWENG en réponse aux appels de détresse lancés par les populations des zones impactées et menacées par ledit projet.

Après avoir fait le point, et nourri des échanges fructueux et pertinents avec leurs élites sur l’évidence de manœuvres souterraines relatives à la reprise des activités du projet « Grand EWENG » initialement suspendues pour non-observation des lois, réglementations et pratiques inhérentes aux grands travaux d’aménagement hydroélectrique par la société HYDROMINE Cameroon Ltd, les Mbombog de la Confrérie Mbog Nkoda Ntoñ ont résolu :

1. De dénoncer avec consternation, force et vigueur, l’opacité et les manœuvres dolosives qui ont entouré la signature et la prorogation de l’arrêté déclarant d’utilité publique les travaux d’aménagement hydroélectrique de Grand EWENG, en faveur de la société HYDROMINE Cameroon Ltd, créée en mars 2015 pour les besoins de la cause et dotée d’un capital social de FCFA 1 000 000 dont la maison mère, HYDROMINE Inc est basée dans le paradis fiscal et juridique de l’Etat de Delaware aux Etats – Unis.

2. De déplorer, avec amertume, la condescendance avec laquelle les différentes autorités publiques saisies et dûment informées à cet effet ont traité les populations victimes et non préparées de l’arrivée du projet Grand EWENG. Alors que, dans un élan d’apaisement et dans une optique de courtoisie républicaine, ces populations ont introduit de nombreuses requêtes, doléances et propositions constructives qui sont malheureusement demeurées lettres mortes ; excepté l’unique correspondance du Ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire adressée le 2 mars 2018 au Préfet du Département du Nyong et Kellé demandant de lui faire un point complet sur la situation inconnue par son Département ministériel ;

3. De percevoir non sans peine, qu’à travers de tels agissements, le vivre ensemble prôné au sommet de l’Etat inclinerait à croire qu’il s’agit d’un slogan creux et de pure opportunité. Les populations concernées apparaissant dès lors comme des parias abandonnés à leur sort lamentable au profit des intérêts mercantilistes et financiers inavoués et surtout au mépris de l’intérêt général, de l’ordre public, de la nature et de l’environnement ;

4. De décrier, la mort dans l’âme, la cécité consciente ou inconsciente dont font montre les autorités du Cameroun, d’attribuer sans ambages les travaux d’aménagement hydroélectrique sur un rayon de plus de douze (12) kilomètres, à la société HYDROMINE Cameroon Ltd dont la dénomination et l’objet social sont suffisamment évocateurs et pourraient permettre de tout entreprendre dans une zone au potentiel minier énorme en cours de cartographie sous la supervision de certains partenaires multilatéraux du Cameroun ;

5. De cesser d’assister passivement à la destruction et à la perte de leur patrimoine culturel et économique constitué notamment des sites de notoriétés historiques et anthropologiques de la traversée du fleuve Sanaga, des lieux culturels sur le mont Ngodi et des ressources naturelles, base de la pharmacopée traditionnelle. Acquis traditionnels et naturels que le fléau “Projet Grand EWENG” tendrait malheureusement à faire disparaitre. Compromettant ainsi sérieusement la pérennisation et la préservation de ce riche patrimoine pour les générations futures ;

6. De s’interroger très sérieusement, sur les motivations qui ont conduit la clique du Projet Grand EWENG à violer les dispositions pertinentes de la Constitution de la République du Cameroun sur la reconnaissance et la protection des valeurs traditionnelles, des autochtones et des populations locales. Agissements éminemment insidieux qui s’apparenteraient, toute proportion gardée, à une sorte de réactualisation du dessein odieux initialement envisagé lors de la lutte pour l’indépendance du Cameroun, de rayer sans ménagement les populations de cette unité administrative de la carte du Cameroun ;

7. D’intensifier le ralliement de toutes les âmes de bonne volonté à cette cause environnementale, patrimoniale et humanitaire avec l’aide des Mbombog des Confréries sœurs, de l’ensemble du peuple Basaa – Mpôô – Bati, des médias nationaux et internationaux, des organisations de défense des droits humains, environnementaux et économiques et de tout autre canal jugé opportun ;

8. D’appeler de tous leurs vœux, les autorités républicaines compétentes de tout mettre en œuvre de manière déterminée, franche, ouverte et constructive afin de parvenir à un accord juste, équitable et inclusif tenant compte des intérêts de toutes les parties prenantes.

Nous pensons et proposons à cet effet qu’il conviendra de reprendre en toute transparence, suivant les règles de l’art et en conformité avec les lois et pratiques recommandées, toutes les études et procédures occultées ou galvaudées du Projet Grand EWENG ;

9. De demander très humblement à la plus Haute Autorité du Cameroun, de diligenter des enquêtes indépendantes et appropriées, afin de permettre aux populations concernées en particulier et aux camerounais en général, d’apprécier la pertinence du choix de l’emplacement du projet envisagé, étant entendu de l’avis de certains experts qu’il peut être déplacé un peu plus vers l’amont du fleuve et sur le flanc du mont Ngodi pour limiter les risques de désastre écologique, patrimonial et humain“100% privés”. 

