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Stop à la maltraitance et aux négligences en EHPAD !

Petition : Stop à la maltraitance et aux négligences en EHPAD ! Petition update
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REMOISSENET
11/11/2025

TÉMOIGNAGES. "Ma mère perd en autonomie et en respect d'elle-même", selon la fille d'une pensionnaire de l'Ehpad Magnin

Y a-t-il des dérives à la résidence Magnin ? Cet établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) a ouvert début 2024 à Nouméa. Un ancien pensionnaire et des proches de résidents témoignent de dysfonctionnements.

"Maman me dit : quand je sonne, il n'y a jamais personne qui me répond. Il n'y a jamais personne qui vient", désespère Dominique Dalbourg. Cette juriste a réussi à convaincre sa mère de 96 ans de s'installer en Ehpad en mars 2024, après une chute à son domicile. Elle choisit alors la résidence Magnin, qui vient d'ouvrir tout près de chez elle.

Tous les jours ou presque, elle lui rend visite au moment du dîner, vers 18 heures. "C'est un peu dispatché, on ne rencontre pas grand monde. À l'étage où vit maman, au rez-de-chaussée, il y a un secteur ouvert et un secteur fermé. Ça a des inconvénients quand le personnel est en nombre limité."

Le personnel, c'est un point qui a bien été abordé par Dominique Dalbourg au moment du choix. "On m'a assuré qu'il n'y aurait pas de problème, qu'il y avait des quotas. Mais quand on cherche quelqu'un, il faut hurler. Il faut marcher, c'est long, c'est insupportable. Et il y a un turnover important."

Système d'alerte défectueux

Au poignet, les résidents portent un bracelet d'alerte qui leur permet de signaler un besoin. "C'est un système qui n'a pas fonctionné depuis le début. Alors on lui donnait des bracelets avec des numéros différents de celui de sa chambre, avec le risque que ça comporte. Son bracelet n'a été remplacé qu’en août 2025."

Axel*, fils d'une autre pensionnaire, confirme. "Maman a appelé de nombreuses fois, et il n'y a pas eu de réponse. On n'a jamais trop su si c'était un réel problème de fonctionnement du bracelet ou une incapacité à répondre, à cause du sous-effectif. Ils sont tous charmants, ils font du mieux qu'ils peuvent, mais il y a un manque de personnel, c'est très clair."

« Au vu du prix qu'on paye, on pourrait s'attendre à des prestations offrant un bien-être supplémentaire aux résidents. Là, il faut se contenter du strict nécessaire et, à mon sens, il n'est même pas assuré »

Axel, fils d'une pensionnaire de la résidence Magnin

"J'ai appelé dans le vide"

Lui a vécu cela de l'intérieur. Samuel* a passé quelques mois à la résidence Magnin en 2024. Le bracelet, à porter en permanence, devait lui permettre d'appeler quelqu'un pour "l'assister dans sa toilette, son habillement ou tout autre besoin".

Le degré de dépendance (GIR) entraîne un surcoût, selon un barème. "En échange, je devais bénéficier d'un service ad hoc. En réalité, il en fut tout autre. Durant la première semaine, j'ai sonné pour obtenir les services que j'étais en droit d'attendre, mais j'ai appelé dans le vide, personne n'est jamais venu."

Il relate des épisodes qui l'ont marqué. "Deux résidentes ont chuté dans leur chambre et ont dû attendre une éternité, parfois tout l'après-midi, avant de se faire secourir. Elles étaient tout au bout du couloir. À chaque fois, je prévenais le personnel soignant qui aussitôt se précipitait, se sentant coupable de ne pas être venu quand elles demandaient de l'aide."

« Deux résidentes ont chuté dans leur chambre et ont dû attendre une éternité, parfois tout l'après-midi, avant de se faire secourir »

Samuel, ancien résident de l'Ehpad"Je ne peux pas me couper en deux"

Un jour que Samuel se trouve sous la douche, le bip de l’aide-soignante sonne. "Elle me dit : "excusez-moi, on m'appelle, je reviens dans 30 secondes". J'ai attendu au moins trois quarts d’heure tout savonné."

