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Pétition : Faire ou défaire école ?

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Faire ou défaire école ?

Auteur : Collectif

À l'attention : Madame la Ministre de la Culture et de la Communication

Faire ou défaire école ?

« Madame la Ministre, nous ne sommes pas inquiets, mais en colère » : ainsi commence la lettre adressée à Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication, par l’ensemble des enseignants, des étudiants, de la direction et du personnel de l’école des Beaux-Arts de Toulouse, réunis en assemblée générale le 11 mars 2009. La veille, les enseignants de l’école régionale des beaux-arts de Nantes, également réunis en assemblée générale, demandaient à leur ministre de tutelle de ne pas se désavouer et « d’assumer la qualité et la spécificité des enseignements artistiques ». C’est « en conscience », poursuivait Toulouse, que nous suggérons « que nos écoles entrent en résistance, et en conséquence qu’elles rejoignent le mouvement social ». L’appel est rallié et relayé par un nombre croissant d’établissements d’enseignement artistique (Angers, Tarbes…) qui ont joué le jeu de la concertation et se voient aujourd’hui opposer des normes au service d’une logique qui leur est étrangère et risquent d’être dépossédés des critères de leur spécificité. Que s’est-il passé ?
L’AERES, Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, commissionnée par le ministère de la Culture, vient de rendre public son rapport d’évaluation (consultable sur son site) en vue de la reconnaissance du grade de Master pour le Diplôme National Supérieur Expression Plastique délivré par les écoles d’art françaises. Ses conclusions sont en effet provocantes à bien des égards, au plus haut point préoccupantes et inacceptables en l’état. Il apparaît que les conditions prescriptives dont l’avis est assorti remettent ouvertement en cause la spécificité de l’enseignement artistique, nient la richesse de son histoire et menacent directement l’existence des établissements publics. « D’un côté, ce rapport se sert de l’université pour opérer un transfert de compétences relatives à une praxis de l’art où l’art se réfléchit et se pense du même mouvement qu’il se produit, et moyennant ce transfert d’autorité à l’université, il nous assène des critères d’évaluation normatifs à l’appui d’un grade, le master. De l’autre côté, il nous loge à la même enseigne et nous traite à la même aune qu’il traite les enseignants-chercheurs » (Toulouse). Que la majeure partie des conditions à remplir concerne l’enseignement théorique, que soit exigé sans nulle autre considération l’écrasement pur et simple de toute pratique discursive sur le mémoire normatif de Master universitaire ne doit pas abuser ; c’est bien l’ensemble des enseignements qui est hypothéqué, la liberté au principe de la création qui est entravée, comme est balayée l’exigence singulière portée par les écoles d’art d’un entremêlement intime et fécond de la pratique et de la théorie : « Nos écoles sont des lieux de création où la pratique artistique s’élabore dans un rapport dialectique constant avec la réflexion et l’approfondissement théoriques. Affirmer avec arrogance le primat de l’intelligible sur le sensible reviendrait à déformer profondément le travail que nous faisons » (Angers).
Au-delà de la dimension politique que revêt la marche forcée vers l’homogénéisation des enseignements – cet au-delà est cependant l’horizon indépassable de toute action – quels sont les enjeux du point de vue des savoirs et des pratiques du savoir au sein des écoles d’art ? Si le DNSEP ne saurait être un diplôme professionnalisant comme cela est affirmé dans le rapport, mais un diplôme qui sanct