UNE VICTOIRE COLLECTIVE POUR LES VICTIMES, UNE ÉTAPE POUR LA JUSTICE ET LA DIGNITÉ
Nous prenons acte aujourd’hui de la démission de Jean-Marc Morandini de CNews, chaîne du groupe Canal+.
Cette décision marque une victoire.
Une victoire de plus pour la protection des enfants obtenue par la mobilisation, par la ténacité, par la solidarité, par la force collective de celles et ceux qui ont refusé le silence, le déni et l’impunité.
UNE VICTOIRE, MAIS APRÈS UN LONG COMBAT
Cette victoire n’a pas été immédiate.
Elle n’a pas été évidente.
Elle a été laborieuse.
Pendant des années, les victimes ont dû affronter :
• le doute,
• la minimisation,
• l’indifférence,
• et parfois même le mépris.
Elles ont dû faire face à la toute-puissance médiatique de leur agresseur, à sa visibilité permanente, à son maintien à l’antenne malgré les alertes et les condamnations.
Pour beaucoup, cette situation a constitué une forme de victimisation supplémentaire.
Voir son agresseur continuer à occuper l’espace public, être invité, valorisé, normalisé, est une violence en soi.
UNE SOUFFRANCE QUI N’A PAS ÉTÉ ASSEZ ENTENDUE
Pendant trop longtemps, la parole des victimes est restée secondaire face aux enjeux d’audience et de pouvoir.
Leur souffrance a été relativisée.
Leur courage a été sous-estimé.
Leur combat a été ralenti.
Ce temps perdu est un temps de douleur.
Il doit nous interroger collectivement.
UNE VICTOIRE COLLECTIVE
Si ce départ est aujourd’hui possible, c’est grâce à :
• la parole des victimes,
• le courage des témoins,
• l’engagement des associations,
• la mobilisation citoyenne,
• la pression médiatique,
• et le soutien de nombreuses personnes qui ont su se positionner clairement.
Cette victoire n’appartient à personne en particulier.
Elle est collective.
Elle appartient à toutes celles et ceux qui ont refusé de détourner le regard.
UNE ÉTAPE, PAS UN ABOUTISSEMENT
Cette décision est une avancée importante.
Mais elle ne suffit pas.
Elle ne répare pas les traumatismes.
Elle n’efface pas les années de silence.
Elle ne remplace pas la justice.
Elle doit être le point de départ d’une réflexion plus large sur :
• la responsabilité des médias,
• la protection des victimes,
• la lutte contre l’impunité,
• et l’imprescriptibilité des violences sexuelles sur les enfants.
POUR L’AVENIR : PLUS JAMAIS ÇA
Nous voulons une société où :
• les victimes sont crues,
• les agresseurs ne sont pas protégés,
• les institutions assument leurs responsabilités,
• et où la dignité passe avant l’audience.
Cette victoire montre que le rapport de force peut changer.
Que le silence peut être brisé.
Que la mobilisation paie.
UN MESSAGE AUX VICTIMES
À toutes celles et ceux qui ont subi, douté, souffert, résisté :
Vous n’êtes pas seuls.
Votre parole compte.
Votre combat est légitime.
Votre courage change les choses.
Cette victoire est aussi la vôtre.
UNE RESPONSABILITÉ ÉDITORIALE QUI INTERROGE
Cette affaire interroge profondément les choix éditoriaux et managériaux de CNews.
Il est en effet établi que le directeur de l’information de la chaîne, Thomas Bauder, a été condamné par la justice pour des faits de violences sur ses enfants (condamnation assortie d’un sursis, décision frappée d’appel).
Ce fait, public et documenté, pose une question essentielle :
comment une chaîne peut-elle prétendre traiter sérieusement des enjeux de violences, de protection de l’enfance et de responsabilité, lorsque sa propre gouvernance est marquée par de tels antécédents ?
Il ne s’agit pas ici d’une attaque personnelle, mais d’un problème systémique de crédibilité, d’exemplarité et de responsabilité.
Signez notre nouvelle pétition : THOMAS BAUDER, CONDAMNÉ POUR VIOLENCES SUR SES TROIS ENFANTS, DOIT QUITTER LA DIRECCTION DE L'INFORMATION DE CNEWS
https://www.mesopinions.com/petition/medias/thomas-bauder-condamne-violences-trois-enfants/276705
En maintenant à l’antenne l’animateur Jean-Marc Morandini, CNEWS envoie un signal désastreux aux victimes.
LE GROUPE CANAL+ choisit de ne pas mettre tout en œuvre pour éradiquer les violences sexuelles au sein de son entreprise.
À l’heure où la parole se libère, CNEWS refuse de l’entendre.
CNEWS ne prend pas au sérieux la lutte contre la pédocriminalité et, de manière plus générale, contre les violences sexuelles.
En soutien aux victimes et à la lutte contre la pédocriminalité, aux côtés de Be Brave France, nous signataires, demandons à CNEWS ET AU GROUPE CANAL+ de ne plus programmer Jean-Marc Morandini et de ne plus diffuser ses productions télévisées.
LES FAITS
Le 5 décembre 2022, l’animateur de la chaîne CNEWS et producteur Jean-Marc Morandini a été condamné pour corruption de mineurs commis sur trois adolescents entre 2009 et 2016, à une peine d’un an de prison avec sursis assortie d’une obligation de soin de deux ans et son inscription au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).
Il a fait appel de cette décision.
Le mardi 13 juin 2023 s’ouvrait un nouveau procès visant Jean-Marc Morandini pour harcèlement sexuel d’un comédien majeur et par ailleurs, travail dissimulé.
Il aurait encouragé des comédiens à s'exhiber nus devant la caméra et à lui envoyer des photos et vidéos en plein acte sexuel, à l’occasion du tournage de la web-série intitulée Les Faucons en 2015, dont Jean-Marc Morandini était le producteur.
Sources :
Précisions :
Mouv'Enfants tient à rappeler que :
Mouv'Enfants utilise les termes de “pédocriminalité” et de “cyberpédocriminalité” qui permettent de mettre la lumière sur le fait que les actes sexuels commis sur des enfants sont des viols et donc des crimes au regard du Code pénal. Un adulte n’a pas de relation sexuelle avec un enfant, un adulte viole un enfant.
Nous refusons d'utiliser “pédophile” ou “pédopornographie” qui contribue à la culture du viol. Nous sommes défavorables à la notion “d’abus sexuels” qui minimisent ce qui est un délit (agression sexuelle) voire un crime (viol).