64 541 496 personnes agissent sur MesOpinions.com

Pétition - Animaux

Signez la pétition

Déjà 10.954 signatures

  Partager avec vos amis Facebook  Partager avec vos amis Facebook

Sauvegarde en cours...
Pétition : Non à la coupe des ergots

Non à la coupe des ergots

Auteur : Vive les ergots

Créé le 29/10/2013  

À l'attention : de Monsieur le Ministre de l'Agriculture de la République Française

De très nombreux clubs de race comme l’Association Française des Bouviers Suisses (AFBS) demandent une stricte application du standard de race quant à la coupe des ergots. Des standards de race rédigés la plupart du temps dans un seul but, l’esthétique du chien (cela reste d’ailleurs à prouver !). Et pourtant, la loi est tout à fait claire à ce sujet, principe légal parfaitement confirmé par le courrier du Ministre de l’Agriculture en date du 16 octobre 2012. Mais les comités de club de race, et notamment celui de l’AFBS ferment les yeux et refusent de promouvoir l’application de la loi.

Tout d'abord, il convient de faire un rapide rappel sur l'échelle des lois et règlements dans notre pays, en partant de celle la plus haut placée, jusqu'à la plus faible. Au dessus de toutes les lois, il y a le droit international avec les traités internationaux puis les conventions européennes. Vient ensuite le droit français avec au sommet, la Constitution française de la 5° République, puis les lois, les règlements et les conventions collectives. Les standards de race n'appartiennent à aucune des catégories citées précédemment et ne sont pas opposables aux juges de la République. Le standard de race n’a donc pas valeur de texte légal. Alors, quels textes donnent une réponse à la coupe des ergots ?

En premier lieu, la convention européenne pour la protection des animaux de compagnie faite à Strasbourg le 13 novembre 1987 et signée par la France le 18 décembre 1996 en son article 10, que je rappelle :

« Article 10 – Interventions chirurgicales
Les interventions chirurgicales destinées à modifier l'apparence d'un animal de compagnie ou à d'autres fins non curatives doivent être interdites et en particulier:
- la coupe de la queue;
- la coupe des oreilles;
- la section des cordes vocales;
- l'ablation des griffes et des dents.
Des exceptions à cette interdiction ne doivent être autorisées que :
- si un vétérinaire considère une intervention non curative nécessaire soit pour des raisons de médecine vétérinaire, soit dans l'intérêt d'un animal particulier;
- pour empêcher la reproduction.
Les interventions au cours desquelles l'animal subira ou risquera de subir des douleurs considérables ne doivent être effectuées que sous anesthésie et par un vétérinaire, ou sous son contrôle.
Les interventions ne nécessitant pas d'anesthésie peuvent être effectuées par une personne compétente, conformément à la législation nationale. »

La lecture de cet article en l'état, n'appelle aucune interprétation : toutes les opérations chirurgicales non curatives (réalisées aux fins de soins médicaux) sont interdites et le législateur européen cite les 4 opérations les plus courantes (oreilles, queue, cordes vocales griffes et dents) sans pour autant être limitatives.

Cette convention européenne a été ratifiée par la France au terme d’un Décret n° 2004-416 pris le 11 mai 2004 et publié au Journal Officiel N° 115, page 8784, le 18 mai 2004. Dès lors, toutes les opérations chirurgicales à caractère non curatif, comme l’ablation des ergots entre autre, devenaient interdites à compter du 18 mai 2004, à l’exception de la coupe des queues, que le présent décret déclare ne pas approuver avec une réserve rédigée au terme dudit décret.
Cette interdiction de la coupe des ergots a été validée par la Société Centrale Canine (SCC) dans une réponse officielle adressée au Club des Leonbergs au terme de laquelle elle indique que l’ablation des ergots est interdite par la loi et que sa pratique actuelle n’était que le fruit d’une TOLÉRANCE. Cependant, la SCC n’a pas indiqué qui avait toléré cette pratique. En tout état de cause, la SCC, association loi 1901, n’a pas vocation en droit français à tolérer des pratiques contraires à la loi. Ce ne peut être que le fait du juge et plus particulièrement de la cour de cassation qui prendrait une jurisprudence constante. Il n’en est rien, et pour cause, aucune juridiction n’a encore été saisie de ce problème…. Peut-être cela arrivera-t-il prochainement.

Donc, la loi française interdit la coupe des ergots.

Alors, et le standard ? Nous croyons qu’il faut faire un rapide historique du standard du bouvier bernois, race que nous connaissons la mieux, sachant qu’on pourra transposer sans difficultés sur les autres standards de race, pour bien comprendre l’absurdité de la coupe des ergots. S’applique actuellement la 5° version du standard de race, version du 5 mai 2003 publiée par la FCI sous le N° 45. Il y avait eu précédemment 4 versions en 1907, 1910, 1973 et 1991. Dans le premier standard de la race en 1907, AUCUNE MENTION n’est faite concernant les ergots. Donc, les premiers bernois étaient équipés de leurs ergots. Dans la version de 1910, il est précisé « absence du double ergot souhaitable ». La FCI ne demandait donc pas l’ablation de l’ergot. Ce n’est qu’en 1973, c’est à dire très récemment, qu’il est précisé que « les ergots doivent être enlevés dans les premiers jours de vie ». On conviendra que cette position récente est sans rapport avec le prétexte fallacieux parfois avancé au terme duquel on laissait entendre que les ergots étaient coupés pour ne pas gêner le bouvier au travail. En 1973, il y a bien longtemps que le bouvier bernois n’était plus un chien de travail à proprement dit, qu’il était devenu un chien de compagnie et que la motivation de coupe des ergots n’était qu’esthétique. La version du standard de race de 1991 ne modifie pas la position de 1973 puisqu’elle dit « il faut procéder à l’ablation des ergots ». Ce n’est qu’en 2003, sous la pression européenne que le club suisse décide d’ajouter un alinéa au terme duquel il précise que l’excision des ergots ne peut être réalisée dans les pays où c’est interdit.

