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Pétition - Droits de l'homme

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Pétition : L'appel du 8 mars pour la dignité et l'égalité

L'appel du 8 mars pour la dignité et l'égalité

Auteur : France Inter

Créé le 05/03/2012 - Fin le 20/06/2012

Mise à jour de la pétition

À l'attention : .

Nous, femmes arabes impliquées dans les luttes pour la démocratie, la dignité et l’égalité,
Nous, actrices au premier plan des changements exceptionnels que connaît le monde arabe,
tenons à rappeler à l’opinion publique que les femmes sont en droit de bénéficier au même titre que les hommes du souffle de liberté et de dignité qui gagne cette région du monde.
Depuis toujours les femmes mènent des luttes pour obtenir des acquis, plus ou moins importants selon les pays. Mais ces acquis demeurent en deçà de leurs aspirations et font de leur statut un des plus reculés dans le monde. .
Les violences demeurent répandues tant dans l’espace public que privé et très peu de mesures sont prises pour mettre fin à ce fléau.
Les codes de la famille ne sont dans la plupart des pays arabes que des textes instituant l’exclusion et la discrimination.
Les autres lois que sont le code de la nationalité, certains codes civils et les lois pénales ne font que renforcer ces discriminations. Ces lois violent les droits les plus élémentaires et les libertés fondamentales des femmes et des fillettes par l’usage de la polygamie, le mariage des mineures, les inégalités en matière de mariage, de divorce, de tutelle sur les enfants ou encore l’accès à la propriété et à l’héritage.
Certaines lois permettent même à la parentèle masculine de tuer des femmes et des filles avec le bénéfice de circonstances atténuantes dans le cadre des crimes d’honneur.


Si la majorité des pays arabes (à l’exception du Soudan, et de la Somalie) a ratifié avec plus ou moins d’empressement la Convention sur l’élimination de toutes les Formes de Discrimination à l’Egard des Femmes (CEDAW), adoptée par l’ONU en 1979, ces ratifications sont restées sans impact réel sur le statut et la condition des femmes.
Aujourd’hui que le monde arabe est en phase de construction démocratique pour la consolidation de l’Etat de droit et des droits humains, nous considérons que si l’égalité ne peut se réaliser sans la démocratie, la pleine jouissance de cette démocratie ne peut se réaliser sans une égalité totale entre les hommes et les femmes.
C’est pourquoi nous appelons les Etats, les partis politiques et la société civile dans ces pays à tout faire pour que la dignité des femmes et leur égalité avec les hommes ne soient pas une fois de plus sacrifiées au nom de prétendues priorités.
Aucune démocratie en effet ne peut se construire au détriment de la moitié de la société. Ensemble nous avons fait notre présent, ensemble nous construirons un avenir meilleur.

Nous exigeons :
- la préservation des acquis, l’égalité totale et effective et l’inscription des droits des femmes dans les constitutions
- les mesures législatives et administratives afin d’éradiquer les violences faites aux femmes.
- la ratification et le respect de la CEDAW sans réserve dans son esprit et dans toutes ses implications concrètes.
- l’adoption de lois qui protègent les femmes des inégalités sociales et économiques, des discriminations, en particulier familiale.
- les mesures d’action positive afin d’assurer l’accès des femmes aux postes de décision et à leur pleine participation à la vie politique et associative.
- la dénonciation des voix qui s’élèvent ici et là pour discriminer les femmes au nom d’une lecture rétrograde des préceptes religieux ainsi que celles qui voudraient leur interdire une participation pleine et entière à une vie digne et respectueuse des droits humains.

Cet appel a été rédigé par :
Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH, tunisienne
Bochra Belhadj Hmida, avocate, cofondatrice et ex-présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates, tunisienne
Shahinaz Abdel Salam, bloggeuse et activiste, égyptienne
Nawal El Saadawi, médecin psychiatre, écrivain et féministe historique, égyptienne
Souhayr Belhassen, Bochra Belhaj Hmida, Shahinaz Abdel Salam, Nawal Al Saadawi.
Tahani Rached, réalisatrice, égyptienne
Wassila Tamzali, féministe et essayiste algérienne
Samar Yazbek, romancière, syrienne
Azza Kamel Maghur, avocate internationale et membre du Conseil Libyen des Droits de l’Homme, libyenne

Les premiers signataires de l’appel :
Sylviane Agacinski, Keren Ann, Elisabeth Badinter, Josiane Balasko, Juliette Binoche, Dominique Blanc, Louis Chedid, Catherine Deneuve, Umberto Eco, Marianne Faithfull, René Frydman, Juliette Gréco, Claudie Haigneré, Françoise Héritier, Isabelle Huppert, Axel Kahn, La Grande Sophie, Taslima Nasreen, Olivia Ruiz, Rayhana, Annette Wieviorka.

Arab Women’s Petition for Dignity and Equality
We, Arab women engaged in the fight for democracy, dignity and equality,
we, who have been at the forefront of the exceptional changes that the Arab world is undergoing,
want to remind the international community that women have the same right as men to benefit from the wind of liberty and dignity that is sweeping through the region.
Women have always been involved in the fight for rights, which vary in importance from one country to another. These rights, however, remain below our aspirations, and as such place women in the region in some of the worst conditions in the world.
Violence, be it in the public or private sphere, continues to be widespread and very few measures are taken to put an end to this scourge.
Family Law, in most Arab countries, is nothing more than legislation that institutes exclusion and discrimination.
Other areas of law such as those that cover nationality, or comprise civil and criminal codes simply reinforce discrimination. Existing legislation violates the most fundamental rights and freedoms of girls and women by instituting practices such as polygamy and marriage for underage females and by creating inequalities in rights in areas such as marriage, divorce, the guardianship of children, and access to property ownership and inheritance.
There are laws that cover honour crimes that allow a male member of a family who kills a girl or woman family member to claim extenuating circumstances.
While the vast majority of Arab countries, with the exception of Sudan and Somalia, have ratified, with varying degrees of enthusiasm, the Convention on the Elimination of All Forms of Discrimination against Women (CEDAW) which was adopted by the UN in 1979, this has had no real impact on the condition of women.
Today, the Arab world is building democracy with a view to consolidate the rule of law and human rights. We believe that equality cannot be achieved without democracy and that the full enjoyment of democracy is only possible when there is complete equality between men and women.
For these reasons, we remind States, political parties, and civil society in Arab countries to do the utmost so that the dignity of women and their equality with men are not, yet again, sacrificed in the name of purported priorities.
No democracy can be built to the detriment of half of society. Together we have built our present, and together we will build a better tomorrow.
We demand the following:
- the protection of existing rights, complete and effective equality and the writing of women’s rights in constitutions;
- the adoption of legislative and administrative measures to eliminate violence against women;
- the ratification and application of CEDAW, without reservation and in keeping with the spirit of the convention and with all of its concrete consequences.
- the adoption of laws that protect women against social and economic inequalities, and discrimination, especially as relates to the family.
- the adoption of affirmative action measures aimed at ensuring access for women to decision-making positions as well as their participation in politics and civil society associations.
- the denouncement of those who raise their voices to discriminate against women on the basis of retrograde interpretations of religious precepts or who seek to ban women from full and effective participation in a life characterized by dignity and the respect of human rights.