Une auxiliaire de vie (AVS) confirme : "parfois, je me retrouve seule pour quatorze résidents parce qu'une collègue est volante entre les étages. Si je suis en douche avec quelqu'un, et qu'un autre sonne, je suis obligée de me déplacer pour aller le voir. Mais laisser la personne dans la douche, c'est un risque. Du coup, j'évite. Des fois, je me fais reprendre par rapport à ce choix là, mais je ne peux pas me couper en deux."

« Parfois, je me retrouve seule pour quatorze résidents parce qu'une collègue est volante entre les étages. Je ne peux pas me couper en deux »

Une auxiliaire de vie employée à la résidence Magnin

"Moi-même, je ne comprends pas le système des bracelets parce que des fois, ça ne marche pas, ajoute-t-elle. Parfois ils appellent, et on ne les reçoit pas sur notre deck. Je ne sais pas si c'est un souci de réseau… On ne nous l'explique pas."

Cette professionnelle avoue qu'il y a "beaucoup de fatigue. Quand j'arrive au troisième jour de travail, je suis out. On s'épuise physiquement, mentalement et psychologiquement. On ne peut pas dire qu'on est en sous-effectif. Normalement, on est quatre pour 28 résidents [sur un étage, ndlr]."

« On a beaucoup d'absences, surtout en début de semaine. On essaye de trouver des remplaçants »

Une auxiliaire de vie de la résidence Magnin

Hervé De Gaillande, fils d'un pensionnaire de 92 ans, salue l'implication des salariés. "Ils travaillent dans des conditions difficiles, avec des personnes qui, des fois, ont l'insulte facile. Dans certaines unités, les gens ont beaucoup de problèmes psychologiques. Même s'ils sont armés pour ce type de malades, ça n'est pas évident de se faire envoyer balader matin, midi et soir..."

100% des effectifs en octobre 2025

Selon Jean-Baptiste Friat, le directeur de la DPASS, la direction provinciale de l'action sanitaire et sociale, "les Ehpad ont rencontré d'importantes difficultés en 2024, notamment en matière de continuité des soins et de stabilité du personnel paramédical et médical, dont la disponibilité a été fortement réduite. Une nouvelle directiona permis de rétablir progressivement un fonctionnement stabilisé. La résidence Magnin arrive à 100% des effectifs depuis le mois dernier."

"Il y a une période où on sentait qu'ils étaient en sous-effectif, pendant plusieurs mois, affirme Hervé De Gaillande. Il y a un moment où mon père est tombé malade, et il a fallu que je secoue un peu tout le monde pour qu'on s'occupe de lui, parce qu'ils étaient débordés. Mais je trouve que depuis deux mois, il y a une nette amélioration."

Pour Dominique Dalbourg, jusqu'ici, "il n'y a pas de coordination. Je pense qu'il y a des gens très bien,  impliqués, qui sont responsables et veulent que les choses fonctionnent bien. Il y en a d'autres, sans doute un peu moins. Mais je pense que ça manque de personnel."

"Ma mère perd en autonomie et en respect d'elle-même"

Un manque qui se ressent quand il s'agit d'accompagner les plus dépendants dans les gestes de tous les jours. "Quand ma mère est arrivée, elle était continente. Qu'on lui mette des protections, d'accord, mais quand elle sonne pour aller aux toilettes, il faut y aller. Sauf qu'elle s'est entendu dire : vous avez une protection, c'est fait pour ça. Ce qui fait que, de réflexion en réflexion de ce type, ma mère ne sollicite plus personne."

"À chaque fois qu'elle est mobilisée, elle garde la marche. On ne va pas attendre que le kiné la mobilise. Je sais qu'elle n'utilise plus les toilettes puisque, normalement, il y a un réhausseur. Et il n'y est plus depuis des mois. Alors, je sais que c'est la facilité. Mais la facilité des uns est un inconvénient pour ma mère. Elle perd en autonomie et en respect d'elle-même aussi. Et ça, c'est insupportable."

