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Non à l'augmentation des frais d'inscription des étudiants étrangers

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Pétition : Non à l'augmentation des frais d'inscription des étudiants étrangers
Par Association Ad'hoc des doctorants et docteurs en droit

Pétition adressée à Doctorants et docteurs en droit

Augmentation des frais d’inscription ?
Français ou étrangers, dans tous les cas c’est NON ! 


 Le gouvernement a annoncé le 19 novembre l’augmentation à compter de la rentrée 2019 des frais d’inscription à l’Université pour les étudiants étrangers « extra-communautaires ».


Les frais d’inscription en Licence passent ainsi de 170 à 2770 euros. Ceux en Master (aujourd’hui de 243 euros) et en Doctorat (aujourd’hui de 380 euros) s’élèveront à 3770 euros.


 Au-delà de la démesure de cette annonce, elle traduit sans nul doute deux ruptures avec les principes fondateurs et fondamentaux de notre Université entendue au sens du service public de l’enseignement supérieur.


La première rupture consiste en l’organisation nouvelle d’un tri des étudiants sur le critère de la nationalité. Lieux de savoir ouverts au monde, les amphithéâtres devront désormais fermer leurs portes aux étudiants étrangers.


Comment le dire autrement ? Comment expliquer autrement aux étudiants étrangers que de leur dire que notre gouvernement affiche clairement le choix de la discrimination ? Que leur désir d’apprendre, de s’enrichir, de nous enrichir et de partager les cultures ne sont qu’illusions qui se brisent à l’agitation de leur malheureux état civil ?


Est-ce vraiment à eux de supporter le poids des dysfonctionnements de l’Université ? À moins que l’attractivité ne soit le trompe-l’œil du choix de l’exclusion ?


Il est évident que la méthode de l’augmentation des frais entraînerait le résultat exactement inverse d’une attractivité en dépeuplant nos centres de recherches, nos amphis et nos salles de cours de ces étudiants qui participent pleinement au dynamisme et à la richesse de notre communauté.


 


La seconde rupture concerne le financement de l’Université. Par cette annonce le gouvernement sacrifie à une logique financière déterminée. Le montant des frais d’inscription dépendront totalement du coût évalué (ou « sur évalué » d’ailleurs) de la formation de chaque étudiant. Cette logique comptable consacre le choix politique de l’endettement de tous les étudiants. Les étudiants étrangers d’abord, qui ne seront pas dupes de l’augmentation insignifiante des bourses prévue par le gouvernement (15 000 bourses annoncées pour environ 324 000 étudiants étrangers concernés : le compte n’y est pas !). Les autres étudiants, ensuite, qui devront assurer le paiement de leurs droits d’inscription à hauteur d’une augmentation vertigineuse de près de 1000 %.


 


Face à ces préoccupations majeures plusieurs universités ont courageusement pris positon contre ces funestes orientations (Université Paris I, Université de Poitiers). D’autres souhaitent ouvrir le débat sur les frais d’inscription et notamment réclamer une autonomie dans la détermination du « prix » d’entrée.


Dans ce sillage, le Président de l’Université de Bordeaux a annoncé un débat avant les congés sur ce sujet. Au-delà de l’extrême rapidité du délai, nous tenons à afficher notre refus catégorique de ces deux ruptures.

Dans le contexte actuel de grande précarité des conditions d’études qui concernent l’ensemble des étudiants, de la licence au doctorat, nous refusons catégoriquement l’augmentation des frais d’inscription. Nous, c’est-à-dire notre communauté de doctorants et jeunes chercheurs, refusons également de nous désolidariser de nos camarades étrangers et nous refusons de nous distinguer à partir du critère de l’origine ou de la nationalité.


 


Nous attendons d’abord et avant tout de ce débat avec la présidence de l’Université un consensus autour des ces positions : le refus de la différence de traitement entre les étudiants et le refus de l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants. 


Les seules réflexions possibles sur la politique d’accueil des étudiants étrangers ne pourraient alors concernés que l’amélioration véritable de l’accueil de ces étudiants (bourses, aide administrative pour les liens avec les préfecture, aide au logement, mise en place de politique d’égalité pour l’accès à des conditions favorables d’études…).



A l’heure où le Conseil constitutionnel reconnaît la valeur constitutionnelle du principe de fraternité, il est de notre devoir de citoyens de le faire vivre.


Nous invitons donc l’ensemble des doctorants en droit de l’Université de Bordeaux à signer cette déclaration de principe.


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