Cette nuit, au-dessus de ma campagne bordelaise, le ciel est somptueux: une douceur de soie noire parsemée de milliards d’étoiles, la robe couleur de nuit d’une princesse nommée Peau d’Âne et trop aimée par son papa.
J’ai pris ma voiture pour porter, à 300 mètres de chez moi, les restes des repas de la journée. Je ne supporte pas de jeter la nourriture qui pourrait remplir des estomacs affamés. « Mon » renard (le renard de la forêt voisine…) court dans la prairie, parallèlement à ma voiture. Nous nous retrouvons, comme presque tous les soirs, au pied d’un certain chêne. Assis dans l’herbe, à quelques mètres de moi, il attend patiemment que je le serve. Sans même faire semblant, juste pour rire, de vouloir me manger.
C’est sympa, Goupil ! Vraiment sympa ! Petite Rousse apprécierait.
Je suis une citadine. Ces rencontres nocturnes m’enchantent.
Pendant ce temps, sous d’autres cieux pas si éloignés, dans d’autres pays, des civils, hommes, femmes, enfants, vieillards, orphelins et parents en deuil, subissent dans le vacarme des bombes meurtrières la férocité d’une haine de psychopathes, abyssale, abjecte, impardonnable. La lie de l’humanité acharnée à détruire son semblable. Les humains: une engeance malveillante et malfaisante, jalouse, cruelle, impitoyable avec toutes les autres créatures, les plus faibles comme celles qui lui ressemblent le plus.
Et le ruissellement, dans tout ça ? Pas celui né du goût de l’argent et de l’âpreté au gain, pas celui de nos impôts qui sert parfois à tout et n’importe quoi (il paraît que vous allez retrouver un très beau bureau, monsieur le Premier ministre. Avec au moins un 4 et plein de zéros dans la facture finale. Décidément, c’est une manie!). Mais le ruissellement qui donne, transmet, partage, englobe les besoins d’autrui dans les siens propres.
C’est un principe que j’aime beaucoup et oui, je fais « ruisseler » ce qui m’est offert.
Ainsi, la petite association Bastet a bénéficié cet été d’importants dons de croquettes. Des dames avec d’énormes sacs en réserve dans leurs armoires (quel trésor!) ainsi que Monsieur Royal Canin lui-même ont décidé de me les proposer. J’ai tout accepté, pour chats comme pour chiens. On m’aurait proposé des sachets de souris déshydratées (« Pour de vrai?!… » demande Petite Rousse en ouvrant de grands yeux) ou de mygales caramélisées que j’aurais encore dit oui. Ces dizaines de kilos m’ont permis de nourrir plein d’orphelins félins et canins pendant un bon mois, inclus ceux protégés par les quelques familles d’accueil de l’association. Dont Rose, croisement de staff, coeur d’or mais une gueule à croquer un humain tous les jours rien que pour son quatre-heures. Ainsi qu’une mini-collection de chiens rase-mottes, qu’on croirait issus de parents chenilles processionnaires et bourres de poils de laine.
En somme, j’ai fait ruisseler une abondance exceptionnelle, miraculeuse, généreusement offerte par des âmes compatissantes et partageuses. Car dans le même temps nous arrivaient les orphelins félins de l’été. Minettes avec ou sans petits, chatons les yeux encore fermés, matous laissés derrière un déménagement ou un départ en Ehpad, sauvageonnes gestantes, petits bouts de quelques centaines de grammes abandonnés ici ou là. Au total, chez nous, une douzaine de minettes et pas loin de 40 chatons à « biberonner », comme on dit dans le Sud-Ouest, tout ce petit monde à nourrir, soigner, entretenir, déparasiter, vacciner, identifier, stériliser, faire grandir jusqu’au moment de leur adoption, à partir de 3 mois pour les petits.
Tout ce petit monde en plus de ceux déjà chez nous, chez moi, chez mes collègues. Il a fallu intégrer les soins aux pathologies, les coûteuses urgences suivies d’hospitalisation, les consultations de spécialistes et les collections d’analyses qui permettent de poser un diagnostic aussi précis que possible. Heureusement, nous avons échappé au mortel typhus. J’ai compté et recompté les euros à débourser pour tout (Beaucoup trop de zéros. J’ai bien pensé à vous, Monsieur le Premier ministre…) et j’ai remercié en esprit et avec ferveur tous ceux et toutes celles qui nous ont soutenues jusqu’à présent. Je vais écrire ma gratitude à chacun d’entre eux et elles. Sans vous, nous plongions, je plongeais, elle plongeait, la petite association Bastet plongeait, et on peut conjuguer ça à presque toutes les personnes.
Alors, mille et un mercis et à bientôt ! :-)
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