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Pétition

Si je devais signer une seule lettre contre le racisme, ce pourrait être celle-ci.

Si je devais signer une seule lettre contre le racisme, ce pourrait être celle-ci. Pétition
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Auteur :
Auteur(s) :
Sifiane El Asad
Destinataire(s) :
Aux gens qui réfléchissent
La pétition

« Si je devais signer une seule lettre contre le racisme, ce pourrait être celle-ci. »


Ce texte ne cherche ni l’unanimité ni l’indignation immédiate. Il pose une question simple et inconfortable : comment lutter contre le racisme sans nourrir la polarisation, la hiérarchisation des souffrances et la brutalisation du langage ?


« Le racisme et la discrimination raciale créent des systèmes d’oppression fondés sur la croyance en une hiérarchie entre de supposées races humaines. Conséquences tenaces du colonialisme et de l’esclavage, ils entraînent des attitudes discriminatoires, des stéréotypes et des violences à l’encontre de groupes ethniques ou religieux tels que les personnes roms, musulmanes, noires, asiatiques, juives ou migrantes. » (cfr. Amnesty International)


Nous vivons une époque où l’on réagit plus qu’on ne réfléchit, où l’indignation est plus présente que la compréhension.


Certains affirment que nous ne serions qu’au début d’un processus dangereux, qu’un sursaut moral suffirait à stopper, qu’il existerait encore un seuil à ne pas franchir. Or nous ne sommes pas au début : nous sommes déjà à terre. Nous sommes déjà dans le cercle vicieux. Désinhibition des propos racistes, polarisation des débats, violences verbales quotidiennes, assignations identitaires, micro-agressions ordinaires. Ce n’est pas une menace imminente, mais un climat solidement installé.


Cette illusion du seuil est précisément ce qui autorise les dérapages ordinaires. Tant qu’on se dit que « le pire » n’est pas encore là, on tolère ce qui devrait être intolérable. On laisse passer des paroles déplacées dans un débat télévisé. On fait des raccourcis dans un éditorial. On soupçonne en permanence dans les échanges quotidiens. On fragmente les luttes, on hiérarchise les souffrances, on réagit sujet par sujet sans voir la globalité.


Ce qui est en jeu aujourd’hui, ce n’est pas seulement tel ou tel racisme pris isolément, mais un régime général d’exclusion et de brutalisation du langage.


Réagir avec les tripes est humain. Gouverner avec les tripes est dangereux.


Nous fonctionnons désormais dans un régime de la réaction immédiate. Les images précèdent les faits, l’émotion précède la lecture, l’indignation tient lieu de pensée. On nous sollicite en permanence : il faut réagir vite, fort, publiquement. Une société qui confond réaction viscérale et responsabilité morale se condamne à la polarisation permanente.


Je t’insulte, tu m’insultes. Tu m’accuses, je me défends. Le cycle s’emballe.


Entre le ventre et la tête, il doit y avoir un temps de lecture, de mise à distance et de responsabilité. Ce temps-là, nous ne nous le donnons plus. Nous découpons la réalité événement par événement, comme si chaque fait imposait une prise de position immédiate et définitive.


Regardez comment nous parlons aujourd’hui d’un conflit géopolitique à l’autre bout du monde : en quelques heures, chacun doit « choisir son camp », afficher son drapeau, désigner des coupables sans connaître l’histoire, sans avoir lu les faits, sans mesurer la complexité. Celui qui hésite est suspect. Celui qui nuance est complice. La réflexion devient une trahison.


Critiquer et avoir le sens critique, ce n’est vraiment pas la même chose.


Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de plus d’images ni de réactions immédiates, mais d’un travail patient de lecture des faits et de mise en contexte.


Dans ce contexte, les médias, les responsables politiques et les figures publiques portent une responsabilité particulière. Non pas une obligation juridique, mais une obligation morale d’apaisement, de rigueur et de retenue. Les mots fabriquent du réel. Et le réel, aujourd'hui, est déjà suffisamment inflammable.


