Début janvier 2026, dans le Haut-Bugey, au nord de l'Ain, une femelle lynx est retrouvée grièvement blessée. Alerté, le centre de soins Athénas, spécialisé dans la faune sauvage, la prend en charge en urgence. Très affaiblie, amaigrie, l'animal présente des blessures d'une extrême gravité, laissant rapidement craindre le pire. Malgré plusieurs jours de soins intensifs, la femelle lynx a finalement succombé à ses blessures.
La mort de cette femelle lynx dans l'Ain a réveillé la colère de nombreux citoyens parce qu'il s'agit d'un animal sauvage, protégé et qu'il a été traqué, blessé, humilié, et finalement tué dans une violence inouïe.
En effet, la femelle lynx n'est pas morte sur le coup. Elle a été touchée par des tirs, caillassée puis laissée à l'agonie. Quand elle a enfin été prise en charge par le centre Athénas, les vétérinaires ont découvert l'ampleur des blessures, un œil détruit, l'autre gravement endommagé, des plombs disséminés dans son corps et jusque dans sa boîte crânienne. Tout indique un acharnement, répété. Malgré les soins, elle n'a pas survécu.
Et derrière elle, il y a ses petits. Des petits lynx aujourd'hui introuvables, probablement condamnés à mourir de faim ou de froid, seuls dans la nature. Cette réalité-là, on en parle trop peu. Chaque animal tué, ce sont parfois plusieurs vies sacrifiées.
Le lynx boréal est pourtant une espèce strictement protégée. En France, il n'en reste qu'environ 150 individus. Le tuer, c'est affaiblir encore un peu plus une population déjà fragile, déjà menacée. C'est aussi violer la loi.
Face à cette barbarie, les associations de protection animale n'ont pas gardé le silence. Le centre Athénas a porté plainte et demandé la prise de mesures. One Voice, comme d'autres organisations, dénonce depuis des années l'impunité dont bénéficient trop souvent les violences commises contre la faune sauvage. Des violences qui ne sont ni accidentelles, ni isolées, mais qui s'inscrivent dans une culture où certains se sentent au-dessus des règles dès lors qu'ils tiennent une arme.
Jusqu'à quand la destruction d'espèces protégées sera-t-elle traitée avec indulgence ? Jusqu'à quand parlera-t-on “d'erreur”, de “peur”, ou de “geste pour faire fuir”, quand les faits montrent une cruauté délibérée et consciente ?
Une pétition lancée par Gabrielle Paillot demande une peine à la hauteur de ce crime. Une vraie justice. Pas une sanction symbolique, pas un simple rappel à la loi. Mais des peines dissuasives, de la prison ferme, le retrait définitif du permis de chasse et une amende conséquente. Parce que laisser passer, c'est renvoyer un message qui indique que la faune sauvage ne vaut pas grand-chose.
Signer cette pétition, c'est refuser la banalisation de l'inacceptable.
Cette histoire ne doit pas être oubliée demain. Elle doit marquer un tournant.
