Vous avez peut-être déjà entendu un drôle de cri au printemps : « oup-oup-oup », comme un appel répétitif. C’est souvent le signe que la huppe fasciée est dans le coin ! Cet oiseau a une tête impossible à oublier : un plumage orangé clair, des ailes rayées noir et blanc, un long bec courbé… et surtout une grande crête orange avec des pointes noires. 

La huppe fasciée (Upupa epops) a tout d’un personnage de conte. Pourtant, derrière son allure royale, se cache un chasseur discret et redoutablement efficace, particulièrement contre les chenilles processionnaires du pin, ces larves urticantes qui envahissent de plus en plus nos forêts avec le climat qui se réchauffe.

Elle mesure à peu près la taille d’un merle (environ 25-30 cm), mais elle vole de façon étrange, en effet elle effectue des battements rapides et saccadés, comme un papillon.  Ce style saccadé n’est pas un hasard, il lui permet de surprendre ses proies au sol tout en restant agile pour esquiver les obstacles.

Elle adore les endroits ouverts et ensoleillés, prairies courtes, vergers, vignes, bords de champs, pelouses sèches, dunes ou même jardins avec de l’herbe pas trop haute. 

Son bec lui est une véritable sonde multifonctions. Long de 5 à 6 cm, il fouille la terre meuble, les bouses, les fissures d’écorce ou les anfractuosités rocheuses pour extraire larves, coléoptères, criquets, termites et surtout les pupes enterrées des processionnaires. La huppe les repère, les extirpe et, avant de les avaler, les frappe plusieurs fois contre une pierre pour neutraliser les poils toxiques contenant la thaumétopoéine, un geste précis que peu d’oiseaux maîtrisent.

Son régime alimentaire en fait un allié écologique précieux. Une famille peut consommer des milliers d’insectes et larves par saison, brisant le cycle des processionnaires limitant ainsi les défoliations massives des pins et les risques pour nos animaux. 

Son chant, loin d’être un rossignol, est un « oup-oup-oup » répétitif et sonore qui porte loin dans les paysages ouverts. Ce cri onomatopéique a directement inspiré son nom scientifique latin. Au printemps, il signale le retour des migrateurs. Elle arrive d’Afrique fin février-mars (après avoir passé l’hiver au chaud au sud du Sahara) et repart en août-septembre. Elle est surtout présente dans la moitié sud du pays, au sud d’une ligne imaginaire allant de Rennes à Grenoble. 

Leur nid est une vraie forteresse, la femelle et les poussins produisent, via leur glande uropygienne, un liquide huileux à l’odeur infecte de chair en décomposition. En cas d’intrusion (serpent, mustélidé…), ils projettent cette substance accompagnée d’excréments liquides. Une défense qui dissuade même les plus audacieux !

Nicheuse opportuniste, elle ne creuse rien, elle squatte les anciens trous d’arbres, les cavités dans les murs en pierres sèches, des anciennes loges de pics, des toitures ou des nichoirs installés par des passionnés. Pour l’attirer près de chez vous (si vous êtes dans une zone favorable), gardez donc des vieux arbres avec des trous, installez un nichoir et laissez des zones d’herbe rase sans trop de pesticides, elle adore chasser là !

Malheureusement, elle régresse dans de nombreuses régions à cause de la détérioration de son habitat, disparition des vieux arbres creux, intensification agricole, pesticides qui déciment ses proies… 

Voilà, vous en savez un peu plus sur cet oiseau rare à apercevoir, mais inoubliable quand on le croise !