Brandir comme des armes des statistiques sorties de leur contexte, et transformer ces indicateurs en vérités absolues, participe à attiser le feu de la polarisation. Les organismes de plainte ne photographient pas la société dans son ensemble. Porter plainte est une démarche qui n’est ni anodine ni accessible à tous. Il faut connaître les dispositifs, et avoir les moyens de témoigner officiellement. Ils signalent des tensions, accompagnent des victimes, mais ne peuvent, à eux seuls, expliquer un climat. Confondre signalement et vérité sociale est donc simpliste.


Arrêtons de chercher l’unité morale parfaite. Acceptons de ne pas être d’accord. Nous avons besoin d’une lucidité capable d’intégrer la divergence sans la transformer en épreuve morale individuelle.


Les tensions actuelles entraînent des paroles violentes. Il ne faut évidemment pas les excuser. Mais il ne faut pas non plus les instrumentaliser dans le but de disqualifier des luttes entières. Refusons les raccourcis, les assignations identitaires, les hiérarchies implicites entre les souffrances. Reconnaissons que nous sommes tous capables, parfois, d’intolérance — par lassitude, par peur ou par réflexe.


On dira peut-être que ce discours met tout sur le même plan. Ce n’est pas du relativisme que de rappeler les règles les plus simples face aux propos et actes haineux, ni de soutenir plus fermement les conventions et chartes qui préconisent la paix et les engagements mutuels.


Critiquer le califat imposé par Daech ne fait pas de moi un islamophobe. Critiquer l'Hindutva et les politiques de Modi ne fait pas de moi un anti-hindou. Critiquer le nationalisme bouddhiste et les persécutions au Myanmar ne fait pas de moi un anti-bouddhiste. Critiquer le sionisme politique et la colonisation de la Palestine ne fait pas de moi un antisémite.


Dans chaque cas, je critique une idéologie politique, pas une religion ou un peuple. Dans chaque cas, je défends des victimes concrètes, pas une abstraction morale.


Remettons le bon sens universel au centre. Condamnons de la même manière tous les abus et toutes les violences, qu’ils viennent de personnes, de groupes, de sociétés ou d’États. Un agresseur reste un criminel. Point. Qu’il soit d’un camp ou d’un autre, qu’il invoque une cause ou une autre, qu’il porte un uniforme ou non.


Ce n’est pas affaiblir la lutte contre chaque violence spécifique. C’est refuser que l’une serve d’écran à l’autre, que l’une justifie l’indifférence face à l’autre. C’est la seule radicalité tenable.


Demander au politique de répondre à la violence qu’il propage, c’est lui donner le pouvoir de répondre par plus de violence. Arrêtons les procès permanents et commençons à construire du commun. C’est un choix de civilisation. Ce n’est pas un renoncement.


Refuser toutes les exclusions, sans exception. Refuser toutes les violences symboliques, d’où qu’elles viennent. Il n’existe pas de haine plus acceptable qu’une autre.


Face à un monde fragmenté, la seule radicalité tenable est celle du lien, du temps long et du bon sens partagé — celui que nous avons laissé s’éroder.


Quelle société voulons-nous transmettre ? Comment éduquer nos enfants dans un climat de suspicion permanente ? Quel monde leur préparons-nous ? Veut-on une société où l’on vit ensemble, ou une société où l’on se surveille sans cesse ?


Sortons du présent immédiat. Reconstruisons un avenir commun. La tolérance est une culture fragile et courageuse. Ralentir quand tout accélère. Lire quand tout pousse à réagir. Nommer avec justesse plutôt que désigner avec colère. Nous avons encore le choix.


Cette tribune ne demande pas d’autre signature que la mienne pour avoir le droit d’exister. Mais si elle correspond à vos convictions, faites-vous plaisir en y apposant votre souscription.


Sifiane El Asad Artiste… Oui, encore un poète.

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