Pétition : L’Université en crise, ses soutiers en colère !

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petition L’Université en crise, ses soutiers en colère !
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Date de création : 21/11/2007
Date de cloture : 21/11/2008

Auteur : Repenser l'Université


A l'attention de : Gouvernement


Au moment où la réforme de l’Université est au cœur de l’actualité, il est bon de souligner que les raisons essentielles de la crise qui frappe l’enseignement universitaire français n’ont pas été prises en considération. Et pour cause…
Responsabilités de l’État : massification de l’enseignement, conditions matérielles souvent indignes, pauvreté des bibliothèques universitaires et des laboratoires de recherche, ressources financières trop justes, gestion calamiteuse des ressources humaines, politiques à courte vue, priorité aux grandes écoles et aux filières sélectives, élitisme sans moyen pour les moyennes et petites universités, fuite des jeunes professionnels à l’étranger, font le lit de cette crise et de la concurrence déloyale dans laquelle sont placées les universités.
S’y ajoute le mépris à l’égard des soutiers de l’Université : les enseignants-chercheurs !
Quel que soit le statut de ces enseignants-chercheurs, leur mission (impossible ?) est triple : enseigner, chercher et administrer. Mais l’égalitarisme s’arrête là ! En effet, le système universitaire français repose sur des différences statutaires qui ne rendent plus compte de sa véritable organisation quotidienne. Alors que les maîtres de conférences sont très largement majoritaires et prennent une part active dans la vie universitaire, la reconnaissance tant matérielle que symbolique revient en priorité aux professeurs. Ainsi, la différence de traitement entre un professeur et un maître de conférences est de 1600 euros aux échelons les plus élevés de leur carrière, alors que ce dernier n’est pas moins apte à enseigner, chercher et administrer. Cette différence est d’autant moins acceptable que le passage du corps des maîtres de conférences à celui des professeurs est une voie tellement étroite qu’elle est, pour une grande majorité, confisquée. En outre, les conditions parfois manifestement discriminatoires de promotions (concours d’agrégation en particulier), ignorent la réalité de l’investissement que chacun met à exercer son métier. Il apparaît ainsi que la valeur professionnelle n’est appréciée que partiellement de sorte que travailler à sa promotion est une fin en soi accaparante et disjointe de l’accomplissement général.
Si l’Université française n’a pour seule vocation que de maintenir une partie de la jeunesse dans l’illusion et de faire taire ainsi d’éventuelles revendications en faveur d’un enseignement de masse et de qualité… Si l’Université française n’a pour seule ambition que d’étouffer une recherche indépendante, interdisciplinaire et internationale…Si l’Université française n’a pour seule politique que de désespérer les maîtres de conférences à force de les mépriser…Si l’Université a perdu son propre sens et le goût de l’intérêt public…Qu’elle continue ainsi, elle est sur le bon chemin pour menacer bientôt ruine !
Un sursaut est urgent. Une réforme cosmétique des conditions de promotions ne suffira pas. Nous pensons qu’il est inutile, en l’état, de prétendre se contenter d’un assouplissement des conditions de passage d’un corps à un autre.
Au contraire, la réforme du statut des universitaires pourrait prendre la forme de la constitution d’un corps unique d’enseignants-chercheurs, dont la promotion par classes serait fondée sur la réalisation d’objectifs individuels et la reconnaissance de fonctions aujourd’hui dédaignées (recherche effective, investissements administratifs, charges de correction, investissements pédagogiques, etc). Un corps unique, dans l’esprit de la plupart des systèmes universitaires européens, pourrait constituer la première étape d’une réelle rénovation de l’Université.
La communauté universitaire ne pourra se reconstruire que si l’ensemble des enseignants-chercheurs s’attache à soutenir cette phase de la réforme. Les Universités et l’État ne sauraient y répondre par le silence.

Frédéric Allaire
Carine Bernault
Valerie Bore-Eveno
Goulven Boudic
Gérard Brovelli
Chantal Carpentier
Jean Danet
Catherine Delcont
Augustin Emane
Catherine Eude-Guias
Karine Foucher
Marine Friant-Perrot
Dominique Garreau
Dominique Gaurier
Virginie Gautron
Anne-Sophie Gourdin-Lamblin
Alexandre Graboy-Grobesco
Sylvie Grunvald
Antoinette Hastings-Marchadier
Franck Héas
Olivier Ménard
Arnauld Leclerc
Francoise Le Fichant
Jean-Marc Le Masson
Renan Le Mestre
Mylène Le Roux
Bruno Levy
Loic Panhaleux
Philippe Pouget
Gwénaelle Proutiere-Maulion
Claire Saas
Catherine Thomas


Lien vers le texte : http://www.droit.univ-nantes.fr/appel/

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   Vos commentaires

Ce que pensent les gens...

Sébastien
Bravo pour l'initiative...


Frédéric
La révision du statut et des conditions d'emploi des enseignants chercheurs est devenue une urgence. Mais cette réforme ne saurait se faire sans une réforme parallèle du statut des agents administratifs: la dégradation de leurs conditions d'emploi pèse directement sur les charges confiées aux enseignants.



Gildas
Je suis plus que d'accord avec ce texte.



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