Malgré cet appel des autorités traditionnelles, le projet s’est poursuivi et se trouve aujourd'hui être en voie de finalisation.

Sur la base des documents dont nous disposons, il est établi que pas de moins de 127 villages Bassa’a disparaîtront si le projet « GRAND EWENG » parvenait à son terme.

Et des consultations sont prévues dès ce 27 Juillet 2020, en vue d’entériner ces disparitions.

Ainsi, les villages concernés sont aujourd’hui les suivants : DEPARTEMENT DU NYONG ET KELLE

1°) Arrondissement de DIBANG Dibang Centre Ngodi-Lom Ngodi-Si Mapubi, Makek/Mandjap, Mbanda Tamalong Ngog Gwass Matol Beda Bamo
2°) Arrondissement de Bot-Makak Bot-Makak : Tous les villages de l’arrondissement concernés par le projet Mbebe Tombi Manguenda I Ngog Mba Making

DEPARTEMENT DE LA SANAGA MARITIME

1°) Arrondissement de POUMA Pouma centre : Tous les villages de l’arrondissement concernés par le projet NGOMPEM
2°) Arrondissement de MASSOK SONGLOULOU SongMbengue pour les villages Yebel, Bahanga et ses environs Kahn Onna Pendjock, Ndjock-Kong, Ibom Ibaikak Mambondo LOG PAGAL
3°) Arrondissement de NYANON NYANON : Tous les villages de l’arrondissement concernés par le projet Nkongkwalla et Logmen BOLIKOL SONG MBOG I et II SONG TJANG KIKOT

Sur la destruction irréversible du patrimoine historique et culturel et environnemental
Excellence Monsieur le Premier Ministre, Selon la tradition orale du peule Bassa’a-Mpôô-Bati, il est parti d’Egypte au temps du règne du Pharaon « Méroé » pour s’installer d’abord dans l’ancienne Nubie (aujourd’hui appelée Soudan du Nord), avant d’entamer un long périple à travers l’Afrique pour conduire une partie de ce peuple dans sa localisation actuelle au Cameroun. Le peuple Bassa’a du Cameroun s’est toujours établi près des cours d’eau et n’a jamais hésité à payer, y compris de son sang, le prix de la construction de la nation Camerounaise. Très attaché à son environnement naturel et à ses traditions, le peuple Bassa’a conserve à ce jour sa religion du Mbog où les BaMbombog gardiens d’une tradition ancestrale multiséculaire, ne peuvent exercer leurs missions qu’au travers des plantes et arbres dont disposent nos précieuses forêts.

C’est d’ailleurs de ces précieuses forêts, qualifiées un temps de « maquis », que le mouvement de libération du peuple camerounais parvint à insuffler le vent d’indépendance du Cameroun. En outre, la religion « Mbog » comme la plupart des religions africaines ne s’exprime que par référence aux ancêtres, raison pour laquelle le peuple Bassa’a enterre toujours ses morts à proximité des habitations et leur voue un culte perpétuel, comme la plupart des peuples Bantou. Enfin, dans un contexte de lutte contre la Covid-19 et des instructions récemment données par le Chef de l’Etat, S.E.M. Paul BIYA, en vue de la promotion de notre pharmacopée pour résoudre la crise sanitaire, la destruction par engloutissement de ces 127 villages et leurs forêts (14 107 hectares) constituerait pour les générations futures une perte inestimable et irréparable. Compte tenu de ce qui précède et parce que nous pensons que le développement ne peut se faire au détriment de la préservation de notre environnement et de notre patrimoine historique et culturel, nous, soussignés, originaires du Cameroun, vous prions de bien vouloir : - Suspendre le projet GRAND EVENG ; - Ordonner à la société HYDROMINE de mettre en place un plan de sauvegarde du patrimoine historique et culturel du peuple Bassa’a-Mpôô-Bati en accord avec les autorités traditionnelles dudit peuple et les populations avant toute mise en œuvre de ce projet ; - Ordonner également à la société HYDROMINE de prendre attache avec les nouveaux Maires desdites communes, conformément à la nouvelle Loi de décentralisation, avant toute mise en œuvre de ce projet ; - Constater qu’à défaut d’un tel plan de sauvegarde, le projet devra être définitivement arrêté. Comptant sur votre haut sens de l’Etat, Nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre très haute considération.


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214 commentaires
Le 27/07/2020 à 19:07:44
Car je me sens très concerné par cette menace.
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Salomon moïse - Le 27/07/2020 à 18:01:35
Le village chez le Bantou est un repère inaliénable. Dans une totale illégalité le Gouvernement Camerounais sous la pression du capitalisme international via une officine américaine veut faire disparaitre le mien ainsi que toute sa biodiversité. Je dis NON
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Dr salomon moïse - Le 27/07/2020 à 18:04:35
Mon village est au coeur du poumon équatorial, rare rempare de protection de l'écosystème mondiale. Il ne doit pas disparaitre pour les besoins du grand capital mondial.
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