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Contre la démolition du pont ferroviaire en bois construit en 1908, situé au km 198 du parc linéaire Le P’tit Train du Nord.

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Pétition : Contre la démolition du pont ferroviaire en bois construit en 1908, situé au km 198 du parc linéaire Le P’tit Train du Nord.
Par Karine Flamand

Pétition adressée à Ministère des Transports (MTQ)

Les Hautes-Laurentides risquent de perdre un symbole fort de leur histoire: âgé de 110 ans, un pont ferroviaire en bois construit en 1908 – alors que Mont-Laurier s’appelait encore Rapide-de-l’Orignal – est aujourd’hui menacé de démolition.

Dans un rapport remis à la MRC d’Antoine-Labelle, la firme WSP estime que l’état de détérioration dans lequel se trouve le pont en bois qui enjambe le ruisseau Villemaire, à Mont-Laurier, est trop avancé pour qu’on envisage sa restauration.

Pourriture avancée du tablier, désalignement de la structure, fondations très abîmées, colonnes, semelles des piles ou encore contreventements à changer: la liste des bobos est longue pour cet ouvrage installé sur le parc linéaire Le P’tit Train du Nord.La firme en était déjà arrivée aux mêmes conclusions il y a quelques années déjà, quand elle s’appelait encore Genivar. «En se basant sur le rapport de Genivar de 2012 et sur la poursuite de la détérioration de la structure (…), la démolition de la structure existante s’avère nécessaire et inévitable», lance WSP aux élus locaux.

«PLUS ENTRETENABLE»Même si «tout le monde veut le garder», le directeur général de la Corporation du Parc linéaire Le P’tit Train du Nord, Jean-Sébastien Thibault, pense que «quand ça fait dix ans et que personne ne veut bouger, faut prendre une décision». D’après lui, malgré le fait que ce pont a une valeur indéniable, le coût de réparation et d’entretien d’une telle infrastructure est très élevé. «C’est plus entretenable, lance-t-il. On le voit bien Europe, le patrimoine c’est un gouffre financier sans fin.»Un avis qui semble partagé par la présidente de la Société d’histoire et de généalogie des Hautes-Laurentides, Shirley Duffy, qui pense que «c’est presque impossible de le sauver» même si elle est «contre le mettre par terre».QUE FAIRE?En 2010 déjà, suite à sa fermeture pour raison de sécurité, le ministère des Transports (MTQ) avait suscité l’émoi dans les Hautes-Laurentides en proposant sa démolition.

Situé au km 198 du parc linéaire, le pont fermé oblige depuis 2010 les cyclistes et motoneigistes qui circulent entre Mont-Laurier et Saint-Jérôme à faire un détour pour continuer leur parcours. La MRC d’Antoine-Labelle veut remédier à la situation, tout en essayant de préserver tant bien que mal ne serait-ce qu’une trace de ce pont.«On veut bien faire des réparations, mais pour 4 M$, oublie ça», se désole Myriam Gagné, adjointe à la direction générale de la MRC d’Antoine-Labelle. Elle soutient que la MRC s’attelle à «mettre en valeur» le vénérable pont par «des stratégies innovantes», même si pour le moment personne n’a «la clé», pour le conserver. Elle affirme avoir rencontré plusieurs ingénieurs qui refuseraient de donner le feu vert à la réparation du pont, de peur de porter la responsabilité en cas d’effondrement par la suite.

UN PONT (QUASIMENT) UNIQUEConstruit en 1908, le pont du ruisseau Villemaire a permis au rêve de colonisation du Nord du curé Antoine Labelle de se transporter de Nominingue jusqu’au Rapide-de-l’Orignal, grâce au train. On doit à la persévérance du curé Alphonse Grenier et du député de Labelle, Henri Bourrassa, d’avoir vu le train poursuivre sa course jusqu’au Rapide-de-l’Orignal en 1909, date à laquelle la petite bourgade d’alors a changé son nom pour Mont-Laurier.Plus long que ceux de La Macaza (65 mètres) et de Mont-Tremblant (75 mètres), qui permettent de traverser les rivières Rouge et du Diable, le pont du ruisseau Villemaire à Mont-Laurier (78 mètres) est l’ouvrage le plus imposant du parc linéaire.Il se distingue également par le fait que sa charpente n’est pas en acier, mais entièrement construite en sapin Douglas commun, en pruche de l’Ouest et en pin des Marais.

Inspecté à la loupe en 2012 par la firme Patri-Arch inc. pour le compte du MTQ afin de statuer sur sa valeur patrimoniale, le pont du ruisseau Villemaire s’est révélé être un cas rare, voire unique, au Québec. Même au Canada et aux États-Unis, les ouvrages dans le genre qui datent de la fin du 19e ou du début du 20e siècles ne sont plus légion.LE VERDICT DE PATRI-ARCH INC.«Ce modèle était privilégié en milieu forestier en raison de l’abondance de bois et de sa méthode d’assemblage simple et rapide», indique Patri-Arch inc. dans son rapport. La firme ajoute que «Le pont du ruisseau Villemaire témoigne ainsi d’une période clé de l’histoire et du développement de Mont-Laurier, soit celle de l’avènement de la voie ferrée. Sans cette dernière, la ville n’aurait sans doute pas connu la prospérité qui la caractérise durant le premier quart du 20e siècle».

Conclusion: en raison de son indice patrimonial élevé, la firme recommandait au MTQ de conserver ce pont unique et de le mettre en valeur. VICTIME DU TEMPS OU DU LAISSER-FAIRE?Symbole d’une époque révolue mais non moins déterminante pour les Hautes-Laurentides, le pont a été récupéré par le MTQ lorsque le Canadien Pacifique a démantelé la voie de chemin de fer en 1990. Lorsqu’elle en était propriétaire, la compagnie ferroviaire effectuait des réparations majeures sur le pont tous les trois ans, qui a fait face avec succès au poids des ans pendant très longtemps.Suite à la reconnaissance du curé Antoine Labelle (1833-1891) comme personnage historique du Québec en 2016 et les célébrations qui ont émaillé le 125e anniversaire de son décès dans la région, la MRC qui porte son nom a classé le pont du ruisseau Villemaire dans son patrimoine immobilier lors d’un inventaire réalisé en 2016-2017.

Trop tard semble-t-il, puisque le pont a été fermé à la circulation en 2010 par le MTQ, qui a statué à un état de dégradation avancé pour rendre cette décision. Malgré les objections formulées par la Ville de Mont-Laurier et la MRC d’Antoine-Labelle, la situation et le pont ont continué à pourrir pendant huit ans et l’on semble aujourd’hui en être rendu au même point qu’en 2010, quand le MTQ proposait d’en finir et de jeter à terre cet héritage collectif.«C’est tellement dur d’aller trouver du financement. Le MTQ ne veut même pas embarquer; ils veulent juste le mettre à terre.» – Myriam Gagné, adjointe à la direction générale de la MRC d’Antoine-Labelle.
Texte de Simon Dominé dans le journal Le Courant le 1e mai 2018.
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