Monsieur le Recteur de l'Académie de Metz-Nancy,
En tant que parents d'élèves, nous vous adressons collectivement ce courrier pour exprimer notre vive opposition au projet de
suppression d'un poste d'enseignant à l'école du Petit Prince à la Hoube pour la rentrée prochaine.
Cette décision, si elle était maintenue, placerait notre école et nos enfants dans une
impasse pédagogique et organisationnelle inacceptable :
1. Le Danger des classes à
"triple niveau" surchargées. La fermeture porterait le nombre de postes à 2 seulement pour une effectif total de 47 élèves (39 élèves du CP au CM2, auxquels s'ajoutent 8 élèves de Grande Section). Le passage de 3 à 2 classes imposera mécaniquement la création de classes à triple niveau (GS-CP-CE1 d'un côté et CE2-CM1-CM2 de l'autre) avec des effectifs avoisinant les 24 ou 25 élèves.
Pédagogiquement, réunir dans une même pièce
des enfants de maternelle (GS) qui nécessitent des ateliers d'éveil spécifiques, avec
des élèves de CP en plein apprentissage de la lecture, sans compter
les CE1 qui doivent développer la fluidité de la lecture. Le temps d'attention et d'accompagnement accordé par les deux enseignants restants à chaque groupe s'en trouvera dramatiquement réduit, sacrifiant la réussite scolaire sur l'autel de la rentabilité comptable.
2. Une organisation de survie déjà saturée. Le transfert d'une partie des élèves de la Grande Section à la Hoube est une décision "de survie" que nous avons du prendre pour ne pas faire exploser l'unique classe maternelle de Haselbourg où 28 élèves sont prévus (6 PS, 6 MS et 16 GS).
En supprimant une classe à la Hoube, vous saturez le seul point de chute possible pour ces élèves. Vous nous condamnez à une double peine :
Pour les GS :
un éclatement de leur tranche d'âge et une intégration précoce dans une classe primaire multi-niveaux où ils n'auront pas l'espace ni l'attention nécessaires.
Pour les primaires du CP au CM2 :
une dégradaton brutale de leurs conditions d'apprentissage face à des enseignants contraints de jongler entre 3 programmes totalement différents.
3. La fragilisation d'un territoire rural. Notre regroupement sur 3 villages est une force, mais il impose des contraintes géographiques et de transports lourdes. La Hoube nécessite le maintien d'un service public d'éducation de proximité et de qualité. Les expériences passées dans des secteurs ruraux similaires montrent des conséquences désastreuses après de telles fermetures: la baisse du niveau scolaire dans les classes à triple niveau surchargées est une réalité documentée. A moyen terme,
la fragilisation de l'école décourage les jeunes familles de s'installer, menaçant la survie de nos communes, l'attractivité de nos commerces et services de proximité ainsi que le tissu associatif.
Nous refusons que nos enfants deviennent les variables d'ajustement de la carte scolaire. Nous vous demandons donc de
maintenir la 3ème classe à l'école de la Hoube afin de garantir un taux d'encadrement décent, indispensable à la réussite de tous nos élèves.
La ruralité ne doit pas être le parent pauvre de l'Education Nationale et ne doit surtout pas être sacrifiée. Car sacrifier les écoles des villages, c'est sacrifier nos enfants comme dans 92 classes pour la rentrée 2026 en Moselle.
Les représentants des parents d'élèves, les parents, les grands-parents et tous les habitants des communes de Dabo et Haselbourg soucieux de l'avenir de leurs enfants sont appelés à se mobiliser, à signer et à partager la pétition pour annuler la fermeture de classe de l'école du Petit Prince à la Hoube et ainsi assurer une meilleure scolarité à nos enfants.
Merci pour votre soutien et votre implication, merci pour nos enfants.