Nous sommes en train de vivre les derniers instants d'un géant, et presque personne n'en parle. Le grand requin blanc, ce prédateur légendaire qui parcourt la Méditerranée depuis des millénaires, est aujourd'hui en danger critique d'extinction. Ce qui nous révolte, ce n'est pas seulement sa disparition, c'est l'hypocrisie qui l'entoure . Alors qu'il est officiellement protégé par des conventions internationales, il continue d'être massacré et vendu au grand jour.
Le constat des scientifiques est sans appel. En 2025, des chercheurs ont documenté la vente d'au moins quarante grands requins blancs sur des marchés, notamment en Afrique du Nord. Des spécimens protégés sont découpés et vendus sur les étals comme de vulgaires poissons, alors que leur capture est strictement interdite. Nous faisons face à un vide juridique total sur le terrain : les lois existent sur le papier, mais dans les ports, les contrôles sont inexistants et les sanctions dérisoires.
Ce qui nous inquiète profondément, c'est le silence de nos eaux. Lors d'une récente mission scientifique de deux semaines dans le détroit de Sicile, les chercheurs n'ont pas réussi à croiser un seul grand blanc. La Méditerranée se vide de ses protecteurs. Sans ce super-prédateur pour réguler l'écosystème, c'est tout l'équilibre marin qui s'effondre, entraînant une réaction en chaîne dont nous ne mesurons pas encore la gravité.
Nous ne pouvons pas nous contenter de pointer du doigt les pêcheurs locaux, qui agissent parfois par nécessité économique. Le véritable scandale réside dans l'inaction des gouvernements et l'absence de coordination entre les pays riverains. On laisse une pêche industrielle dévastatrice vider les mers, tandis que les efforts de conservation sont inégaux et mal évalués. On ne sauvera pas le requin blanc avec de simples textes de loi si personne n'est là pour les faire respecter.
Il est temps de changer de regard : nous devons cesser de voir le requin blanc comme un monstre de cinéma et commencer à le voir comme le poumon de notre mer. Sa disparition serait une perte irréversible pour notre biodiversité. Nous demandons une protection réelle, des contrôles stricts dans tous les ports de Méditerranée et un soutien concret aux pêcheurs pour éviter les captures accidentelles. Si nous ne réagissons pas maintenant, le "dernier souffle" du grand blanc sera le signe de notre propre échec à protéger le vivant.
