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Docteur Marie-Annick Rouméas, gynécologue médicale, co-présidente du CDGM :

Le combat du Comité de Défense de la Gynécologie Médicale continue



En 2003, les pouvoirs publics, en rétablissant la spécialité de gynécologie médicale, supprimée depuis 17 ans, et en créant un diplôme, ont reconnu, sous la pression des femmes, la nécessité d’une formation spécifique pour leur santé. Le CDGM a été l’élément fédérateur de cette avancée.
L’histoire n’est malheureusement pas finie, puisque s’organise une disparition programmée des gynécologues médicaux (GM). Le nombre insuffisant de postes fixés chaque année pour former des GM ne permet pas d’assurer la relève de ceux partant à la retraite.
On nous dit : Il y a pénurie de gynécologues médicaux, alors gérons la pénurie en permettant à d’autres que les gynécologues médicaux de pratiquer des actes techniques : frottis par certains, prescription de contraception et pose de stérilets par d’autres, etc. La femme est morcelée selon les organes à examiner. Et les mêmes qui ont permis la pénurie refusent l’augmentation indispensable du nombre de médecins formés et prennent prétexte du nombre insuffisant de GM restants pour organiser le dépeçage d’une médecine humaine, au détriment des femmes.
Alors même que les bons indices de santé des femmes en France montrent la pertinence de cette médecine.
Actuellement la situation ne cesse de se dégrader. Des femmes ne sont plus suivies, faute d’obtenir un rendez-vous, et les urgences des hôpitaux voient arriver des complications, rares auparavant, conséquences d’une prise en charge tardive.
Alors nous allons continuer notre combat : signature de la pétition, information des élus, rendez-vous dans les ministères, contacts avec les journalistes. Le 14 février dernier, à la suite de nos lettres alertant tous les parlementaires, des sénateurs de toute sensibilité ont souligné en séance la gravité du manque de gynécologues médicaux, indispensables à la santé des femmes, et ils ont interrogé la ministre sur les mesures qu’elle comptait prendre pour assurer leur renouvellement.
La ministre a reconnu l’importance de la gynécologie médicale, l’attachement des femmes à leurs gynécologues médicaux et la pénurie actuelle, mais elle n’a n’annoncé que 35 postes pour 2013 pour toute la France !
Pour notre part, nous alertons à nouveau sur la gravité de la situation et sur l’urgence à ce que les pouvoirs publics prennent les mesures concrètes nécessaires pour enrayer la chute des effectifs de ces spécialistes en augmentant de manière décisive le nombre de postes. C’est une question de volonté politique.
Car ce qui est en cause, tout de suite, c’est la santé de millions de femmes.

M.-A. Rouméas a publié aux Editions Yves Michel : « A l’écoute du corps et de la parole des femmes, la pratique quotidienne d’une gynécologue ».


QU’EST-CE QUE LA GYNECOLOGIE MEDICALE ?

Dr Dominique Malvy, qui a été à l’initiative du CDGM


« C’est une spécialité différente de la gynéco-obstétrique (GO) classique, qui concerne la chirurgie et les accouchements.
Elle consiste en la prise en charge de tous les problèmes gynécologiques de toute la vie d’une femme, en particulier :
- contraception, éducation, prévention, dépistage et traitement des maladies sexuelles, évitant des stérilités, des grossesses extra utérines, des FIV, des cancers...,
- prévention et dépistage précoce des cancers,
- traitements hormonaux tout au long de la vie de la femme : problèmes de règles, traitement de la ménopause, des pathologies bénignes du sein...
- la stérilité du couple,
- les questions liées à la sexualité, aux relations dans le couple, la gynécologie psychosomatique,
- la surveillance des grossesses aussi bien que les demandes d’IVG.

L’intérêt de cette spécialité est bien compris par la majorité des femmes, qui sont attachées à leur gynécologue médical(e) dans une relation de confiance et d’intimité, et beaucoup d’entre elles préfèrent séparer la prise en charge par le généraliste de la famille, de leur prise en charge de jeune fille ou de femme.
»