On a tous entendu un jour : « Mon chat ronronne, il est heureux ». Pourtant, cette idée reçue est loin de refléter toute la réalité. Le ronronnement d’un chat est un phénomène complexe, qui peut autant exprimer le plaisir que le stress ou même la douleur.
Dès leur naissance, les chatons (aveugle et sourds durant les deux premières semaines de leur vie) commencent à ronronner pour communiquer avec leur mère. Ce doux vrombissement les rassure et les aide à téter, un réflexe vital pendant leurs premières semaines de vie. À l’âge adulte, ce son continue d’accompagner leur quotidien, mais son rôle va bien au-delà du simple plaisir.
En effet, beaucoup utilisent ce son pour s’apaiser dans des situations stressantes ou lorsqu’ils sont malades ou blessés.
Lorsque le chat est anxieux, malade ou blessé, son cerveau déclenche la sécrétion d’endorphines, ces « hormones du bien-être » comparables à un antidouleur naturel. Le résultat ? Le chat parvient à s’apaiser, à calmer sa douleur et à réduire son stress. C’est pourquoi votre chat peut ronronner même dans des situations difficiles comme une visite chez le vétérinaire ou après une blessure.
Les scientifiques n’ont pas encore élucidé tous les détails du mécanisme exact du ronronnement. Plusieurs hypothèses existent : certains pensent qu’il résulte de vibrations des muscles de la gorge et du diaphragme, d’autres pensent que certaines structures osseuses ou même la circulation sanguine dans le thorax participent à ce phénomène. Mais ce que l’on sait, c’est que les vibrations comprises entre 20 et 140 Hz, ne sont pas anodines. Elles ont un effet bénéfique sur la cicatrisation des tissus, la solidité des os et la régénération musculaire. Certaines études montrent que les chats se rétablissent plus vite que les chiens sur les mêmes types de fractures ou de traumatismes légers car ce mécanisme peut favoriser la cicatrisation, soulager la douleur, et même renforcer les os et les tendons.
Il faut donc prêter attention à ses ronronnements car ils peuvent signifier un mal être chez votre chat. S’ils s’accompagnent d’autres changements comme une fatigue inhabituelle, une perte d’appétit, un amaigrissement ou un désintérêt pour son environnement, il est préférable de consulter un vétérinaire.
Mais il n’est pas uniquement lié au stress ou à la douleur, il peut aussi exprimer un véritable plaisir. Lorsqu’un chat se prélasse au soleil, se fait caresser ou profite d’un repas savoureux, il vrombit pour montrer son contentement et son bien-être. Pour bien interpréter ce plaisir, il faut observer son langage corporel : posture détendue, yeux mi-clos, queue immobile et frottements affectueux confirment que ce ronronnement traduit la joie et la satisfaction de votre chat.
Et les humains ne sont pas en reste, le ronronnement peut également nous calmer. Écouter ce doux vrombissement stimule la production d’endorphines, améliore notre humeur et peut même favoriser un meilleur sommeil. Les chats pratiquent donc une sorte de « ronron-thérapie » naturelle, pour eux et pour nous.
Mais il faut garder en tête que comme pour nous humains, chaque chat est unique !
Certains ronronnent beaucoup, d’autres très peu, et certains peuvent être silencieux tout en exprimant leur affection ou leur bien-être autrement, par des miaulements ou des frottements affectueux.
C’est plutôt si votre félin cesse soudain de ronronner, ou change de comportement qu’il peut être utile de consulter un vétérinaire pour vérifier que tout va bien.
