C'est une scène d'une violence inouïe qui a traumatisé tout un village. Dimanche 25 janvier, à Eschbourg-Graufthal dans le Bas-Rhin, un cerf majestueux a été abattu froidement par un agent de l'Office national des forêts (ONF), en plein cœur du hameau et sous le regard médusé des riverains.

Ce qui nous révolte, c'est la précipitation de cet acte qualifié d'« abominable et arbitraire » par les témoins. L'animal n'était pas menaçant, il était simplement épuisé. Poursuivi par des chiens de chasse, il s'était réfugié dans un jardin, à bout de souffle, avant de chuter en tentant de gravir une pente rocheuse. Au lieu de lui laisser une chance de récupérer et de repartir vers la forêt, la décision a été prise de l'achever sur place.

L'ONF justifie ce tir par l'état supposé critique de l'animal. Mais cette version ne passe pas. Même la Fédération de chasse du Bas-Rhin est montée au créneau pour dénoncer une exécution inutile ! Son président est formel : le cerf était tétanisé par la traque, mais pas mourant. « Il suffisait de faire bouger l'animal », s'indigne-t-il. On a préféré la solution de facilité : la mort plutôt que la patience.

Le maire, lui-même, avoue avoir donné son feu vert à contrecœur, se fiant aveuglément à l'avis des « professionnels » qui lui assuraient que la bête ne pouvait plus avancer. Un gâchis immense au nom d'un prétendu « principe de précaution » qui ressemble surtout à une absence totale d'empathie.

Nous ne pouvons pas accepter que la nature soit traitée avec autant de mépris. Tuer un animal sauvage fatigué parce qu'il s'est égaré près des maisons est indigne. Ce cerf cherchait un refuge, il a trouvé une balle.