« J'ai placé ma mère en Ehpad pour être sereine et pour qu'elle soit entourée de gens compétents, pas pour trembler et ne pas avoir confiance »

Dominique Dalbourg, fille d'une pensionnaire de la résidence Magnin

"Il y a eu des soucis au niveau kiné aussi, relate Hervé De Gaillande. Il est prévu qu'ils soient salariés, et pas patentés. Mais comme ils n'arrivaient pas à recruter de kinés, ils ont été obligés de mettre en place des conventions [avec des libéraux]. Et du coup, ça se passe bien mieux."

Disparition de biens personnels

Dominique Delbourg se souvient d'un jour, une seule fois, où sa mère sentait l'urine. "De manière épouvantable. À un mètre, elle sentait l'urine. Avec une soignante, on l'a lavée et changée. C'est là que je me suis rendu compte qu'il ne lui restait que trois robes sur les huit qu'elle avait à son arrivée. Il manquait aussi un foulard, des tuperwares, des bandeaux pour les cheveux..."

C'est ce jour-là qu'elle a décidé de s'occuper de ses vêtements. "Tous les jours, je prends son linge, je le nettoie et lui rends. J'ai racheté des robes, et j'ai envoyé les factures à la direction parce que ça commence à bien faire. On paye quand même 440 000 francs par mois."

Valeur sentimentale

Samuel raconte : "ma fille a dû me réapprovisionner à trois reprises en linge", en trois mois. Axel vit la même déconvenue. "Ce que je déplore, et c'est vraiment le point numéro un, c'est la disparition du linge. C'est régulier. J'en suis arrivé à un stade où j'ai écrit un courrier à la direction en disant je ne remplacerai plus le linge : quand il n'y en aura plus, à vous de trouver une solution. On ne peut pas constamment remplacer des vêtements."

"Il y a des objets auxquels elle tenait, qui lui restaient de mon père, des choses qui n'ont pas franchement de valeur financière, mais une certaine valeur sentimentale, qui ont disparu. On m'a dit d'écrire le nom sur tous les vêtements, je l'ai fait. Mais on arrive au même résultat. C'est un phénomène qu'on a connu dans l'Ehpad précédent. Est-ce qu'il faut assimiler ça à du vol ? Je ne sais pas."

« C'est dommage de faire ce constat, de démunir des personnes âgées, en fin de vie, des dernières choses qui leur restent. Des choses, parfois, pour lesquelles elles ont une attache sentimentale importante »

Axel, fils d'une pensionnaire de la résidence Magnin Aliments "insipides, presque immangeables"

L'autre souci majeur, ce sont les repas. En 2024, Samuel disait des aliments proposés qu'ils étaient "insipides, presque immangeables". Il "attendait pourtant beaucoup ce moment, notre seul plaisir."

"Souvent, je demande qu'on nettoie la table, parce qu'il y a encore des traces du repas précédent, rapporte Axel. Les employés interviennent alors très vite, mais on a l'impression qu'ils n'ont pas le temps. Il faut vite passer d'un réfectoire à l'autre, il y en a deux par étage. Et il y a eu un gros problème avec la nourriture au départ. Je trouve que cela s'est bien amélioré, mais c'est à l'appréciation de chacun."

"Prestation globalement insuffisante"

"La qualité des repas a été abordée avec les familles il y a plusieurs mois et ce sujet a été réglé, pour la directrice de la résidence Magnin, Karine Papaya. Les menus ont été revus, et notre responsable hôtelier est présent, avec un engagement à rencontrer les familles une fois par mois."

Dominique Dalbourg continue d'agrémenter les petits-déjeuners et les dîners de sa mère. "Le matin, ils n'ont plus que le café à fournir, je m'occupe du reste. Je lui prépare des plats, parce que cela doit rester un plaisir, de manger : le seul qui leur reste. Si une légère amélioration des repas est perceptible, la qualité des prestations reste globalement insuffisante."

