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Pétition : Appel en faveur des fouilles programmées

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Appel en faveur des fouilles programmées

Auteur : Matthieu Poux 14C rue des Tuileries 69009 LYON

Créé le 04/03/2013 - Fin le 04/04/2013

À l'attention : Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Ministère de la Culture et de la Communication

Et les fouilles programmées ?

Les fouilles dites « programmées » font partie intégrante de l’activité archéologique qui s’est développée ces dernières décennies. Autorisées et encadrées par l’état, au même titre que l’archéologie préventive, elles s’appliquent à des sites et à des problématiques de recherche généralement peu concernés par les travaux d’aménagement du territoire. Elles permettent aussi de répondre à des questionnements inscrits sur le long terme, dans le cadre de programmes de recherches multi-institutionnels et pluridisciplinaires, avec la possibilité de réajustements permanents. Par ailleurs, elles constituent le lieu d’expérimentation de méthodologies innovantes (systèmes d’enregistrement, protocoles d’études paléoenvironnementales, etc.). Elles représentent, enfin, un outil indispensable pour assurer la formation des étudiants sur le terrain et favoriser leur insertion professionnelle.

La plupart des chantiers en cours ont été ouverts à l’initiative d’une nouvelle génération de chercheurs rompus aux méthodes de l’archéologie préventive, aux grands décapages et aux opérations d’envergure. Organisés avec des moyens limités et une logistique difficile à mettre en œuvre (isolement géographique, problèmes d’hébergement, accès à l’énergie et à l’eau courante), avec un effectif pouvant atteindre une soixantaine d’étudiants bénévoles, ils dépendent entièrement des subventions publiques accordées par l’état et les collectivités territoriales. Leurs responsables supportent une lourde charge de travail administratif, liée à la recherche même de financements, dont l’obtention relève souvent du parcours du combattant (subventions versées après la fouille, parfois sur facture).

En dépit de moyens très limités, les fouilles programmées sont à l’origine de découvertes spectaculaires et fondamentales d’un point de vue scientifique, qui ont renouvelé les problématiques dans bien des champs de l’archéologie nationale. Logiquement soumises aux mêmes exigences de rendu que l’ensemble des acteurs de l’archéologie, elles peuvent s’enorgueillir de résultats probants, dont témoignent de nombreuses publications et colloques édités au cours des dernières années. Elles contribuent également au rayonnement de la discipline auprès du grand public.

Malgré son apport à la recherche fondamentale, à l’acquisition de nouvelles méthodes et à la formation des futurs cadres de l’archéologie, cette activité n’est pas toujours reconnue à sa juste valeur par nos instances de tutelle ; en particulier par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et la plupart des universités, qui bénéficient depuis des années de cette formation pratique accordée à des milliers d’étudiants, sans contribuer directement à leur financement.

Professionnels pour la plupart, « amateurs » pour certains, les archéologues qui s’investissent ainsi chaque année sur de gros chantiers expriment leur inquiétude quant au devenir de l’archéologie programmée, trop souvent négligée dans les réflexions menées sur la discipline, et parfois même dénigrée. Dans nombre de régions, ils font face cette année à une baisse très significative des subventions accordées par le Ministère de la Culture et de la Communication, de l’ordre de 40 à 70 %. Il est peu probable que les collectivités territoriales, elles-mêmes soumises à une forte pression budgétaire, pallient ce déficit, synonyme d’une démission qui entrainera inévitablement un abaissement du niveau scientifique de l’ensemble de notre discipline.

Cette situation préoccupante appelle une prise de position claire des deux ministères concernés quant à l’avenir des fouilles programmées, dont le statut de pierre angulaire de la recherche archéologique nationale doit être maintenu et renforcé.


Premiers signataires :


Matthieu Poux, Professeur d’archéologie gallo-romaine, université Lumière Lyon 2 / UMR 5138-MOM, membre du Conseil scientifique de l’INRAP.

Stéphane Mauné, Directeur de Recherches au CNRS, UMR 5140, Archéologie des sociétés méditerranéennes, Lattes.

Philippe Barral, Professeur d’archéologie du monde celtique, Université de Franche-Comté, Directeur adjoint de l'UMR 6249 Chrono-environnement.

Pierre Nouvel, Maître de conférences, archéologie de la Gaule romaine, Université de Franche-Comté / UMR 6249 Chrono-environnement.

Martial Monteil, Maître de Conférences HDR en archéologie antique, Université de Nantes / UMR 6566 CReAAH.

Éric Gailledrat, Chargé de recherche CNRS-HDR, Directeur adjoint de l’UMR 5140, Archéologie des sociétés méditerranéennes, Lattes.

Corinne Sanchez, Chargée de recherche CNRS, UMR 5140, Archéologie des sociétés méditerranéennes, Lattes.

Aldo Borlenghi, Maître de conférences, archéologie et histoire de l'art du monde romain, Université Lyon 2 / UMR 5138 MOM.

Bertrand Bonaventure, Docteur en archéologie, responsable d’opération Archéodunum.

Philippe Gruat, Chef du Service Départemental d’Archéologie du Conseil Général de l’Aveyron et chercheur associé à l’UMR 5140, Archéologie des sociétés méditerranéennes, Lattes.

Jérôme Trescarte, Chargé de mission, Service Départemental d’Archéologie du Conseil Général de l’Aveyron.

Martine Joly, Maître de Conférences en Antiquités Nationales, HDR, Université Paris-Sorbonne.

Laurence Tranoy, Maître de conférences, Archéologie et histoire antique, Université de La Rochelle.

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