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Pétition - Enfants

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Pétition : Pour une revalorisation de notre métier d'EJE au sein de l'Education Nationale - Pour un accompagnement de nos enfants plus adapté à leur développement et dans le respect de leur individualité

Pour une revalorisation de notre métier d'EJE au sein de l'Education Nationale - Pour un accompagnement de nos enfants plus adapté à leur développement et dans le respect de leur individualité

Auteur : Lalanne Camille - étudiante EJE

Créé le 27/08/2017  

Mise à jour

À l'attention : de Monsieur Macron (Président de la République), Jean-Michel Blanquer (Ministre de l'Education)

À vous, M. Macron, ainsi qu'à votre épouse,


Voilà qu'en ce soir d'hiver, je prend mon courage à deux mains, retrousse mes manches et me lance dans cet écrit que je vous destine.
J'ai 24 ans, une famille aimante, des amis précieux et toute la vie devant moi pour accomplir tous les rêves que j'ai en tête. Et croyez moi, ils sont nombreux! 

Seulement, aujourd'hui, je ne me sens pas à ma place là où je suis. Je suis actuellement à Nantes, en école d'éducateurs de jeunes enfants. J'ai tout donné pour entrer dans cette formation, et maintenant, lorsque je vous écris, je ne suis même plus sure d'être au bon endroit.

Après avoir réussi un baccalauréat ST2S, je me suis lancée dans une année de fac de psychologie à Toulouse. L'ambiance individualiste des facultés ne correspond pas à ma personnalité, j'ai besoin de personnes aidantes et solidaires pour avancer. Marche ou crève, j'ai testé, ce n'est pas pour moi. 
Je me résigne donc à abandonner cette voie. 

Ne tenant pas en place, je me suis lancée dans la rédaction de lettres de motivation, de CV, que j'ai ensuite envoyé aux structures d'accueils petite enfance des alentours (crèches) ainsi qu'à certaines écoles maternelles. Finalement, au pire des cas, cette démarche ne m'aurait coûté que le prix de quelques timbres. Ce n'est rien à côté de l'expérience extraordinaire que j'ai pu vivre suite à ces courriers.

J'ai été embauchée en tant qu'ASEM dans une école maternelle privée. Moi qui pensais n'être que de passage dans cet établissement; j'y suis finalement restée 4 années, jusqu'au mois de juillet 2016. C'est une aventure humaine indescriptible que j'ai vécu. Se lever le matin avec le sourire pour aller bosser, et ne pas vouloir le quitter le soir; la voilà la combinaison du bonheur. Une ambiance où l'on se sent bien, considérée, et où l'on pourrait passer le reste de notre vie.

J'ai côtoyé des professeurs des écoles pendant 4 années et j'ai adoré. Observer l'évolution des enfants, nos efforts et l'énergie que l'on peut mettre pour qu'ils réussissent. Les voir grandir, s'épanouir, et venir à l'école avec de grands sourires. La soif d'apprendre, de jouer, de se chamailler, de s'aimer, voilà la vie d'un enfant. C'est avec le coeur lourd que je vous écris cette lettre, j'ai gardé de nombreux contacts avec mes anciennes collègues, je rends visite à l'école dès que je le peux et les parents d'élèves prennent très régulièrement de mes nouvelles.
N'est-ce pas beau un lien si fort ? 

La vérité, c'est que j'ai toujours rêvé d'être "maîtresse", rêve de petite fille, que j'ai abandonné quand j'ai vu la formation qu'il me fallait pour pouvoir l'exercer. Manque de courage de ma part ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, je ne suis pas en joie comme j'ai pu l'être auparavant.

Le parcours de formation pour devenir professeur des écoles est incroyable... une licence dans n'importe quelle matière (sans jamais voir à quoi ressemble un enfant), ce n'est qu'en master que l'on se retrouve propulsé face à une classe en tant que professeur stagiaire. Et voilà que 25 petits minois nous regarde et attendent de nous que l'on fasse de leurs années d'école les plus belles et les plus attrayantes.

Et la connaissance du développement de l'enfant?
De ses affects?
On en fait quoi? Les professeurs des écoles n'en ont pas besoin? Pourquoi n'y a t'il pas un enseignement spécifique, une formation qui ne nous parlerait que de l'enfant, de ses émotions, de son développement, les différentes pédagogies...

Souvent, on entend des parents dire: "c'est un mauvais professeur, il n'y connait rien!"... On ne crache pas sur l'éducation nationale, mais pourtant, n'y a t'il pas une vérité cachée derrière ces paroles? Ce n'est pas qu'il n'y connait rien, c'est qu'on ne lui a jamais appris. Il a passé des nuits blanches à essayer de construire des cours, à recourir à des méthodes d'apprentissages mais finalement, connaît-il le public qu'il aura en face de lui le concours en poche? 