« S'il faut que je sois la cuisinière, la blanchisseuse, le docteur et puis la râleuse, je m'épuise. La blanchisseuse, c'est fait. La cuisinière, aussi. Pas tous les jours, mais je compense largement. Et le docteur... Il va falloir que je reprenne mes études »

Dominique Dalbourg, fille d'une pensionnaire de la résidence Magnin

Respect et sécurité

"J’ai assisté au coucher de ma mère un soir, partage Dominique Dalbourg. L'aide soignante ou l'auxiliaire de vie l'a mise au lit avec la robe qu'elle portait depuis le matin, et sans même vérifier l'état de sa protection. Elle s'est couchée comme ça, sans brossage de dents. Ces pratiques sont inqualifiables et extrêmement graves. Il faut que ce dernier parcours soit le plus agréable et le plus respectueux possible."

« On touche à des personnes, pas à des choses. Ce sont des personnes vulnérables qui sont souvent dans le dernier parcours de vie »

Dominique Dalbourg

Samuel termine en relatant un souvenir prégnant. "J'ai été témoin d'une panne électrique qui a duré assez longtemps, et le groupe électrogène situé sur le parking n'avait pas pris le relai. À mon époque, la moitié des résidents étaient en fauteuil roulant. Comment les évacuer en cas de sinistre, comme un incendie dans ce bâtiment de trois étages, s'il n'y a plus d'électricité ?"

"Les enjeux de sécurité, d'énergie et d'encadrement sont non seulement dans le respect de la loi, mais surtout parmi les meilleurs du territoire", assure la directrice de la structure.

"Aucune irrégularité"

"Le suivi et le contrôle des Ehpad relèvent de notre service d'accompagnement des organisations médico-sociales, explique Jean-Baptiste Friat de la DPASS. Il rapporte que plusieurs réclamations des familles sont parvenues à ses services depuis son ouverture : qualité des repas, disparition d'effets personnels ou de linge, difficultés de communication avec l'équipe, interrogations sur l'accompagnement à la marche, la stimulation des résidents, voire leur hygiène. Chaque réclamation fait systématiquement l'objet d'un examen interne au sein d'une commission."

« À ce jour, aucun élément ne laisse supposer des dysfonctionnements graves ou susceptibles de mettre en danger la santé ou la sécurité des résidents »

Jean-Baptiste Friat, directeur de la DPASS

"La DPASS a été saisie, et l'enquête n'a révélé
aucune irrégularité dans la qualité et le professionnalisme de notre établissement. Aucune inspection, aucun fait ne vient justifier ces témoignages
", conclut Karine Papaya, la directrice de la résidence Magnin.

*Les prénoms ont été modifiés

Le lien de l'article ;

https://la1ere.franceinfo.fr/nouvellecaledonie/province-sud/noumea/temoignages-ma-mere-perd-en-autonomie-et-en-respect-d-elle-meme-selon-la-fille-d-une-pensionnaire-de-l-ehpad-magnin-1641169.html
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Laurence gabrielle - 21:58:33
le mystère est que le personnel n'est pas qualifiés ! par ce qu'il coute trop cher ! alors on prend les sans emplois et que l'on nous ment !!ma main au feu!
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— 1 reply from the author
Severine - 01:57:07
Le personnel est en turn over certain , et pas tous qualifiés , voir pas du tout a leur place dans ce type d'établissement et pourtant le montant a régler est largement élevé dans le public , ce n'est pas rose partout hélas, mais ce n'est pas noir non plus partout , mais il est vital pour les résidents d'être bien traité , la direction , l'ARS , le conseil général se doivent d'apporter tous les moyens extrêmement indispensables pour le bien être de nos ainés , soins , conditions de vie et du personnel en conséquence au lieu de financer les actionnaires , argent qui doit rester pour la condition de vie primordiale des résidents
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— 1 reply from the author
Claude - 08:02:15
Certaines tutrices comme chez Eliance à Vannes et Quimper défend les Ehpad (Briec dans le Finistère ...) qui maltraitent et donc vont contre les intérêts de ces personnes vulnérables
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— 1 reply from the author
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