Il convient enfin de donner une définition exacte de ce qu'est l'ergot telle que cette définition figure dans le dictionnaire encyclopédique des termes canins rédigé par M. Raymond TRIQUET (bible du cynophile), et peut-être, effectivement, devrions nous commencer pas ça : "l'ergot ne porte pas de tubercule dermique". Le tubercule dermique étant ce qui est communément appelé le coussinet. Selon nos sources, plus de la moitié de ces 5èmes éléments seraient des 5èmes doigts mais dans les deux premières jours de vie du petit bouvier bernois ou tout autre chiot d'une autre race, personne ne regarde à ça."

On comprend bien dès lors, que ni la loi, ni l’histoire de la race, plaident en faveur de la coupe des ergots. Seule une prise de conscience des membres des clubs de race et des éleveurs permettra de mettre fin à cette pratique barbare d’un autre temps, indigne d’un pays moderne garant du bien-être animal.

Alors, à propos des ergots : vrai ou faux ? (Intervention d’un praticien de la médecin vétérinaire)

L’ablation des ergots chez le très jeune chiot âgé de moins d’une semaine n’est pas douloureuse.
Faux.

La perception de la douleur est aussi intense chez le chiot que chez l’adulte. Mais le chiot n’a que ses pleurs pour exprimer sa souffrance.
Lors de l’ablation des ergots, il est nécessaire que l’opérateur soit assisté d’un aide dont le rôle est de tenir fermement les pattes arrières, que le chiot essaie d’agiter dans tous les sens pour se soustraire à la douleur du scalpel.
Le chiot pousse des cris continus, aigus et stridents pendant toute l’intervention, et l’éleveur attentif note des petits gémissements qui persistent parfois plusieurs heures après l’intervention.
Chez le Bouvier Bernois, les ergots sont particulièrement développés. La plupart des chiots naissent (comme de nombreux autres chiens de montagne, pour lesquels la présence d’ergots est parfois obligatoire, comme le chien de Montagne des Pyrénées) avec un ou deux ergots solidement attachés aux métatarsiens. Souvent, il s’agit de véritables doigts, et l’opérateur doit parfois bien compter le nombre de doigts pour repérer lesquels il doit amputer.
Il s’agit le plus souvent d’ergots, ou plutôt de doigts, articulés sur un os métatarsien plus petit mais bien individualisé, et l’opérateur doit désarticuler l’ergot en introduisant un scalpel, ou parfois des ciseaux, dans l’articulation entre le métatarsien et la première phalange de l’ergot.
L’ablation des ergots est pratiquée dans la première semaine de vie du chiot. A cet âge, l’anesthésie est délicate, sur un petit animal qui n’assure pas encore son homéothermie de manière autonome, et les posologies, la toxicité ainsi que la pharmacocinétique des produits analgésiques utilisés en médecine vétérinaire sont très mal connus chez le nouveau-né. C’est pourquoi l’ablation des ergots est pratiquée sans anesthésie et sans analgésie.

L’ablation des ergots est utile : lorsqu’on laisse les ergots, ils peuvent se casser et blesser le chien ; par ailleurs, les chiens dont on laisse les ergots deviennent panards
Faux.

L’ablation des ergots est une coutume instaurée par les cynophiles lors de l’instauration des standards, au XIXème et XX siècle selon les races.
Lorsque l’on observe attentivement des photographies anciennes de chiens de montagne suisses, des premiers bouviers bernois photographiés par Albert Heim, on note souvent la présence d’ergots aux pattes arrières.
Dans un but de standardisation, les cynophiles ont décidé que la présence d’ergots était indésirable chez le Bouvier Bernois, le Leonberg ou le Sarplaninac, alors que dans d’autres races, la présence d’ergots est obligatoire, comme le chien de Montagne des Pyrénées ou le Berger de Beauce. Et pendant des décennies, alors que l’on coupait des milliers de doigts à des petits bouviers bernois, des éleveurs euthanasiaient à la naissance des centaines de chiots Berger de Beauce parce qu’ils n’avaient qu’un seul des deux ergots désirés…
Les ergots n’ont pas d’utilité particulière, mais ils ne sont pas non plus gênants. Les blessures au niveau de la griffe (fracture, désinsertion au niveau du lit de la griffe, arrachage, fente dans le sens de la longueur…), pouvant parfois se compliquer en panaris, sont beaucoup plus fréquentes sur les griffes des autres doigts, qui touchent le sol et sont donc plus exposés aux traumatismes divers, que sur les griffes des ergots.
Il faut simplement penser, environ deux fois par an, à contrôler la longueur de la griffe de l’ergot, et à la couper si elle a trop poussé, pour qu’elle ne vienne pas blesser le petit coussinet de l’ergot si elle devient trop longue.

Certains ont avancé que la présence des ergots donnait un mauvais aplombs aux postérieurs, en montrant du doigt le Berger de Beauce, dont les aplombs postérieurs sont souvent plus ouverts.
Faux.

La construction du chien ne dépend pas de la présence ou non d’ergots, mais de la sélection. Dans certaines races, comme le Leonberg, dont les éleveurs coupent aussi en général les ergots, il y a encore un travail de sélection important à réaliser pour améliorer les aplombs postérieurs, souvent serrés et panards, et cela n’a rien à voir ave