Pétition : Menace sur l'affiche dans la ville : les parisiens ne veulent pas d'une écologie rabat-joie.
Nature & environnement
Menace sur l'affiche dans la ville : les parisiens ne veulent pas d'une écologie rabat-joie.( Nombre de signatures : 20 )
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Date de création : 13/12/2007
Date de cloture : 13/12/2008
Auteur : Académie Nationale des Arts de la Rue
105 Boulevard Haussmann
75008 Paris
C’est le 22 novembre 1975 que naît l’Académie nationale des arts de la rue (Anar) à l’initiative d’André Parinaud entouré des quatorze membres fondateurs (parmi lesquels Christian Chavanon, Paul Delouvrier, Georges Elgozy, Étienne Moulin, Abraham Moles, Georges Patrix, Marcel Bleustein-Blanchet, Nicolas Schöffer…) et du Comité d’honneur (Robert Delpire, Juan Carlos Langlois, Daniel Morgaine, Dominique Perrault, Marc-Noël Vigier…). Grands commis de l’État, présidents directeurs généraux d’entreprises de publicité, plasticiens et designers, affichistes et architectes, journalistes et universitaires, les fondateurs sont persuadés que la ville constitue le cadre de vie des terriens et que la rue en est, à la fois, le lieu de création privilégié et celui du partage. La rue est en effet accessible à tous et gratuite. Le spectacle, sans cesse renouvelé, qu’elle assure, sans relâche, lui confère une incontestable mission civilisatrice. Si l’expression « Arts de la Rue » est repérée dès 1925, lors de l’exposition consacrée aux Arts Décoratifs, à Paris, c’est Christian Chavanon, Maître de requête au Conseil d’État et Président de RTL, qui a insisté pour que le sigle « Anar » soit retenu, permettant enfin à un membre du Conseil d’État d’être qualifié officiellement d’anar…Tout aussi sérieusement André Parinaud reprenait les propos du philosophe Henri Lefebvre, théoricien du « droit à la ville », en invitant à concevoir la ville comme « le lieu et le moment où l’on s’affranchit de la valeur d’échange au profit de la valeur d’usage. »
C’est le 29 mars 1977, que l’ANAR se lance véritablement dans la société civile, comme association relevant de la loi de 1901, avec son credo en six convictions :
- « Le vrai progrès est dans la rue, sinon, il est illusion ou privilège. »
- « La ville est une œuvre. »
- « Nous sommes tous culturellement responsables. »
- « Le droit à la ville est notre ambition. »
- « Le citoyen a un rôle planétaire. »
- « Le futur est notre dimension. »
A l'attention de : Mairie de Paris
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A l’initiative de l’Académie des Arts de la Rue (L’ANAR, fondée par André Parinaud en 1969), les Parisiens appellent leurs élus à la modération dans le sabrage de l’affichage par la nouvelle réglementation de la Ville en matière de publicité, qui devrait être adoptée par le Conseil Municipal des 17 et 18 Décembre prochain.
Ils sont particulièrement sensibles à l’interdiction des panneaux muraux 4X3m :
Ce format est nécessaire à la création d’affiches claires, bien composées , privilégiant la respiration par rapport au bourrage . L’ANAR milite elle-même pour une « écologie de l’œil ». Par ses sélections mensuelles, elle encourage les annonceurs et leurs agences à produire des images respectueuses du public ,et dignes de figurer dans le champ culturel public. De Villemot à Folon, de Warhol à Jean-Paul Goude, peut-être mieux que dans d’autres media, la poésie, la gaité, la monumentalité, l’invention, le charme ont progressé sur les murs. Les affiches publicitaires retrouvent dès lors une fonction d’animation et d’humanisation de la rue, comme l’indiquait Robert Escarpit, en mettant des couleurs sur le gris de nos murs.
Nous demandons à la municipalité de ne pas céder à l’aveuglement jusqu’au-boutiste de quelques groupuscules, de ne pas détruire ces réseaux d’images par le contingentement et la miniaturisation. Il suffit, à notre sens, de protéger les immeubles qui méritent d’être vus, et non de considérer les panneaux comme des intrus à éjecter.
Comment interpréter encore le projet de suppression, également, des bâches peintes, qui sont souvent de superbes images originales ? Préfère-t’on l’austérité des bâches brutes ?
De même, nous n’acceptons pas le projet de supprimer le micro-affichage sur les devantures des commerces, qui participe à égayer et informer la rue.
Comme la compression de l’affichage mural, c’est aussi une attaque dirigée vers les secteurs de la culture, des spectacles, des associations et des causes publiques, qui auront beaucoup plus de difficulté à trouver de l’espace pour communiquer. Ce qui nous semble contradictoire avec l’ambition d’une ville soucieuse de l’épanouissement de ses habitants, et tout particulièrement de Paris. Lautrec, Cendrars, Savignac, au secours !
En résumé, nous attendons de nos élus de résister à la surenchère rabat-joie. Ecologie, oui, couvre-feu, non.
Note :
« En 1968, le petit groupe d’amis que nous formions (et qui devait donner naissance à l’Académie des Arts de la Rue huit ans plus tard) décida de constituer le Jury du Grand Prix de l’Affiche Française. Nos objectifs consistaient à tenter de protéger nos rues de la pollution du regard… »
Ainsi André Parinaud décrit-il l’acte fondateur prémonitoire du premier des Prix de l’ANAR, qui en bientôt quarante ans a honoré chaque mois une de ces affiches murales, parties prenantes de la civilisation de l’image : En tout, un corpus de près de cinq cent créations, dont le mérite répond à l’ambition de l’ANAR : Introduire des objectifs culturels dans les secteurs de l’économie, encourager ses acteurs à une véritable écologie de la communication.
La grille dévaluation, établie par Abraham Moles, favorise la créativité, l’esthétique, la clarté, la pertinence et le respect du public. Elle est remplie, après débat, par un jury composé d’artistes, architectes, urbanistes, journalistes, sociologues, designers..et non de professionnels de la publicité.
En 2004, l’ANAR a récapitulé son travail avec l’édition d’un ouvrage : « 1969/2004 -35 ans d’affiches françaises »
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