Ils paraissent lents et placides, somnolant des heures durant dans les rivières d'Afrique subsaharienne. Pourtant, l'hippopotame figure parmi les animaux les plus dangereux du continent. Avec ses trois tonnes de muscles, et sa vitesse de charge surprenante, ce colosse semi-aquatique ne tolère aucun intrus. Zoom sur les particularités qui en font une véritable légende vivante.
La première surprise vient de sa peau. Contrairement à ce qu'on a déjà pu lire sur internet en voyant sa silhouette rosée, l'hippopotame ne transpire pas du sang. Il sécrète une substance huileuse incolore qui, au contact de l'air, vire rapidement au rouge orangé. Cette « sueur rouge » agit comme une protection solaire, un antibiotique et un hydratant naturel. Les pigments responsables (hipposudoric acid et norhipposudoric acid) protègent sa peau fine des rayons UV et des infections. Sans elle, l'animal se déshydraterait et sa peau brûlerait en quelques heures hors de l'eau. Des chercheurs étudient encore aujourd'hui cette molécule pour ses propriétés potentiellement utiles en médecine humaine.
Une autre info que vous allez peut être découvrir grâce à cet article, oui les hippopotames ne savent pas nager ! Avec son corps massif, ce géant de trois tonnes ne flotte pas et ne nage pas comme les autres mammifères aquatiques.
Il marche ou court directement au fond des rivières et des lacs, à une profondeur souvent comprise entre un et cinq mètres. Ses yeux, ses oreilles et ses narines placés au sommet du crâne lui permettent de surveiller la surface tout en restant presque entièrement submergé. Il peut retenir sa respiration jusqu'à cinq minutes et remonte automatiquement à la surface pendant son sommeil grâce à un réflexe naturel.
Sur la terre ferme, l'hippopotame peut atteindre les 30 km/h sur de courtes distances soit plus vite qu'un humain moyen en sprint. Lorsqu'il charge, ses quatre pattes décollent même du sol à certains moments. Combinée à une mâchoire capable de s'ouvrir à près de 180 degrés et à une force de morsure estimée à environ 1 800 PSI (livres par pouce carré), cette vitesse en fait une arme redoutable. Ses canines, longues de 50 cm, peuvent broyer un crocodile ou endommager sérieusement une embarcation.
L'hippopotame est extrêmement territorial. Il vit en groupes appelés « bloat » et marque son espace en projetant ses excréments avec sa queue. On estime qu'il est responsable de plusieurs centaines de décès humains chaque année en Afrique, souvent plus que les lions ou les crocodiles. La plupart des attaques surviennent lorsque des humains s'approchent trop près des points d'eau qu'il considère son territoire.
Enfin, une parenté surprenante, ses plus proches cousins vivants ne sont ni les éléphants ni les rhinocéros, mais les baleines et les dauphins. Et oui, leur ancêtre commun est un mammifère semi-aquatique qui vivait il y a plus de 55 millions d'années.
Mais malgré sa force impressionnante, l'hippopotame reste une espèce vulnérable. Classé « Vulnérable » sur la liste rouge de l'UICN, il fait face à un braconnage intensif pour sa viande et surtout pour ses canines en ivoire, très prisées sur le marché international.
La perte d'habitat, les conflits avec les populations et les effets du changement climatique aggravent encore sa situation.
Avec une population estimée entre 115 000 et 148 000 individus, souvent en déclin, protéger l'hippopotame n'apparaît plus comme une option pour que ce géant des rivières africaines ne disparaisse pas de nos rivières.
