"C'est une question de justice pour ma mère et pour faire bouger les choses, parce qu'il ne faut pas que ça se reproduise", assure vendredi 21 novembre à France Inter(Nouvelle fenêtre) Céline Courvoisier, qui a perdu sa mère de 73 ans à la suite d'une grave intoxication alimentaire, le 31 mars 2019, à l'Ehpad La Chêneraie à Lherm, près de Toulouse (Haute-Garonne). Cinq personnes sont mortes et 21 ont été hospitalisées.
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La ministre de la Santé de l'époque, Agnès Buzyn, s'était alors rendue sur place et avait promis "transparence et vérité" aux familles des victimes. Depuis, même s'il y a eu quatre mises en examen au sein de l'établissement, l'instruction piétine. Les familles et 55 parties civiles dans ce dossier commencent à perdre espoir d'obtenir un jour justice pour leurs proches décédés.
Céline Courvoisier n'en peut plus d'attendre un procès. Elle a fini par écrire au juge d'instruction le mois dernier avec des questions : "Pourquoi on n'a pas de nouvelles ? Pas de calendrier judiciaire ? Pourquoi il ne se passe rien sur le dossier ?", se désespère-t-elle.
En février 2021, la synthèse des enquêteurs pointe la défaillance d'une armoire chauffante, qui a conduit à la prolifération de bactéries dans les repas. Il y a eu depuis quatre mises en examen, la dernière il y a un an et demi. Mais c'est loin d'être satisfaisant, selon Nicolas Raynaud de Lage, avocat de la famille Courvoisier. "Il manque les cadres dirigeants, les donneurs d'ordres qui étaient avec des subordonnés, qui ont peut-être mal agi, mais qui n'étaient pas décisionnaires", assure-t-il.
Parmi les mis en examen, l'ancien directeur de l'Ehpad, qui assume ses erreurs, selon son avocat, mais qui en attend de même de ses anciens supérieurs au sein du groupe Omega puis Korian, propriétaires successifs de l'établissement. Korian a proposé aux familles des indemnisations contre le retrait de plainte, assure Me Alexandre Martin, avocat de l'une d'elles. "Cela avait été envisagé, mais bien entendu nous nous y sommes opposés. Nos clients veulent qu'un procès se tienne, que les responsables en cause soient jugés", explique-t-il à France Inter. Une requête en annulation d'acte est toujours en cours, précise à France Inter le parquet de Toulouse où les juges d'instruction gèrent chacun une centaine de dossiers.
De son côté, Korian affirme à France Inter que le groupe "n’a engagé ni conclu aucun protocole transactionnel qui aurait eu pour but d’inciter les plaignants à se désister de leurs plaintes". "Cela n'aurait d'ailleurs eu aucune efficacité juridique dès lors que c’est le procureur de la République et le juge d’instruction qui décideront seuls des suites à donner à la procédure pénale", ajoute-t-il. "Korian se tient, depuis plus de 6 ans, à l’entière disposition de la justice afin que les investigations puissent progresser", souligne aussi le groupe. Il précise par ailleurs que "l'établissement de la Chêneraie avait été racheté par Korian le 1er mars 2019, soit moins de cinq semaines avant que ce drame survienne".
Le lien de l'article :
https://www.franceinfo.fr/faits-divers/morts-a-l-ephad-de-lherm/six-ans-apres-la-mort-de-cinq-residents-de-l-ehpad-du-lherm-pres-de-toulouse-les-familles-toujours-dans-l-attente-d-un-proces_7630490.html
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