Pour réussir cette formation, il faut être scolaire, tous les autres n'ont qu'à faire une croix sur cette voie là. Je connais une personne qui illustre bien mes propos: un jeune homme brillant, qui s'inscrit en faculté de mathématiques, il excelle dans cette matière, valide ses partiels et une fois son master en poche se demande bien ce qu'il pourrait faire avec ce diplôme. Pourquoi pas dans l'enseignement? Il tente le concours et le réussit du premier coup. Un poste d'enseignant dans sa région, il se rend compte au bout de quelques mois qu'il n'aime pas ce qu'il fait et abandonne. 

À côté de ces personnes là, vous avez des passionnés comme moi, qui attendent du système français, une reconsidération de l'enfant, de son individualité. 

Aujourd'hui, je suis en formation d'éducateur de jeunes enfants, et je ne trouve pas ma place. Pourtant, au terme de nos 3 années, nous serons des spécialistes de la petite enfance (0-7 ans). Nous avons plusieurs stages sur le terrain, et nous sommes bien souvent en EAJE (Etablissement d'Accueil du Jeune Enfant) avec des enfants de 10 semaines à 3 ans environ, âge préscolaire.

Je me rend compte que je ne m'épanouis pas autant que dans mes expériences précédentes. Je passe des soirées entières à me poser des questions, à me détester de n'avoir pas tenté une profession qui me fait rêver depuis des années.

Je me surprend à pleurer, à mettre de côté des projets qui ont fleuri dans ma tête au fil des 4 années passées à l'école maternelle. Ce n'est pas la vie dont j'ai rêvé. Je me suis toujours donnée les moyens de réussir tout ce que j'entreprend, mais pas de cette manière. Je ne veux pas devenir professeur des écoles en restant ignorante du public que j'accompagnerai.

Apprendre aux enfants des choses dont ils n'auront aucune utilité plus tard. N'est-il pas nécessaire de leur apprendre la vie? Je veux dire la vraie vie, celle de tous les jours! Personne ne sait mieux que l'enfant lui-même ce qui est bon pour lui. Il n'est pas vide de connaissances, il nécessite seulement d'un accompagnement pour exploiter les belles choses qu'il a en lui. Des personnes qui lui font confiance et qui le considère comme un être à part entière.

Permettez moi de vous dire que la seule chose qui me fait me lever le matin au cours de cette formation, ce sont les sourires des enfants qui m'attendent à la crèche.

Aujourd'hui, j'ai quitté ma région natale (Occitanie) pour entrer dans cette formation pour laquelle je me suis tant donnée. Je me rappelle sans arrêt que si j'ai réussi à obtenir ce concours d'entrée, ce n'est pas par hasard. Et pourtant... Je suis persuadée d'avoir fait fausse route.

Mais je continuerai dans cette voie. Je serrerai les dents à chaque écrit que je devrai rendre. À chaque nuit blanche quand les questions encombrent ma tête. Je ne tiens pas à décevoir mes proches qui croient si fort en moi et me répète sans arrêt: "tu es faites pour ça!".

Mais aujourd'hui Monsieur, Madame, je ne suis plus moi, et je ne suis malheureusement pas la seule dans cette situation. Finalement, cette lettre peut paraitre ridicule, mais elle est le récit de ma vie. 

J'espère, au moins, que cette lettre arrivera jusque dans vos mains, car elle vous est adressée à vous, et non à un/une secrétaire. Au pire des cas, cela ne m'aura coûté que le prix d'un timbre, et si l'issue se révèle aussi positive que mon embauche dans l'école maternelle, je ne le regretterai pas. 
Il est 23h, l'heure d'aller me reposer, la tête pleine de questions sans réponses. Demain matin, 20 enfants viendront à moi, le visage illuminé d'un large sourire, et c'est à ce moment là que je me dirai, comme tous les jours, que ce sont eux que je veux accompagner tout le long de ma vie.


Je concluerai par cette phrase que je trouve si belle et si juste à la fois:
« L’enfant n’est pas un vase que l’on remplit, mais une source que l’on laisse jaillir. ». 
Maria Montessori


Veuillez agréer mes sincères salutations,


Camille Lalanne, une étudiante déçue et inaccomplie"


Peut être qu'un jour les enfants bénéficieront d'un environnement propice à leur développement et qu'ils pourront grandir sereinement dans le respect et la compréhension de leurs émotions.

OUI à une formation adaptée pour les instituteurs : accompagner nos enfants pour leur permettre de grandir sereinement et dans l'écoute, des connaissances sur leur développement, la compréhension de leurs émotions, tout ce qui pourrait créer un environnement respectueux et qui prendrait en compte l'individualité de chacun !
Ils sont tous différents, prenons en compte, et arrêtons de les comparer! Ils ne s'en porteront que mieux !